Jeux Vidéo

NBA 2K est devenu indéfendable…

2k_cover

Cette année encore, 2K a sorti une nouvelle version de son jeu de simulation de basket. Cette année encore, le jeu ne souffre d’aucune concurrence. Et cette année encore, j’ai craqué. Alors que la saison 2 a commencé et alors que je joue toujours, je ne peux pourtant pas me départir d’un goût amer. Ce goût, c’est celui qui reste au fond de la gorge quand quelqu’un que vous appréciez vous trahit une fois de trop. Alors aujourd’hui, je vous explique pourquoi je n’arrive plus à défendre NBA 2K27…

Il faut d’abord que j’explique un peu d’où je parle pour éviter que vous ne preniez ça pour un caca nerveux de quelqu’un qui n’aurait simplement pas exactement ce qu’il attend d’un jeu. Mais de toute façon, si vous cherchez un peu, vous verrez que je suis très loin d’être le seul à me plaindre de cette nouvelle cuvée. Je joue à la licence NBA 2K depuis de nombreuses années et, même si depuis 3 ou 4 ans, je pense régulièrement que je vais arrêter, je finis toujours par y revenir. Je ne suis pas non plus un joueur qui râle après 2 heures de jeu parce que cette nouvelle édition ne me convainc pas. J’y joue depuis l’accès anticipé (qui a débuté le 26 Août) et j’affiche déjà un peu plus de 320 heures au compteur. Je ne suis pas non plus un joueur pro mais j’ai un niveau correct et 4 personnages au niveau max dont un avec sa spécialisation finalisée. Si vous connaissez un peu le jeu, vous voyez bien que ça a demandé un sacré taff (surtout que je n’ai acheté aucun VC, la monnaie du jeu, à part ceux inclus dans la version qui proposait l’accès anticipé). Bref, sans être une référence française de NBA 2K, je pense qu’on peut dire que je sais quand même de quoi je parle.

n27_mobile_hero_standard

« T’es maso ou bien ? »

Alors, j’en entends déjà certains se demander : « Mais Gizmo, si tu as des reproches à faire à ce jeu, pourquoi tu y joues encore ? » Ce n’est pas une mauvaise question. Une partie de la réponse est que mon reproche majeur n’est connu que depuis la saison 2 (soit environ deux semaines), on y reviendra plus loin dans cet article. Mais ce serait incomplet d’en rester là. La raison principale, ça reste que le coeur du jeu, son gameplay, est très bon. En tant que fan de basket, de NBA en particulier (et aussi en tant que basketteur amateur à mes heures perdues), il est forcément grisant de se plonger dans chaque nouvel épisode de NBA 2K. Constater les améliorations sur la gestion des animations, chercher les combos qui casseront le plus de chevilles, jouer avec ou contre mes stars préférées de la NBA et reproduire leurs mouvements signatures, tout ça est quasiment une drogue pour une grande partie de la communauté. Se mesurer aux autres joueurs, leur soutirer des insultes de rage quand on les humilie, ça aussi, c’est quelque chose qui marche toujours autant sur nous, les joueurs, d’opus en opus. Je pourrais continuer longtemps sur les choses qui font que j’aime encore ce jeu et que, donc, j’y joue encore (pour l’instant).

Mais vous l’avez compris, cet article n’est pas là pour chanter les louanges de 2K. Il est plutôt un aveu d’impuissance : celle de ne plus réussir à défendre un vieux compagnon qui semble plus intéressé par creuser sempiternellement sa tombe que par réparer ses torts. Alors, de quoi je me plains ? Pas des nombreux joueurs qui pourrissent le multi parce qu’ils ne savent pas jouer au basket et ne veulent faire que de l’iso sans même maitriser les bases. Non, ça on a l’habitude, ça a toujours existé. Pas non plus des insultes en anglais qui pleuvent pendant les matchs en ligne. Ça, ça fait même partie du jeu, une version numérique du fameux trashtalk. Le problème, c’est 2K. D’année en année, l’entreprise multiplie les décisions qui dégradent l’expérience de jeu (et je ne parle pas des gros problèmes qui entourent l’équilibrage même si c’est un sujet en soi), une sorte d’enshittification perpétuelle, et ça va de plus en plus loin, de plus en plus vite.

