Animation Cinéma Crash Test 5

[Crash Test] Barbie in Princess Power

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Chers lecteurs,

 

Voici maintenant à peine quelques mois que j’officie ici même et, déjà, mon amour pour vous me submerge et m’emmène dans des océans inconnus pour affronter d’inénarrables dangers. Pour vous, je suis prêt à souffrir. Qu’en tirerez-vous ? Oh, ne me mentez pas, nous savons tous que vous avez un côté sadique et certains d’entre vous m’en veulent parfois lorsqu’ils lisent mes prises de position sur certains films. C’est pourquoi j’ai décidé de condenser tout le masochisme dont je suis capable pour faire renaitre de ses cendres la chronique Crash Test de ChasePour rappel, vous pouvez nous faire souffrir en nous soumettant des films (courts et longs métrages confondus) dont vous savez qu’ils sont nuls OU sur lesquels vous avez peur d’abîmer vos fragiles rétines. Dans le second cas, cela vous permettra d’avoir un premier avis afin de prendre votre décision puisque, évidemment, nous écrirons un article sur ces petites perles de l’ignominie. J’aurais pu choisir l’un des nombreux films japonais débiles à souhait que j’affectionne tant mais cela aurait tranché avec mon objectif de pénitence quasi-religieuse et puis, de toute façon, l’idée m’est venue après qu’un collègue m’ait enjoint de regarder le film qui va nous occuper aujourd’hui, à savoir Barbie in Princess Power. Merci Lionel* ! Je vous souhaite donc une bonne lecture et attends vos suggestions.

 

Cordialement,

 

Gizmo le maso.

 

*Pour des raisons de respect du non-anonymat (et non du non-respect de l’anonymat), le prénom n’a pas été modifié.

 

« Je te préviens, Gizmo : tu risques de passer un sale moment. Désolée. Hihihi »

 

De quoi c’est qu’on cause ?

 

Barbie in Princess Power est le dernier film de Mattel basé sur sa mascotte blonde. Après de nombreuses remontrances de la part d’associations en tous genres, la marque a souhaité changer l’image de sa star en sortant une collection de jouets Barbie version super-héroïne, supportée par le film que je me suis infligé pour vous. M’est avis qu’ils n’ont rien compris aux plaintes mais tant pis, intéressons-nous à ce qu’ont pondu les américains pour tirer toujours plus profit de la poule aux œufs d’or.

 

Kara (« jouée » par Barbie) est une jeune princesse à l’ambition débordante, bien décidée à améliorer la vie des sujets du royaume de ses parents en créant un… Jardin communautaire. Quand je vous disais qu’elle avait de l’ambition. Bref, tout n’est pas aussi rose qu’elle le croit au royaume de Windemere puisque le conseiller de la famille royale, le Baron Von Ravensdale, veut récupérer ledit royaume qu’il estime lui revenir de droit. Pour cela, il crée une potion dans le but d’acquérir des super-pouvoirs. Malheureusement, sa fidèle amie la grenouille, étant fort maladroite, provoque la chute du précieux liquide dans les égouts et c’est une chenille, aspergée par la solution, qui se met à briller d’un violet bien flashy. La chenille devient papillon, virevolte près de Barbie – pardon, Kara – et lui fait un bisou magique. Si, si. Notre héroïne obtient alors des super-pouvoirs et devient Super Sparkle (Super Eclat ou Super Etincellement si l’on traduit). Mais c’était sans compter sur sa jalouse cousine Corinne qui, découvrant son secret, se met en chasse du papillon trop-kawaii-girly-choupinou pour devenir… DARK SPARKLE ! Tadadaaaaaaam. Bon, bref, elles se chamaillent pour savoir qui a la plus grosse… popularité mais devront s’unir si elles veulent mettre un terme aux sinistres plans du Baron. Parce que, oui, après plus de la moitié du film, il se rend compte qu’il peut refaire la potion. Quel génie.

 

Méchant le plus subtil et le moins grillé de l’histoire des méchants. Mention spéciale à son charisme hors du commun.

 

Fuyez, pauvres fous !

 

Barbie in Princess Power est évidemment un film à destination des enfants mais veut éviter que les parents aient envie de jeter le DVD après le premier visionnage. C’est la raison pour laquelle de si nombreuses références à la pop culture font leur apparition. Du prénom de la princesse faisant référence à Supergirl (Kara Zor-El de son vrai nom) à l’accident provoquant le changement de la jeune fille (papillon → insecte → truc rampant dégueulasse → araignée → Spider-Man) en passant par les mouvements de mains lors des tentatives d’utilisation des pouvoirs nouvellement acquis, tout est fait pour que le parent retrouve ses billes. Est-ce que ça fonctionne ? Absolument pas ! C’est tellement appuyé que ça donne envie de retrouver les responsables du script et d’emplir leurs orifices les plus intimes avec du gravier et des bouts de verre.

 

Pour les dialogues, on est à peu près au même niveau de nullité. Vous vous souvenez du méchant Baron ? Il disait que le royaume lui revenait de droit. Mais comment se fait-ce ? Eh bien on apprend pendant la scène de concoction de la potion que l’un de ses ancêtres l’a perdu au cours d’un jeu de pierre-papier-ciseaux. M’okay ! Quant à Barbie et ses acolytes, leur réaction lors de la découverte des pouvoirs est magistrale. Je vous avoue que j’ai eu un fou rire sur cette scène : ses deux amies se chamaillent pour savoir si Kara doit plutôt empêcher une météorite de s’écraser sur terre ou repousser une invasion extra-terrestre mais la princesse répond qu’elle devrait commencer par quelque chose de plus simple comme… S’occuper du jardin communautaire. Et les deux coconnes d’approuver avec un enthousiasme digne d’un enfant de 3 ans sur les genoux du Père Noël (si ce dernier n’est pas un pédophile déguisé). NON MAIS SERIEUSEMENT ?!? En quoi a-t-elle besoin de super-pouvoirs pour ouvrir un putain de jardin communautaire ?!? Autre truc incompréhensible : pourquoi la cousine, qui veut elle aussi devenir une héroïne et devenir plus populaire que Super Sparkle décide de s’appeler DARK Sparkle ? Ça fait pas carrément plus méchante à deux ronds que concurrente bénéfique ?

