Interviews Séries 6

[ITW] Ludo & Oliv de WAKANIM


Aujourd’hui nous recevons deux jeunes créateurs d’entreprise qui ont mis en place il y a quelques mois WAKANIM.tv, une offre de simulcast qui vous permet de zyeuter vos épisodes de manga en même temps que leur diffusion au pays du soleil levant ! Ludovic et Olivier nous racontent leur parcours, et comment leur passion pour les anime leur a permis de concrétiser ce qu’aucun service de streaming français ne proposait jusqu’alors.


Kiss My Geek : Olivier, Ludovic ; bonjour, et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions ! Vous êtes tous les deux les fondateurs de Wakanim, dont les locaux sont aujourd’hui situés à la Plaine Images de Tourcoing (59). Pourriez-vous nous expliquer en quelques mots les services que vous proposez ?

  • Oliv & Ludo : Hello !
  • Ludo : WAKANIM est un éditeur indépendant de séries d’animation asiatiques.
  • Oliv : On diffuse et on distribue des séries quelques heures après le Japon (jusqu’à 1 heure après).
  • Ludo : On propose un modèle « freemium » c’est-à-dire avec une partie gratuite qui fonctionne de pair avec une autre payante. Chaque épisode diffusé est disponible pendant 30 jours gratuitement et en HD, essentiellement financé par la publicité. Quant au modèle payant, il est là pour assurer la continuité de la chaîne de production classique (diffusion TV, DVD, etc.), il permet également aux personnes de voir un épisode sans publicité, en streaming et en téléchargement.
  • Oliv : On propose aussi de l’ actu en direct du japon via Denys notre rédacteur qui est sur place.
  • Ludo : Et les séries que nous diffusons seront proposées bientôt en DVD sur notre site.
  • Oliv : Très prochainement on proposera d’autres services, mais on ne peut rien dire pour le moment…


KMG : Quels sont vos parcours personnels et professionnels respectifs ?

  • Ludo : Programmation depuis mes dix ans, je me suis vite retrouvé à en faire mon métier ^^ Ayant fait toutes mes études en alternance, je suis passé respectivement du rôle ingénieur dév, expert technique, responsable sécurité/qualité, chef de projet technique et maintenant chargé d’études et méthodes dans une agence web sur Lille. Je m’occupe de la partie technique de WAKANIM ainsi que de la présence web.
  • Oliv : Parcours dans l’audiovisuel (avec un BTS) puis une spé dessin-animé (à l’école « les Gobelins » à Paris). Des petites expériences professionnelles à droite à gauche avant de vraiment se lancer à pied joint dans l’expérience WAKANIM.


KMG : Comment vous est venue l’idée de créer cette plateforme ?

  • Ludo : WAKANIM est notre réponse en tant que fans d’animation, ne trouvant en 2007/2008 aucune offre adaptée à notre passion. Après quelques soirées et surtout quelques verres, nous avons pu en sortir une idée de concept qui serait réalisable. Le plus compliqué était de préparer le terrain pour se lancer dans l’aventure. Olivier et moi avons travaillé chacun de notre côté pour faire évoluer notre idée d’une telle entreprise. En janvier 2009 nous avons créé la structure, en mars, nous nous présentions au Japon afin de rencontrer les producteurs avec juste un dossier ! Et il aura fallu près d’un an et demi avant d’arriver à ce que l’on voulait : notre premier simulcast en octobre 2010.
  • Oliv : Puis on en est vraiment qu’au début, on a plein d’idées et de chantiers pour remettre au goût du jour l’exploitation des séries d’animation japonaises.


KMG : La mise en place d’un tel projet a dû représenter quelques difficultés ? Comme résumeriez-vous votre expérience de jeunes créateurs d’entreprise ?