Le fair-play ? Jamais entendu parler, non…

Je vais commencer par « le moins grave » mais qui est quand même énervant et handicapant : malgré toutes ses annonces, l’éditeur refuse manifestement de s’attaquer au problème de la triche en jeu. Si vous n’êtes pas un gros joueur de la licence, ça va sans doute vous paraître bizarre mais une partie non négligeable de la communauté 2K est prête à débourser des sommes folles pour tricher. Ils forment même des communautés à l’intérieur de la communauté en fonction de leurs techniques de triche. On trouve par exemple les Zenners qui utilisent un contrôleur tiers (le Cronus Zen) leur permettant notamment de rentrer tous leurs tirs automatiquement ou de mettre en place des scripts de défense automatique. Dans le même genre, on a ceux qui utilisent le Titan Two, un autre contrôleur à peu près similaire. On a aussi les moddeurs sur PC, les hackers sur mémoire (notamment via des injecteurs DLL)… Bref, plein de gens qui trichent et qui font que le jeu à haut niveau est… Ben, nul en fait. Parce que c’est franchement pas agréable de jouer contre des gars qui peuvent rentrer un tir envoyé depuis le logo avec 3 défenseurs sur eux. Le jeu perd tout son intérêt.

2k_cheat_announcement
Fin Septembre, 2K a annoncé s’attaquer à la triche. Quelle bonne blague !

Ça peut paraître absurde de se dire que l’éditeur accepte ces joueurs. La réalité, c’est qu’il y a régulièrement des petits effets d’annonce, quelques bans, des choses comme ça, mais jamais rien de réellement impactant. Il faut garder en tête que si ces joueurs sont prêts à claquer des centaines de dollars pour du matériel tiers afin de tricher, ils sont évidemment aussi capables de dépenser des centaines de dollars dans le jeu pour monter des nouveaux personnages rapidement ou pour acheter des packs de cartes. Les combattre réellement serait donc un manque à gagner pour 2K. Et franchement, ça se sent. Mais comme je le disais, c’est le « moins grave » des péchés de NBA 2K.

MyTEAM ou l’art de tondre un mouton déjà à poil

Je reprochais déjà à NBA 2K22 dans mon test sur ce site les mécanismes qui poussaient les joueurs à passer à la caisse régulièrement. Pas étonnant pour un jeu-service, me direz-vous, et vous aurez raison. Reste que la tendance n’a fait que s’aggraver au fil des ans. Ce que je visais à l’époque, c’était surtout le grind pour atteindre le niveau maximum avec un personnage en mode carrière. Aujourd’hui, c’est la partie la moins insupportable. Pour moi, les vrais problèmes ont commencé avec le mode MyTEAM. Si vous ne connaissez pas bien le jeu, dites-vous que le mode MyTEAM est ce qui a ensuite été copié par FIFA pour son mode FUT : un mode de jeu où vous pouvez collectionner les cartes de joueurs (mais pas que : aussi les coachs, les jerseys, les ballons, les plans de jeu, j’en passe et des meilleures) puis monter des équipes avec pour contrôler vos joueurs favoris. Sur le papier, l’idée est géniale. Ca a d’ailleurs longtemps été mon mode de jeu préféré. Mais si au départ, le jeu fournissait pléthores de façons de récupérer des cartes intéressantes, et donc d’améliorer son équipe, ces méthodes ont peu à peu disparu pour ne laisser principalement que l’achat de boosters ou de packs (il reste encore quelques façons d’en avoir autrement évidemment, mais c’est vraiment anecdotique). Pire : pour avoir de bonnes chances de tirer des cartes intéressantes, il faut acheter les packs. Sauf que les packs ne s’achètent qu’avec des VC, pas avec des points MyTEAM. Ça paraît anodin, jusqu’à ce qu’on vous dise que le mode MyTEAM ne vous fait pas gagner de VC, seulement des points MyTEAM. La conséquence ? Si vous voulez acheter des packs, vous devez soit jouer beaucoup aux autres modes, soit passer à la caisse.

nba2k27_csr-myteam_play-tab_02_1920x1080
Les menus du mode MyTEAM ont un peu changé mais la philosophie de prédation financière reste intacte

Évidemment, pour être compétitif dans un mode de jeu, vous devez passer quasiment tout votre temps de jeu dessus. Parce que tout est long à grinder. Pour débloquer des récompenses intéressantes, vous devez augmenter votre REP, la réputation liée à un mode de jeu en particulier (comprendre : votre REP du mode carrière n’est pas du tout liée à votre REP du mode MyTEAM). Vous l’aurez donc compris : pour être compétitif à MyTEAM, vous devez passer votre vie dessus ET acheter des packs avec une monnaie que vous ne gagnez pas dans ce mode de jeu, donc payer avec de l’argent bien réel. Bien sûr, en théorie, vous pouvez acheter des boosters avec les points MyTEAM. Mais vous ne tirerez jamais les bonnes cartes et, par contre, en face, tous vos adversaires les auront. Pas besoin d’épiloguer, vous l’avez compris : j’ai abandonné le mode MyTEAM. Pour vérifier, j’ai rejoué encore un peu en début de saison 1 et mes critiques restent vraies. Donc adieu ce mode.

