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[Test] Dragon Quest VII : Reimagined

L'image de couverture de Dragon Quest VII Reimagined qui montre 4 des personnages principaux sur un bateau partant pour l'aventure.

Sorti frontalement face à Final Fantasy IX au cours de l’été 2000, Dragon Quest VII était un jeu anachronique. Là où le titre de Squaresoft brillait par ses atours, celui d’Enix affichait des sprites 2D dans des environnements disgracieux. Là où FF voulait moderniser le JRPG, DQ campait sur ses mécaniques historiques. Malgré ça, Dragon Quest VII reste haut dans le classement des fans de la licence. Dragon Quest VII Reimagined parvient-il à faire honneur à cet héritage ?

Maribel, île en mer

Tout commence sur l’île de Melyor, ou plus précisément dans la baie d’Alevin, où votre héros, anonyme, s’apprête à rejoindre son meilleur ami, le prince Kylian (Kiefer dans la version originale). Tout est calme sur Melyor, un peu trop même. Tout est calme dans le monde entier car, visiblement, Melyor est la seule île existante. Les jours sont donc paisibles pour nos deux compères et leur amie Maribel, la fille du maire de la baie d’Alevin. Mais notre bon prince n’est pas dupe : il y a forcément autre chose quelque part. Impossible que ce monde ne soit peuplé, en tout et pour tout, que des habitants de l’île de Melyor.

Une image d'une cinématique de Dragon Quest VII qui montre 4 personnages dans une plaine.

Effectivement, rapidement, notre groupe met la main sur quelques fragments de tablettes et sur un étrange sanctuaire. Une fois les fragments assemblés, voilà nos amis transportés sur une toute nouvelle île à la culture totalement différente. Pire, en plus de voyager à travers l’espace, il semble bien que nos joyeux drilles aient également voyagé à travers le temps, plus précisément quelques siècles avant leur époque. Une fois revenus dans le présent, notre groupe se rend compte avec stupéfaction que cette nouvelle île est également apparue dans leur ligne temporelle.

Cette base scénaristique représente la quasi-totalité de la boucle narrative de ce Dragon Quest VII. On trouve des fragments de tablette d’une certaine couleur, on les assemble pour visiter une île dans le passé, on résout les mystères de cette île puis on visite son pendant dans le présent. Raconté comme ça, le pitch de ce remake peut faire peur et laisser craindre une rapide lassitude. Ce serait heureusement sans compter sur une écriture et une narration absolument délicieuses.

Sous ses atours chatoyants, Dragon Quest VII offre à vivre de nombreuses petites histoires aux enjeux, à première vue, relativement limités. Pas question ici de sauver le monde, de renverser un tyran ou de faire tomber une méga-corporation. Dragon Quest VII c’est le souffle de l’aventure et des histoires à hauteur d’homme. Des histoires qui font pratiquement toujours mouche et qui, même si le contexte semble classique ou déjà vu, parviennent toujours à nous surprendre ou à nous émouvoir, comme cette île où tous les habitants ont été transformés en animaux, ou cette autre dont les habitants ont tous été changés en pierre, sauf une personne qui veille sur les statues des villageois depuis des décennies.

Les héros de DQVII sur le carte du monde traversant des plaines et des rivières en vue de dessus.

Toutes ces petites histoires finissent bien sûr par dessiner une fresque bien plus grande, mais quel plaisir que de suivre la destinée de toutes ces îles et de leurs habitants, surtout quand la narration s’accompagne d’une direction artistique aussi cohérente avec son propos !

Laisse-moi Kiefer la vibe avec mes mates

Dès les premiers screenshots, la direction artistique de ce Dragon Quest VII Reimagined a surpris autant qu’elle a pu diviser. Là où Square aurait pu s’appuyer sur le travail déjà effectué dans ses remakes HD-2D, le studio japonais a choisi de donner vie aux îles de DQVII sous forme de sublimes dioramas en 3D, avec des personnages faisant penser à de petites figurines, tout en conservant et en cultivant le côté SD. Impossible de rester insensible au magnifique menton de Kylian ou à la bonhomie du personnage principal.

Au-delà de sa direction artistique, Dragon Quest VII est également très solide techniquement, avec notamment des effets de texture sur les vêtements absolument sublimes. Le jeu tourne d’ailleurs parfaitement sur Switch 2 et Steam Deck et, clairement, l’expérience se prête particulièrement à ce genre de device. Dragon Quest oblige, on reste en terrain connu au niveau des systèmes.

Un décor de DQVII reimagined qui montre l'effet diorama des décors, ici une boutique divisée en plusieurs pièces en pierres avec un tapis rouge.