  • Ludo : Si l’on a rencontré des surprises, assurément oui. Si l’on a rencontré des difficultés, un grand OUI. D’une part notre inexpérience nous a mené à de mauvaises pistes et à de nombreux faux espoirs (oui, il faut savoir qu’il y avait déjà des éditeurs en place, mais aucun avec notre modèle à cette époque). Ensuite nous sommes passés de nombreuses déceptions à quelques petits succès : une reconnaissance auprès des producteurs japonais, un soutien très fort de notre région (oui le Nord !) ainsi que de notre partenaire wat.tv, et des fans contents de découvrir des séries gratuitement et légalement. Nous avons pas mal appris, et surtout nous nous sommes rendu compte qu’il était difficile en tant que nouvelle entreprise de se faire une place face à des mastodontes qui ont plus de dix ans d’existence. Maintenant que tout est en place, nous remarquons que les choses ont pas mal évolué en France, même si forcément tout n’est pas de notre fait, nous pensons avoir contribué à l’émergence de nouvelles offres permettant aux fans de trouver une alternative aux systèmes plus classiques.
  • Oliv : Quand on veut innover, il faut prendre le temps de convaincre. Et comme au démarrage on était comme beaucoup d’étudiants en fin de cursus, un peu fauché, il a fallu trouver des personnes prêtes à investir dans nos idées. La jeunesse n’aide pas dans ces démarches on a vraiment dû forcer le passage à différents niveaux pour avancer. Finalement le plus simple et le plus rapide a été de convaincre les japonais, le marché français est vraiment frileux sur l’innovation.


KMG : Expliquez-nous comment un épisode d’anime arrive du Japon jusqu’à chez vous, puis chez nous.

  • Oliv : On travaille en partenariat avec les studios, généralement on reçoit les scripts 1 à 2 mois avant la diffusion, puis les épisodes une semaine avant. On traduit dans un premier temps le script, puis dès l’arrivée de l’épisode on se lance dans l’adaptation des sous-titres. On attend ensuite sagement la diffusion de la série au japon pour commencer notre propre distribution. Ce qui est plaisant c’est qu’on a un accès direct à l’équipe de réalisation pour poser nos questions sur des éléments de traduction (sur ce type de diffusion, comme on ne connaît pas l’histoire complète avant de commencer, c’est essentiel d’avoir un interlocuteur qui sait vers quoi aller). On vit avec eux les bonnes et les mauvaises surprises liées à l’audience et on échange sur les feedbacks des fans entre les différents pays.


KMG : Pourriez-vous donner quelques exemples des séries que vous proposez au visionnage ?

  • Ludo : Du plus déjanté (Trapèze), au plus « romantique » (Que sa volonté soit faite), en passant par des séries un peu orienté action (C – Control : The money of Soul and Possibility)…
  • Oliv : On propose aussi de l’heroic fantasy avec Slayers, du fantastique humoristique avec Rosario+vampire, et de la science-fiction avec Fractale… On essaie de proposer des séries pour tous les goûts…Et pleins d’autres titres sont en préparation.



KMG : Où en êtes-vous aujourd’hui ?

  • Ludo : Nous débutons notre mois d’avril avec 4 nouvelles séries (le double de séries diffusées depuis octobre ^^). Maintenant il reste à assurer toute la chaîne d’exploitation, avec la production des DVD/Blu-ray et la diffusion TV et nouveaux médias. Nous commençons à avoir une petite communauté qui est très demandeuse en service et évolution de l’offre. Nous commençons à industrialiser certains processus pour nous permettre de gagner du temps.
  • Oliv : Aujourd’hui on a un très fort soutien de la part du Japon (il y a même certains producteurs qui sont venus nous voir à Tourcoing et on a dû refuser de traiter des séries, vu la taille de notre structure), ils aimeraient voir des initiatives comme WAKANIM décoller.


KMG : Il y a quelques jours, vous êtes devenus lauréats LMI (Lille Métropole Initiative), qu’est-ce que ça représente à vos yeux ?

  • Ludo : Tout d’abord, une fierté personnelle, car cela nous permet de garder le contrôle sur notre société. Et encore une fois, un soutien sans faille de la région et de ses entrepreneurs qui s’intègre avec tous les autres dispositifs existants. Nous espérons en retour leur apporter notre brique à la nouvelle orientation Innovation de LMI car WAKANIM est plus qu’un défi technologique, il est surtout un défi de marché.
  • Oliv : Ce sont les initiatives de soutien comme LMI qui nous ont permis de concrétiser nos idées. Quand comme nous on n’a pas d’historique dans la création d’entreprise, LMI permet de trouver plus facilement des investisseurs, et d’avoir un dossier solide auprès des banques.