Mon Joueur, mon banquier et moi

Pas grave, on peut se rabattre sur le mode MyCAREER. Dans ce mode de jeu, on se construit un personnage, avec des attributs et des badges qui déterminent ses forces et ses faiblesses. Tu veux rentrer des tirs à 3 points ? Tu préfères faire un dunkeur fou ? Peut-être un défenseur ou même un gars (ou une joueuse puisqu’on peut aussi enfin en faire une) polyvalent qui fait un peu de tout mais n’excelle dans rien ? Tout ça, c’est possible. Fais toi plaisir à la création de ton personnage, joue avec pour lui faire gagner des points d’expérience et des badges, et évidemment monte ses notes avec des VC (mais cette fois, ça va, le mode MyCAREER te fait gagner cette monnaie). Une fois que ton personnage est au niveau max, les seules façons de l’améliorer s’obtiennent en jouant et pas en payant. Tu peux par exemple gagner des cap breakers, c’est-à-dire des points te permettant de dépasser tes notes maximales sur certains attributs, en atteignant certains niveaux de réputation. Donc à part si tu veux te faire un deuxième personnage, a priori, c’est pas vraiment nécessaire de repasser à la caisse. Enfin, ça c’était vrai jusqu’à 2K26. Parce que oui, les développeurs ont fini par se rendre compte de ce « problème » et ont trouvé des solutions pour t’y inciter tout de même.

n27-all-csr_mp-builder_badge_synergy_1920x1080
Le nouveau système de badges sent l’arnaque dès le départ…

Dès le lancement de NBA 2K27, on a vu une énorme première douille arriver avec les changements concernant le système de badges. Jusque là, les badges des joueurs (qui leur donnent des bonus sur certaines actions) dépendaient uniquement de leurs attributs (décidés pendant la création du personnage) et dans une moindre mesure des performances en jeu. Cette année, les badges s’acquièrent avec des points (donc une nouvelle monnaie) et un système de synergie est apparu. Ce système de synergie fait qu’en déclenchant certains badges plusieurs fois pendant un match, un joueur améliore certains autres badges liés jusqu’à la fin d’un match. Par exemple, tu mets un badge de tir en profondeur en fuse (ce qui l’améliore de façon constante) et un badge d’interception en reaction. Si pendant un match, tu actives plusieurs fois ton badge de tir, celui de l’interception sera amélioré jusqu’à la fin du match et tu pourras donc plus facilement voler des ballons. Cool, non ? SAUF QUE ces synergies et une partie des points de badges (qui permettent donc de les acheter) sont liés au season pass.

Des paliers à gravir… Ou une CB à sortir

« Attends, de quoi tu parles Gizmo, c’est quoi encore ce nouveau truc ?!? » A l’origine, le système de saisons est apparu dans NBA 2K21 pour le mode MyTEAM et dans NBA 2K22 pour l’ensemble du jeu. Chaque saison dure 6 semaines, vous avez 40 niveaux que vous pouvez franchir pendant ce temps et à chaque niveau, des récompenses (soit cosmétiques, soit des cartes). C’est entièrement gratuit. Une sorte de battle pass gratuit si vous voulez. Plutôt cool, donc. Dans NBA 2K24 ont été introduits les pass Pro et Hall of Fame. Le principe reste le même sauf que le pass Pro inclut, en plus du season pass normal, des récompenses supplémentaires pour environ 10 balles par saison. Le pass Hall of Fame, lui, vaut le double et inclut les bonus du pass Pro plus des sauts de niveaux instantanés (vous gagnez 10 niveaux d’un coup) et un bonus pour monter plus vite dans votre pass (15% d’XP en plus). En parallèle de ça, il était maintenant possible de payer pour acheter des sauts de niveau pour avancer dans les paliers de saison. Mais encore une fois, jusque là, c’était purement du bonus et principalement du cosmétique (sauf en MyTEAM où il y avait des cartes mais la plupart étaient dispo dans le pass gratuit).

2k_goat_card
Cette année une carte GOAT a été créée dans MyTEAM. Je ne vous dis même pas ce qu’il faut faire pour l’avoir, c’est indécent !