Si le travail de remake est irréprochable sur la partie artistique, il en va de même pour le rythme. Même si certains puristes regretteront la disparition de certains passages, les équipes de Square ont su faire les coupes nécessaires. Pour rappel, dans sa version d’origine, le prologue de ce Dragon Quest VII s’étalait facilement sur 10 à 12 heures avant de voir ne serait-ce que le premier combat. Ici, le prologue tient sur deux petites heures et de nombreux passages ont également été raccourcis, quand ils n’ont pas été simplement supprimés (comme le casino, le Monster Park ou quelques îles annexes). Il en résulte une aventure bien plus condensée et bien mieux rythmée. Si le titre original se bouclait en plus de 100 heures, cette version Reimagined peut être complétée en moins de 80. L’aventure est également plus digeste grâce à de nombreuses améliorations de « quality of life ».

Vieux Gabo

Première amélioration notable : fini les combats aléatoires. Désormais, tous les monstres sont visibles directement sur la carte du monde. Un coup réussi permet d’infliger un peu de dégâts avant le début du combat, qui se déroule toujours au tour par tour. Si la différence de niveau entre le groupe et le monstre est trop élevée, celui-ci est éliminé directement et rapporte un montant d’or, d’expérience et d’expérience de vocation minime.

Gros changement également au niveau des vocations, le système de jobs de ce DQVII. Si, dans l’opus original, il n’était possible de n’équiper qu’une seule vocation à la fois, il est désormais possible d’en équiper deux différentes sur chacun des protagonistes. Un changement qui permet d’expérimenter pas mal de combinaisons.

Une image de combat de DQVII qui montre le héros de dos en train d'affronter un monstre nommé Alexandre le Gland.

Comme dans de nombreux remakes du genre, il est bien entendu possible d’augmenter ou de diminuer l’XP gagnée, l’or, les dégâts infligés ou reçus. Et c’est là que ce Dragon Quest VII montre sa plus grande faiblesse. Si Dragon Quest VII sur PlayStation, et même sur son remake DS, étaient des jeux à la difficulté relevée, ce remake offre un challenge beaucoup trop simple. Pour rendre son jeu le plus accessible possible, Square laisse la possibilité au joueur de toucher à pratiquement toutes les métriques du jeu. Que ce remake diminue la difficulté par rapport au jeu original, soit, mais, comme le rappellent certains fans, « Dragon Quest, c’est des maths » : en offrant au joueur la possibilité de toucher à toutes les jauges, on finit par obtenir un jeu déséquilibré.

Le menu principal de DQVII Reimagined qui montre le héros de face dans sa tenue verte. Le menu montre l'équipement du personnage et permet de le modifier.
Le menu de Dragon Quest VII, sobre, simple, efficace.

Pas question ici de jouer les « true gamerz » qui pensent que chaque victoire doit se mériter dans le sang et la sueur, mais un mode facile doit être équilibré pour offrir un défi accessible au plus grand nombre. En donnant la possibilité de toucher à la moindre variable du jeu, Square demande au joueur de faire lui-même ce travail d’équilibrage. Le danger, en rendant le challenge trop trivial dans ce Dragon Quest VII, est, du fait de sa structure assez répétitive, de lasser beaucoup trop vite. Si les fans de RPG s’attendent à une expérience exigeante, ils risquent de vite déchanter.

Rien de bien dramatique au final, mais quel dommage que ces soucis d’équilibrage viennent ternir l’aura de ce chef-d’œuvre.

On a aimé :

  • La direction artistique
  • Le rythme mieux maitrisé
  • L’écriture
  • Les améliorations de Quality of Life

On a moins aimé :

  • Des problèmes de (non) équilibrage
  • Un poil répétitif
  • La disparition de certaines îles sympas (Monster Meadows)

Embarquez à bord si :

  • Vous cherchez un JRPG à l’ancienne
  • Vous êtes tombés amoureux de la DA
  • Vous cherchez une aventure différentes des autres

Gardez votre or si :

  • Vous cherchez un challenge relevé
  • Vous voulez un JRPG novateur

Dragon Quest VII : Reimagined

Développé & édité par Square Enix

Actuellement disponible sur PC, PlayStation 5, Switch, Switch 2 et Xbox

À partir de 69,99€

Le JRPG en charentaises

Avec sa direction artistique chatoyante et son écriture impeccable, ce Dragon Quest fait partie des meilleurs opus pour découvrir la saga, ou même simplement le genre du JRPG. On est ici dans le JRPG dans tout ce qu’il a de plus classique, pour le pire mais surtout pour le meilleur. Maintenant, je retourne fantasmer à l’idée d’un remake de Final Fantasy IX dans le même style !

9
Note finale:
9

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