 

Quant à la technique, c’est assez affreux. L’animation est vraiment à chier. Même les aspects mis en avant, comme le mouvement des cheveux, sont ratés. Bon, pour la musique, c’est normal. Je veux dire, ça s’adresse à des gosses alors mettre des trucs qu’on croirait sortis de Disney Channel, ça a du sens même si, pour moi, c’était une torture.

 

Quand je vous dis que l’animation est moche, il faut comprendre que, même à l’arrêt, les images sont pas top.

 

Princesse Kaaaaraaaa et les éclaaats magiiiiiiiques

 

Le but de Mattel, je vous le rappelle, était de changer l’image de Barbie, de la moderniser. Est-ce réussi ? Non. Certes, on passe de la gentille fille qui s’occupe des animaux dans sa maison perdue à une super-héroïne mais elle fait toujours autant de trucs cul-cul et on n’a jamais vu de super-héroïne aussi girly-débile. Outre son accoutrement flashy et ses deux animaux de compagnie en mode je-bois-de-la-potion-et-je-deviens-super-pet-avec-un-masque-ce-qui-en-plus-n’est-pas-logique, elle lance des orbes scintillantes et possède un rouge à lèvres magique caché dans sa bague. Et puis, merde, son but est d’ouvrir un jardin communautaire. Vous avez déjà vu plus con comme background de super-héros ?

 

Autre façon de moderniser l’image de la marque : les personnages secondaires. Ken se retrouve donc en Wes Doll, un blogueur toujours à l’affût de la moindre apparition de Super Sparkle, armé de son smartphone qui ne ressemble à rien d’autre qu’à une brosse à cheveux du futur sans poil et de son café à emporter de chez Starbucks (enfin, le café a un autre nom mais bon, c’est clairement ça). Je ne sais pas trop quoi penser de ce personnage. Il est à peu près aussi fade que le grand méchant mais, en même temps, ça colle avec les personnes réelles qu’il est censé représenter.

 

Et voici Dark Sparkle ! Ah merde, c’est pas la bonne…

 

Alors, tout est à jeter ?

 

Eh bien… Non. C’est le moment le plus difficile de cet article. C’est facile de trouver des défauts à un film Barbie (et, croyez-moi, je ne vous en ai pas cité la moitié) mais c’est une autre histoire quand il s’agit de ravaler sa fierté et d’avouer l’inimaginable : il y a du bon dans Barbie in Princess Power. Alors, entendons-nous bien, ça reste une expérience douloureuse pour un homme de 27 ans de regarder ce film mais force est de constater que tout n’est pas raté. La première partie du film, celle où Kara découvre ses pouvoirs et apprend à les utiliser, est réussie à mon avis. Calquée sur la plupart des œuvres que nous connaissons et particulièrement sur le premier Spider-Man de Sam Raimi, cette section montre un personnage un peu perdu et trop renfermé apprendre des leçons de la vie tout en offrant des moments humoristiques. Encore une fois, l’humour est naze et se contente de chutes pourries et de blagues plates avec des enjeux tous moisis mais tout cela pourrait bien fonctionner sur le public visé. Le dernier film de Mattel ne souffre pas non plus d’un rythme trop lent et son format court (1h15) lui permet de ne pas trop se répéter.

 

TL;DR

 

Cette première expérience de « Gizmo le maso » dans les confins de la chronique Crash Test, bien que douloureuse lors du visionnage, l’a été plus encore au moment d’avouer que Barbie in Princess Power n’est pas si raté qu’on aurait pu le craindre. Bien entendu, c’est une horreur pour un adulte à peu près normal mais les petites filles devraient passer un bon moment devant la nouvelle itération des aventures de leur blondasse préférée.

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5 Comments

  • Reply
    Eskarina
    09 Fév 2015 12:05

    Pourquoi. POURQUOI TU T’ES INFLIGÉ CA ????

    • Reply
      Gizmo
      09 Fév 2015 12:07

      Quand Lionel, mon collègue, m’en a parlé, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté d’un truc pareil ! Et, honnêtement, avec une bonne dose de drogues dans le sang, j’aurais même pu apprécier le film je crois. Et puis bon, j’aime les défis débiles alors forcément… 😉

  • Reply
    mimoso
    09 Fév 2015 2:05

    J’aime beaucoup lorsqu’on descend un film , ça me donne envie de le regarder !
    Du coup j’ai entendu parler de « terreur sur Tiny Town » je suis sûre que ce n’est pas le navet que certains prétendent . Un cowboy japonais nain courant après des veaux ! Il ne peu être que bon !!
    Allez j’ai envie d’un dernier avis pour le regarder :’p

    ton côté professionnel ne peu pas passer à côté de ce western !!!!
    :’)

    • Reply
      Gizmo
      09 Fév 2015 2:27

      Heureusement pour nous, il est dans le domaine public. Je viens de le trouver (en VO), je te promets de le faire. Il a l’air grandiose (sans mauvais jeu de mot) !

  • Reply
    Kyra
    14 Fév 2015 1:14

    Je salue l’idée ! Ca change ^^

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