Sauf que si vous vous souvenez de ce que je vous ai dit plus haut, une part non négligeable des badges liés à votre personnage sont maintenant liés à ce season pass. Ce qui veut dire qu’à chaque début de saison, votre personnage devient moins bon (puisqu’il perd les points de badges et les synergies de la saison précédente), perd des capacités que vous devez récupérer via le grind des 40 niveaux du season pass. C’était déjà long les années précédentes de monter les 40 niveaux mais là, le temps nécessaire à les gagner a été augmenté d’environ 25%. Pas besoin d’expliquer que le but est clair : pousser les joueurs à craquer pour acheter des sauts de niveaux et donc récupérer leur joueur au niveau qu’il avait quelques jours avant. Vous me direz « espèce de débile, il suffit de jouer des plombes pour récupérer les 40 niveaux, t’es pas obligé d’acheter. » C’est vrai. Même si je vous trouve un peu méprisants. Mais au-delà du fait que ça reste profondément injustifiable d’un point de vue de gameplay (imaginez si dans un Call of Duty, vous deviez remonter votre niveau d’expertise de telle arme depuis zéro toutes les 6 semaines), ce n’était que la première cartouche de 2K. L’arme nucléaire n’a été dévoilée que lors de la saison 2.

Coup de sifflet final

On y vient, la pire fausse bonne idée de NBA 2K27 : les GOAT Builds. Alors, c’est quoi un GOAT Build ? En fait c’est très simple : au lieu de décider vous-mêmes des caractéristiques de votre personnage lors de sa création, vous pouvez prendre une « fiche de personnage » toute faite, si on veut. Sauf que ça, ça existait déjà. C’était les NBA Templates. En gros, vous disiez « je veux un personnage qui ressemble un peu à Stephen Curry » et vous aviez un perso prêt à jouer. La nouveauté des GOAT Builds, c’est que c’est le même principe, mais sous stéroïdes. C’est-à-dire que ça vous crée un personnage prêt à jouer basé sur un joueur connu (par exemple Kobe Bryant jeune, Anthony Davis, Gilbert Arenas, etc) mais avec des caractéristiques littéralement impossibles à atteindre avec le créateur de personnage classique. Ils peuvent par exemple avoir des notes d’attributs supérieures à la limite imposée normalement par leurs caractéristiques physiques. Ou bien ils peuvent justement avoir des associations de caractéristiques physiques impossibles à avoir sur le créateur de personnage (ex : l’envergure des bras est limitée en fonction de la taille du personnage créée ; ici, les règles ne s’appliquent plus).

2k_goatbuilds
La pire fausse bonne idée de 2K… Jusqu’à la prochaine ?

Bon, déjà, c’est un peu rageant quand tu t’es pris la tête à monter des personnages au niveau max de voir des nouveaux builds débarquer qui sont objectivement supérieurs à ce que tu as pu créer (puisqu’ils n’ont pas les mêmes limites). Mais soit, vous me direz qu’il suffit de remonter un nouveau personnage, c’est pas si grave. Vous vous souvenez du season pass ? Depuis la saison 2, on débloque des nouveaux GOAT Builds dans le season pass. Du coup, vous le sentez venir comme moi : en saison 3 on aura des GOAT Builds encore plus forts que ceux de la saison 2 qui les rendront donc obsolètes, puis le cirque recommencera en saisons 4, 5, 6… Ce qui veut dire que les joueurs seront poussés à prendre en main de nouveaux builds à chaque saison pour être compétitifs, et donc à monter rapidement ces personnages, donc à dépenser des VC et… Mettre la main au porte-monnaie pour que ça aille vite. En gros, 2K a recréé artificiellement dans le mode MyCAREER le fonctionnement de surenchère inhérent au mode MyTEAM pour que même les joueurs carrière soient poussés à dépenser leurs vrais sous de la réalité véritable en rendant leurs personnages obsolètes de façon régulière.

L’addiction a ses raisons que la raison ignore (et 2K compte dessus)

Est-ce que c’est la fin de NBA 2K ? Est-ce que les joueurs vont le déserter ? Honnêtement, je n’en sais rien. Je ne sais même pas si je vais moi-même complètement abandonner le jeu. Ce que je peux dire à l’heure actuelle, c’est que ça m’a démotivé et que je fais maintenant plus de jeu en solo qu’en compétitif, ce qui est un comble. Ce qu’on voit également, c’est que beaucoup de joueurs historiques s’étonnent, voire s’offusquent de ces changements. Pire, une partie des créateurs de contenu ont annoncé arrêter NBA 2K27. Certains créateurs qui ne font QUE du 2K sont même repartis sur NBA 2K26. Alors, je ne suis évidemment pas devin, je ne sais pas ce que ça veut dire pour l’avenir de la franchise. Peut-être que ces changements fonctionneront assez pour que l’éditeur trouve ça rentable. Peut-être même qu’avec le temps, tout le monde finira par trouver ça normal, qui sait ? Mais à l’heure actuelle, alors que depuis des années je défends les jeux NBA 2K en appuyant sur les points forts, je me retrouve dans l’incapacité de le faire, tant les problèmes deviennent importants et pèsent maintenant plus lourd que les côtés positifs du jeu. Pour moi, il n’est aujourd’hui plus possible de défendre NBA 2K27.

Recommandé pour vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *