Ohayou gozaimasu ! Aujourd’hui, on va parler aux weebs, aux otakus, aux fans de trains (jusque là ça se recoupe quand même beaucoup comme démographies…) mais aussi aux fans de jeux de skate (attendez, quoi ?!?). Le studio Undercoders et les éditions Fireshine Games nous proposent des défis plutôt étonnants avec Denshattack!, soit un mélange entre Jet Set Radio, Tony Hawk Pro Skater et Train Simulator. J’attendais ce jeu depuis que j’avais pu mettre les mains sur sa démo au SteamFest de Février 2026 et, grâce à l’éditeur, j’ai pu poncer la version bêta depuis environ un mois. Alors, confirmation ou déception ?
Denshattack!, c’est quoi ?
Le programme du jeu est en fait à peu près dans le nom : en japonais, densha (電車) veut dire train et attack, ben c’est de l’anglais basique, normalement j’ai pas à le traduire surtout vu comment ça ressemble au français. Donc des bastons de trains. Ou plutôt des battles de trains dans un Japon dystopique. Vous y incarnez Emi, une livreuse de ramen dont le mode de transport est… Ben, le train. Suivez un peu. Vous évoluez dans un monde où la catastrophe écologique n’a pas été évitée et où la majorité des humains vivent dans des dômes créés par une méga-corporation du nom de Miraido (évidemment un nom doucement ironique puisqu’on peut le traduire par « la voie de l’avenir »). Grâce à une rencontre avec un passionné de Denshattack, une discipline qui consiste autant à faire la course qu’à multiplier les figures, voire à donner des coups avec son train, vous allez vous retrouver sur le chemin de la révolte contre Miraido. Pour leur mettre une bonne grosse fessée, vous devrez évidemment vous mesurer à des gangs rivaux et, dans la plus pure tradition du shônen, en faire vos alliés.

Dans les faits, donc, vous quitterez vite le confort des rails bien plats pour découvrir aussi bien les joies des ollies, des backflips, des impossibles et autres tricks inspirés du skateboard que les grinds sur des rampes tordues dans tous les sens ou même sur des parties « arcs-en-ciel » de circuit n’apparaissant que si vous atteignez un certain niveau de combos. A chaque niveau, vous aurez autant des objectifs de temps, que des objectifs de score (à atteindre avec vos tricks, donc), ainsi que quelques défis calibrés spécialement pour le niveau. Ceux-ci peuvent être à peu près n’importe quoi : faire un trick en particulier à un endroit en particulier, trouver une route alternative, finir le niveau sans aucun crash, ramasser X objets, faire dérailler X adversaires, etc… Et plus vous avancerez dans les chapitres, plus ce sera compliqué, évidemment.
Le train de la hype
Alors vous me direz « mouais, si c’est plus compliqué juste parce qu’il faut des plus gros scores, c’est pas très intéressant ». Mais je vous rassure tout de suite, les barcelonais d’Undercoders ont bien travaillé la courbe d’apprentissage. Là encore, on peut compter sur un trope du shônen puisque chaque affrontement avec un nouveau gang (et donc chaque chapitre) vous demandera de maitriser une nouvelle compétence. Et si les premières semblent assez logiques pour un jeu inspiré du skate (virages serrés, sauts, grinds), ça va vite devenir plus étonnant et vous devrez enchaîner les manoeuvres les plus folles à une vitesse ahurissante (drifts sur plusieurs rails, inversion de gravité, etc…). Vous serez certes aidé.e par des indices visuels mais croyez-moi, vous allez vous prendre des stops plus d’une fois. Et tant mieux !

Tel un Sonic 3D des temps modernes, Denshattack! vous fera donc enchaîner les virages, les vrilles, les esquives de justesse, les sauts dans tous les sens pour révéler son plein potentiel de platformer 3D basé sur la vitesse, les réflexes et l’exécution parfaite des commandes. Il vous faudra également maitriser le plus possible de tricks différents puisque plus vous en utilisez un, moins il vous rapporte de points. Adieu la monotonie de toujours faire le même geste avec le stick droit (c’est avec ce stick que vous décidez quelle figure tenter). Enfin, vous devrez choisir le bon train pour chaque course puisque chacun (que vous pouvez acheter grâce à des collectibles ramassés pendant les niveaux, tout comme les stickers pour les décorer) a des pouvoirs différents et vous avantagera ou vous rendra la vie plus dure en fonction des épreuves. Par exemple, un train peut vous donner plus de points pour les figures difficiles mais en contrepartie, les figures faciles vous rapportent moins de points. Ou bien un autre peut accélérer l’acquisition de combos mais vous fera perdre plus de points à chaque crash. Bref, je vous laisse les découvrir un à un.
Chew, chew !
Le résultat de tout ça, c’est qu’on ne veut jamais lâcher Denshattack!. Les niveaux sont souvent assez courts et offrent donc un goût de « allez, encore un, juste un ! » bien aidé par la sensation de vitesse (effets en pagaille, caméra virevoltante, etc) et le juste niveau de frustration. C’est tout simplement grisant ! On veut alors bouffer des kilomètres et des kilomètres de lignes inspirées par de vraies lignes japonaises (coucou les densha otaku), sublimées par un cel shading aux petits oignons et, globalement, une direction artistique qui fleure bon l’amour du flashy et de l’hétérogénéité si chers aux fans d’anime. La musique survitaminée est également très travaillée et mélange aussi bien de l’électro-pop que du hip-hop ou même du future funk. On peut clairement y voir un hommage aux bande-sons cultes des jeux d’arcade japonais mais remis au goût du jour.
Et puisqu’on parle d’hommages, revenons un peu à l’amour des développeurs pour les manga et anime. En bons amateurs, ils se jettent à corps perdu dans le mélange des genres qu’on adore, faisant cohabiter aussi bien des discussions dans des onsens que des combats contre des méchas géants ou des kaijus aux côtés de bōsōzoku ou de sukeban, sans oublier l’incontournable mascotte. C’est simple : pendant les 7 heures environ nécessaires pour atteindre le générique de fin, les hommages à cette culture nous mettent presque autant le sourire que le gameplay en lui-même.