KMG : Quels sont vos projets à court et long terme ?

  • Ludo : Dans le court terme : adapter notre offre avec de nouveaux moyens de paiements, développer le côté social et intégrer les nouveaux médias. Nous souhaitons également renforcer notre équipe (aujourd’hui, chaque personne est un pilier de la structure). Pour ce qui est du futur, nous voulons nous étendre géographiquement, ne plus limiter le simulcast à Internet et surtout avoir plus de séries !
  • Oliv : Et pourquoi pas pouvoir proposer des œuvres un peu moins grand public, il y a des perles dans l’animation provenant de Chine, d’Inde et de Corée qui ne demandent qu’à trouver son public.


KMG : Attardons-nous maintenant sur les geeks qui sommeillent en vous… Mais d’abord : vous considérez-vous comme tels ?

  • Ludo : Si par geek on entend passer de nombreuses heures derrière le pc, ça oui c’est sûr. Mais féru de nouvelles technos et renouvellement d’appareils high-tech tous les 6 mois non. Je pense que je suis un geek modéré 😀 Par contre mon inscription récente à Twitter risque de me faire basculer dans le côté geek.
  • Oliv : Oui, dans le sens où je suis très bon public pour tout ce qui est produit culturel. Puis j’aime beaucoup les nouvelles technologies, surtout liés à l’imagerie.


KMG : Racontez-nous comment vous êtes tombés amoureux des manga et des anime !

  • Ludo : Le cliché voudrait que je dise « Par le club Dorothée mademoiselle ! », mais en fait c’est l’animation en général que j’apprécie, j’ai toujours préféré les dessins-animés aux séries quand j’étais jeune (jamais été fan de « Sauvés par le gong » etc. ^^). Pour ce qui est des mangas / anime, j’aime surtout le fait que ce soit très éloignés de ce que l’on pouvait faire en France (ceux qui ont aimés « Hé ! Arnold » savent de quoi je parle).
  • Oliv : J’ai toujours été scotché devant le dessins-animés, c’est quand même incroyable de se dire qu’il n’y a pas de limite dans l’imaginaire et dans les histoires qu’on peut raconter. C’est ce qui me plaît dans les animes, ils sont décomplexés… en France on est bloqués par les diffuseurs sur le stéréotype des dessins-animés pour enfant.


KMG : L’un de vous préfère-t-il d’ailleurs le support papier au support écran ?

  • Ludo : Le support papier pour moi est réservé à mes livres (principalement info / voyages) et à quelques mangas d’exception. Je préfère vraiment le support écran.
  • Oliv : J’aime la magie de voir des dessins bougés sur un écran, mais le charme du support papier me touche aussi


KMG : Quelles sont vos références dans le domaine ? Vos séries ou mangaka préférés ?

  • Ludo : Isao Takahata, Miyazaki, Production IG et par-dessus tout Eiichiro Oda ! Côté séries : Kaiba, One piece, Wolf’s rain, Basilisk, Samurai Champloo, Samurai 7, FMA, …
  • Oliv : Même liste en ajoutant les œuvres de Daï Sato, Cowboy Bebop, Ergo Proxy et les œuvres issues du studio Madhouse… Et une autre série qui m’a fait tomber de ma chaise : Noein, un petit bijou d’animation.


KMG : Est-ce qu’il y a un évènement consacré à la Japanimation en France que vous attendez particulièrement ?

  • Ludo : Le WAKANIM Tour ! Plus sérieusement, dans l’idéal nous aimerions descendre dans toutes les conventions, surtout pour participer aux actions de soutien au Japon.


KMG : Avez-vous d’autres passions geekes ?

  • Oliv : Les grandes sagas de science-fiction ! Les jeux de rôle PC avec un scénario (style Baldur’s Gate), les comics, les films pop-corn, les zombies, les aliens
  • Ludo : Le dev, les nouveaux médias, lire les blogs :p


KMG : Avant de nous quitter, vous n’échapperez pas à notre question rituelle… Quel est votre super-pouvoir de geek ?!

