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[Test] Replaced

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Je me hype rarement mais quand je le fais je ne fais pas semblant et j’aurai passé 5 ans depuis son annonce en 2021 à attendre Replaced comme un gosse assis au pied d’un sapin de noêl, revisionnant de temps à autre le bonbon pour les yeux qu’était son trailer. Ces dernières années cependant, je dois bien avouer avoir commencé à m’inquiéter. D’abord pour les auteurs basés en Biélorussie qui, pour des raisons évidentes, ont déplacé leur studio à Chypre. Mais aussi parce qu’en y réfléchissant, même si ses multiples reports sont tout pardonnés, Replaced ne nous avait montré jusque là que sa plastique. Et ça peut sembler évident mais on rappelle tout de même qu’un beau jeu n’est pas nécessairement bon…

La proposition

On savait tout de même au visionnage de ce trailer que Replaced allait être un platformer en « 2,5D ». Néologisme un peu grossier à mon goût mais qui désigne, faute de mieux, un jeu essentiellement en 2D dont l’esthétique, et plus rarement la mécanique, jouent fortement sur la profondeur de champ. Il proposait un style visuel très inspirée des œuvres de cyberpunk des années 80, Blade Runner en tête (dont, si vous ne l’aviez pas deviné à son portrait, votre humble serviteur est un pathétique fanboy). On savait que le gameplay inclurait des phases de combats à l’animation extrêmement fluide et cinégénique. Mais jusqu’à ce début d’année et la sortie d’une démo, on en savait pas beaucoup plus. Et une fois cette démo entre les mains, même si l’esthétique était à la hauteur de la promesse, on était en droit de se demander si le gameplay, bien que non-exhaustif, n’allait pas nous laisser un peu sur notre faim.

 

Reach, le personnage de Replaced saute d'un toit de Phoenix City à l'autre.
« J’ai vu tant de choses que vous, humains, ne pourriez pas croire…  » Avec la musique la référence est encore plus évidente.

Le pouce sur la molette du Wingman

Alors qu’en est-il vraiment ? Dans sa première dizaine de minutes, le moins qu’on puisse dire c’est que Replaced ménage le suspense en prenant bien son temps. Notre perso est lent ce qui nous permet de nous en mettre plein les mirettes en traversant de somptueux environnements, certes, mais nous amène aussi à nous demander quand surviendra le prochain rebondissement narratif ou le prochain challenge ludique. Et puis, doucement mais sûrement, on nous apporte un hub avec ses personnages secondaires bavards, des petits « lore-dumps » qui nous expliquent que la diégèse n’a pas des années 80 que l’apparence puisqu’elle en est tout bonnement une version alternative (une uchronie donc). On nous met dans les mains un pistolet-matraque dysfonctionnel qui ne peut tirer qu’une seule fois après l’avoir utilisé pour frapper les mutants qui peuplent les alentours de Phoenix City… On nous apprend à parer, rouler, renvoyer des tirs dans des confrontations à la Batman Arkham Asylum. Bref, on découvre peu à peu que Replaced n’est pas qu’une carte postale.

Cool. Mais le jeu est-il bon ? Une question dont la réponse va évidemment varier selon les sensibilités mais il y a tout de même deux défauts ou plutôt imperfections objectives qu’il convient de relever. D’une part la maniabilité est lente et lourde à l’instar de vieux cinematic-platformers tels que Flashbaclk ou Prince of Persia (le jeu DOS/Apple de 1989, pas les jeux 3D post 2000) ce qui n’est pas un problème en soi mais pourrait rebuter certains. Et surtout, en de rares occasions, cela créer des situations un peu trop frustrantes. J’ai en tête un passage spécifique où le joueur est pourchassé par un drone et où, pour avoir une chance de ne pas se faire rattraper et tuer (une nouvelle fois), il faut pousser le stick de déplacement avant même que l’image soit revenue du fondu au noir qui ponctue la mort précédente.

L’autre petit souci est malheureusement le revers de la médaille des superbes décors dans lesquels on évolue : il sont, hélas, parfois un peu difficile à lire. Rien d’absolument indéchiffrable et abusivement imperceptible (comme dans un Tintin au Tibet sur SuperNes célèbre pour cette tare). Mais, malgré tout, nos cerveaux de joueurs dressés à la peinture jaune sur le moindre rebord auquel s’accrocher peinent parfois à repérer la route à suivre et on se retrouve occasionellement à ne plus presser le moindre bouton sur le pad, observant l’image pendant quelques secondes en se demandant ce que les développeurs attendent de nous. Et, hélas, ce n’est pas pour nous proposer d’éventuels salles cachées ou chemins alternatifs : dans l’ensemble, Replaced ne propose quasiment aucun backtracking.

 

Reach se tien de dos face à Phoenix city sur fond de coucher de soleil
Reach (le personnage du joueur) en plein « aura farming »… à moins que ça ne soit le jeu lui même…

Irremplaçable

Alors, oui, on a l’impression que j’en dis plus de mal que de bien. Et pourtant, même en mettant de côté mon biais de «client » je ne peux pas dire que Replaced soit un mauvais jeu ni même médiocre. Déjà parce que, au risque de me répéter c’est une expérience visuelle à se taper le cul par terre. Le simple plaisir de contempler la photographie des environnements se suffirait presque à lui même. Par ailleurs, s’il est perfectible et peu innovant, le gameplay est suffisamment abouti pour qu’il ne se ressente pas comme une pénible contrainte avant d’accéder au prochain moment « fond d’écran ». Mieux, il m’est arrivé dans certains combats d’avoir un début d’arcade-fever, enchaînant sans ciller les tentatives infructueuses et jubilant après une succession de mouvements efficaces.

En définitive, Replaced est un jeu « honnête » même si vous êtes le genre de rabat-joie qui ne se laisse pas séduire par un emballage qui brille. Mais si vous êtes capable de revisiter des mécaniques de jeu un peu convenues en échange du simple plaisir de vous rincer l’œil, vous tenez là un titre qu’il serait vraiment dommage de manquer.

On a aimé :

  • C’est bôôôôô ! (pour les yeux)
  • C’est bôôôôô ! (pour les oreilles aussi)
  • Des combats plus funs qu’on ne pourrait s’y attendre dans un jeu en 2D

On aime moins :

  • Une lisibilité parfois difficile
  • Un p’tit manque d’innovation sur le gameplay

Sortez le porte-monnaie si :

  • Vous aimez le cyberpunk et les belles photos
  • Vous aimez les cinematic-platformer comme Inside

Rangez le si :

  • Vous cherchez un jeu à gameplay « épai » type RPG
  • Vous n’avez pas le temps de vous arrêter pour admirer le décor.

Replaced – Sad Cat Studios

Steam, Epic Game Store, GOG, Xbox Series X/S (Game Pass)

19,99€

Test réalisé sur la version PC (Steam)

Ce soir c'est soirée dysto

Un petit jeu efficace qui devient un incontournable si vous rêvez de vous balader en trench-coat par grande averse dans les rue d'une mégalopole futuriste éclairée par une multitude de néons. Replaced fais le café tout en flattant les amateurs de cyberpunk avec un platforming et des combats tout en simplicité mais surtout une esthétique somptueuse.

8
Note finale:
8

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