All aboaaaaard !
Mais alors du coup, qu’est-ce que j’ai pensé de ce jeu ? Normalement, si vous m’avez lu jusqu’ici, vous avez compris que je suis très enthousiaste. Si, comme je viens de le dire, l’histoire en elle-même ne dure « que » 7 heures, la rejouabilité est en fait quasiment infinie. D’abord parce que si vous finissez le jeu aussi vite, il est clairement impossible que vous ayez atteint tous les objectifs et toutes les médailles. Il vous reste donc pléthores de défis à relever et je suis prêt à parier que ça vous prendra même plus de temps que cette première run (perso, je n’ai pas encore le 100% mais je compte bien le faire). Ensuite, comme je l’ai évoqué plus haut, Denshattack! permet facilement de lancer des sessions courtes pour simplement prendre son pied à essayer de faire les combos les plus fous possibles et atteindre des scores indécents. Et puis évidemment, pour ne pas vous spoiler, je vous ai laissé pleiiiiiiin de surprises à découvrir.
Pour ce qui est de la prise en main, j’ai eu la chance de le tester via un code Steam, ce qui fait que j’ai pu tester un peu toutes les configurations. Le jeu est jouable au clavier/souris mais honnêtement, je vous conseille de suivre le conseil d’Undercoders et de jouer à la manette, l’expérience de jeu est bien supérieure. Denshattack! fonctionne aussi très bien sur SteamDeck et m’accompagnera sans aucun doute dans mes futurs voyages en train. Toutefois, pour être honnête, il y a vraiment beaucoup d’informations à l’écran, beaucoup d’effets dans tous les sens et notamment pour la partie exploration, il est clairement plus confortable de jouer sur un grand écran.

Ce test a été effectué sur une bêta donc il y aura des petits changements dans la version 1.0.0 (qui sort aujourd’hui même). Cela dit, j’ai rencontré très peu de bugs. J’en ai eu deux sur des succès qui ne se débloquent pas mais le studio les connaissait avant même de mettre la bêta à dispo et annonce que ce sera patché day one. Par contre je ne sais pas si ça les débloquera ou si je devrai les refaire (via une nouvelle partie). En ce qui concerne les bugs en jeu, je n’en ai rencontré qu’un : mon train s’est crashé sans raison lors d’un niveau vers la fin. Il faut dire que pendant ce mois de bêta, on a déjà eu droit à deux grosses mises à jour qui ont corrigé beaucoup de choses (notamment sur les framerates) donc je suis confiant pour que tout soit réglé en 1.0.0.
On a aimé :
- La direction artistique
- Les sensations de jeu
- L’amour évident porté à la culture manga/anime et au Japon en général
- La rejouabilité
On a moins aimé :
- Que ça se termine :'(
Ridez les rails si :
- Vous aimez les platformers 3D à grande vitesse
- Vous aimez enchaîner les combos de tricks
- Vous voulez un jeu bizarrement cosy même quand il vous maltraite
Restez sur le quai si :
- La vitesse et les combos de tricks, c’est pas votre truc
- Vous ne supportez pas les univers de weebs

No wrong side on these tracks !
Dans une ambiance survitaminée, créée autant par la DA que par le gameplay, Denshattack! vous propose de devenir le Rodney Mullen des rames sur rails (ou pas, d'ailleurs). Lors d'un voyage halluciné à travers un Japon dystopique, votre destrier mécanique virevoltera autant pour passer les obstacles que pour battre vos adversaires. Si vous cherchez un jeu addictif pour travailler vos combos du stick droit, ne cherchez plus, vous êtes sur le bon quai !