  • Oliv : Je peux déboiter et faire pivoter mes pouces à 180°, je suis donc imbattable aux combats de pouces.
  • Ludo : Je réussis à participer autant à mes passions qu’à garder une vie sociale !


KMG : Y a-t-il un endroit où nos lecteurs peuvent vous contacter s’ils ont des questions au sujet de WAKANIM ?

  • Oliv & Ludo : Pour nous contacter c’est très simple, il suffit de nous envoyer un mail à contact[at]wakanim[dot]tv, on répond à tous les mail, ça nous fait toujours plaisir d’avoir des feedbacks.


KMG : Merci à tous les deux, ainsi qu’à Jérôme Remoiville de la Plaine Images qui nous a mis en contact et à qui j’adresse un clin d’œil tout particulier !


Cinéma 2

Detective Dee & le Mystère de la Flamme Fantôme

Detective Dee et le Mystere de la Flamme Fantome

 

Le nouvel opus de Tsui Hark, sorti le 20 Avril dernier: Detective Dee & le Mystère de la Flamme Fantôme, est un must-see !! Ami fan d’arts martiaux, et toi petit geek pour qui le cinéma du genre n’a pas ou peu d’attrait, je vous assure que Mr Hark nous a sorti le grand jeu encore une fois ! Retour sur ce blockbuster chinois, entre cinéma fantastique et enquête de Miss Marple…

 

Le pitch façon Petits meutres entre ennemis au sein de la Cour Impériale
L’histoire se déroule en l’an 690, à Luoyang, en Chine, sous le règne de la Dynastie Tang, à la veille du couronnement de l’Impératrice Wu Zetian. Plusieurs dignitaires, dont le maître d’oeuvre d’une gigantesque statue commandée par la dirigeante elle-même, sont victimes de morts étranges et pour le moins fantastiques: transformés en torche humaine, et littéralement consumés de l’intérieur, ils meurent sous le regard ébahi du public, sans qu’aucune explication en soit trouvée.
Inquiète du retard causé par de tels évènements sur sa cérémonie d’intronisation, l’Impératrice Wu Zetian décide à contre-coeur de faire appel au seul homme capable d’élucider ces mystérieux meurtres: l’ancien Juge Dee Renjie, appelé aussi Detective Dee, homme qu’elle avait fait emprisonné 8 ans plus tôt, car il s’était opposé à elle…

 

Detective Dee

 

To Dee or not to Dee ?!
Que dire à part: film à grand spectacle et chorégraphies d’arts martiaux à couper le souffle ?!! 😀
(quoi, ça vous suffit pas comme résumé?!)
Les décors sont somptueux, entre les ateliers de ce grand Bouddha érigé en l’honneur de l’Impératrice, la seconde capitale, Luoyang, reconstituée en 3D (on se croirait dans Dynasty Warriors ^^), le Marché Fantôme et le Pavillon Interdit, bref: on voyage et on est transporté dans un monde vraiment bien reconstitué.

Quant aux héros, ils ont une vraie profondeur, notamment la terrible Impératrice (Carina Lau) et le juge Dee (Andy Lau) et son humour décalé, puis les personnages secondaires, Shangguan Jing’er, bras droit de la régente, interprétée par la jolie Li Bingbing, Pei Donglai (Chao Deng), un officier mandaté pour enquêter aux côtés du juge Dee, et enfin Shatuo, un des ouvriers du chantier du Grand Bouddha (Tony Leung Ka Fai) et ancien ami du juge avant son exil.

 

Detective Dee - Le Marché Fantôme

 

Wu Zetian

 

Shangguan Jing'er

 

Pei Donglai

 

Detective Dee & & le Mystère de la Flamme Fantôme reste dans la grande tradition chinoise du « wu xia pian » (film de sabre chinois), c’est un Hark classique, super-brossé visuellement, mais aussi un peu plus personnel, l’affection qu’il porte au personnage de Dee ressort bien dans le film.
Pour le reste, tant le scénariste, que le chef costumier et le reste de l’énorme équipe d’Hark ont fait d’intensives recherches sur la période qu’ils souhaitaient recréer, et pour le coup, s’il y a bien une chose qu’on ne peut reprocher au cinéma chinois, c’est son soucis du détail !!

Les chorégraphies des combats défient toute gravité (comme d’habitude !) mais c’est vraiment pour notre plus grand plaisir. D’ailleurs, si Hark a choisi Sammo Hung (IP Man), grand maître en la matière (et époustouflant chef d’orchestre sur ce film) ce n’est pas une coïncidence: pour ce film, des records ont été battus,  surtout en matière de scène d’action câblée (pas moins de 70 câbles pour une seule scène !)
De plus, Andy Lau et la belle Li Bingbing n’avaient aucune formation en arts martiaux, Sammo Hung est donc parti de zéro pour travailler avec eux (ça n’a pas dû être évident tous les jours ! surtout quand on sait qu’une fois le tournage d’une scène a duré plus de 16h !!)

 

Si on en vient aux effets visuels, décors et autres spécialités du film, on peut dire que ce genre de cinéma ne lésine pas sur les moyens, pas moins de 20 millions de dollars de budget ! Le plus étonnant reste la construction de la fameuse statue du Grand Bouddha (qui a coûté la modique somme de 12 millions de dollars) qui, dans le film est censé faire 120m de haut, et pour les besoins du film n’en fera en réalité « que » 80m !! (oui, vous avez bien lu !)

 

Andy Lau en suspension

 

Pour résumé, le film claque, les 2 heures de temps sont largement remplies d’action, de mystère et d’entertainment. On passe un très bon moment à chercher le pourquoi-du-comment des crimes, d’où vient cette mystèrieuse flamme meutrière, et qui est le méchant de l’histoire. Andy Lau incarne à merveille le juge Dee (et est vraiment :3), rien que pour lui et la réalisation de Mr Hark, cela mérite un passage au ciné le plus proche de chez vous !

 

Après Judge Dredd, Judge Dee !

 

Mais qui est donc le Juge Dee ?!
Le Detective Dee de Tsui Hark est une vision romancée et idéalisée d’un personnage ayant réellement existé: Di Renjie.
Un des officiels les plus reconnus sous le règne de la Dynastie Chinoise des Tang, il a notamment assisté en tant que grand chancelier à deux reprises, l‘Impératrice Wu Zetian pendant son règne. Homme très respecté pour son honnêteté et son esprit critique et franc, l’histoire lui attribuera le mérite d’avoir su modérer le règne de répression de Wu Zetian, en un règne plus juste.

Tsui Hark pour ce film, comme pour la majorité de ses réalisations, a compilé plusieurs années de recherches, lectures et documentation sur le personnage de Di Renjie. C’est lorsqu’il a reçu le scénario écrit par Chen Kuofu, qu’Hark a décidé de lancer un film historique à gros budget, basé sur ce personnage qu’il affectionne particulièrement. Lors d’une conférence de presse en 2009, Tsui Hark confiait d’ailleurs, de façon touchante, sa vision de Di :

C’était quelqu’un de très spécial, il possédait un intellect exceptionnel, suivait un code de bonne conduite et disposait d’une grande clairvoyance. Sa mentalité et sa philosophie sont très différentes de celles de Sherlock Holmes ou de James Bond. Il restera toujours un de mes personnages préférés, c’est pourquoi j’ai une vision très romantique de lui, vision qui doit restée immaculée.

Bien que le juge Di ait vécu assez vieux, Hark voulait l’incarner par un acteur romanesque:

Qui a dit que Di Renjie devait être dodu et vieux ?! Il pouvait très bien être plutôt beau gosse. Un mélange de sagesse et d’allure.

Outre le personnage historique, le juge Dee est aussi devenu héros de fiction, grâce aux romans policiers du hollandais Robert Van Gulik, puis grâce au français Frédéric Lenormand, avec sa série « Les nouvelles enquêtes du juge Ti« .

 

Le juge Dee = The Lau
Charisme, sagesse, humour… c’est ainsi qu’il va choisir Andy Lau, acteur célebrissime HK, et beau gosse attitré !
Andy Lau c’est un peu un héros, justement: non seulement acteur énormissime (Le Flic de Hong-Kong, As Tears Go By, Nos années sauvages, Running Out of Time, Fulltime Killer, Infernal Affairs, Le Secret des poignards volants, etc.), mais aussi hyper connu à Hong-Kong grâce à ses talents de chanteur (on appelle ça de la CantoPop là-bas! ^^) mais également producteur de films à ses heures perdues ! (c’est un peu l’équivalent de Robert Redford avec Sundance, en Chine, il est un peu découvreur de nouveaux talents dans l’industrie du cinéma HK)

Tout naturellement, quand Hark lui a proposé d’incarner le personnage de Dee, Andy Lau a accepté, très attiré par les abilités psychiques exceptionnelles du détective:

C’etait un psychologue judiciaire qui savait ce à quoi vous pensiez, juste en osbervant vos yeux, votre respiration, les pauses dans votre discours, il savait la moindre chose que vous cachiez, et c’était un détective mélancolique.

Du coup, Lau a pris son rôle au sérieux et a même suivi des cours de psychologie criminelle pour s’immerger à fond dans le personnage du juge (font pas les choses à moitié nos amis hong-kongais!).
Durant la conférence de presse, quand on lui a demandé comment l’incarnation du Dee a changé sa vie, il a répondu avec humour:

Maintenant, lorsque quelqu’un me dit que je suis vraiment adorable, je pense juste qu’on me ment !

 

Maître Hark en action

 

Maître Tsui Hark sur son arbre perché…
Tsui Hark, grand maître des films à effets spéciaux et cinéma grandiose « made in Hong-Kong », c’est le réalisateur de génie derrière d’immenses titres comme Zu, les guerriers de la montagne magique (1983), Shanghai Blues (1984), la série des Il était une fois en Chine (1991-94), Green Snake (1993), The Blade (1995), Time and Tide (2000), et dernièrement Seven Swords (2005)

Producteur, entre autres, de films tout aussi flamboyants, avec son ancien compère John Woo: Le Syndicat du Crime, The Killer,  ainsi que deux titres avec le réalisateur Ching Siu-tung: Histoire de Fantômes chinois (3 & 4)

Actuellement en post-prod, son prochain film intitulé The Flying Swords of Dragon Gate, film avec un budget de 35 millions de dollars, sera en 3D (une équipe HK a été spécialement formée pour l’occasion, par Chuck Comisky, le superviseur des effets visuel d’Avatar) Le casting du film promet puisqu’on  compte Jet Li et la belle Zhou Xun !

 

D’ici la sortie du prochain Hark en Europe (date inconnue pour l’instant, probablement 2012), ça vous laisse largement le temps de vus refaire quelques chefs-d’oeuvre du maître des films à grand spectacle (et de « qualitay ») lors d’une soirée entre potes, histoire de se détendre un peu, après ces fêtes de Pâques bien chargées en chocolat ! 😉

 

 

NDR: Detective Dee & le Mystère de la Flamme Fantôme a été nominé pas moins de 13 fois aux 30èmes Hong-Kong Awards (le 17 Avril dernier) et obtenu 6 récompenses, dont celles de Meilleur Réalisateur (Tsui Hark), Meilleur Actrice (Carina Lau), Meilleur Costume (Choo Sung-Bong), Meilleurs Effets Visuels (Phil Jones)

 

(Sources)
– Photos © 2011 Wild Side Films
Site officiel du film
Page Facebook

Article Wikipédia
Detective Dee Press Conference in Hengdian
Tsui Hark: Di Ren Jie / AndyLauSounds

 

Cinéma 3

[Trailer] Rise of the planet of the apes

Hein que quoi ? Un nouveau film basé sur l’univers de la Planète des Singes va sortir, vous le saviez ? Non ? Bah moi non plus.

Rise of the planet of the apes est une préquelle au film de Tim Burton sorti en 2001, et qui n’avait pas fait grande impression. Réalisé par Rupert Wyatt (who ?) et avec James Franco, le film révèle l’origine de la guerre qui a conduit à faire de notre bonne vieille Terre, la Planète des singes. Les effets spéciaux sont effectués par Weta, à qui l’on doit ceux du Seigneur des Anneaux et d’Avatar, autant dire qu’on peut leur faire confiance.

Le pitch :

Un jeune chercheur  mène des travaux scientifiques sur la maladie d’Alzheimer, et via un singe, il cherche un remède. Afin d’y parvenir, il fera évoluer un singe nommé César.  Ainsi élevé au rang des hommes, César se trouve en capacité d’amener son peuple (les singes) à dominer la Terre et à en faire une planète des singes.

C’est marrant, j’ai l’impression que tout le film y est résumé.

Sortie en salle le 10 août, on verra bien.

youtube=http://www.youtube.com/watch?v=rqyKYrDta_E&

Cinéma Dans Ton Cinéma 4

[DTC] Sorties de la semaine


Cette semaine, le geek va lâcher son bout de torrent et bouger ses fesses ankylosées jusqu’au cinéma le plus proche.



Si ça ne vous excite pas encore plus pour The Avengers...

Thor (Kenneth Branagh)

Ça fait des mois et des mois que toi, le petit fan de Marvel, tu attends ça. Des mois qu’avec quelques secondes d’un marteau planté dans le sable, Iron Man 2 avait fait le buzz. Des mois que les images, le casting sans cesse soumis aux rumeurs les plus folles, l’intrigue se dévoilent petit à petit, rendant à la fois sceptique et rêveur.

Ça y est, la longue attente est terminée car dès ce soir (si tu es un chanceux), tu vas pouvoir aller te faire ta propre opinion de ce que Kenneth Branagh a fait de la licence Thor, le super-héros créé des mains de Stan Lee et de Jack Kirby, ce qui en a notamment fait toute sa popularité. Quant au choix du réalisateur, on avoue qu’il laisse curieux… Mais d’abord… C’est qui, Thor ?

C’est l’un des guerriers les plus puissants d’Asgard, mais son arrogance et ses décisions téméraires vont provoquer une guerre parmi les siens (les Dieux germaniques, vous l’avez bien saisi). Jusque là on a de quoi se demande si on est bien devant un Marvel, et pas un énième repompe du Choc des Titans… Je vous rassure, on se rend compte rapidement que ça n’est pas le cas. En effet, pour le punir, son père Odin (Anthony Hopkins) le bannit et le renvoie sur Terre où il est condamné à vivre parmi les humains… C’est quand même pas mal la lose si l’on omet la rencontre qu’il fait avec une jolie scientifique du nom de Jane Foster (Natalie Portman ♥) qui va changer sa vision des choses… Heureusement,  Thor (Chris Hemsworth) va pouvoir se racheter lorsque les forces du mal de son royaume vont à se déchaîner sur la Terre : cela signe alors le moment parfait pour lui pour jouer à nouveau aux héros et, qui sait ?, se racheter.

Notez que Stan Lee fera une petite apparition dans le film, on vous laisse deviner où ! Ah et un conseil, comme pour Iron Man 2 : restez bien le cul vissé à votre siège jusqu’à la fin du générique 😉



Site officiel



A voir également :


A côté du géant Thor il passe presque inaperçu, néanmoins je voulais lui faire un clin d’oeil : Animal Kingdom, le premier long-métrage de David Michôd. Ce drame australien croule sous les récompenses (notamment le Grand Prix du Jury du Festival de Sundance) et met en avant un casting peu médiatisé si l’on omet la présence de Guy Pierce (Memento). L’histoire se passe à Melbourne et retrace la vie la famille Cody, constituée de  criminels. Un jour, un neveu éloigné fait son apparition, ce qui permet à la police de les infiltrer. Joshua devra alors choisir son camp… Je vous laisse zyeuter le trailer qui, moi, m’a faite saliver.


Site officiel



Sources et images via Allociné

High-Tech 1

Lifehacker le podcast qui t’upgrade le cerveau


Sup kissers ! Si vous êtes friands des DIY, HOW TO, WIFI BOOST, HACKIN LIFE  alors ce podcast est fait pour vous. Sinon, les autres il n’est jamais trop tard pour bien faire. Je suis le blog Lifehacker depuis environ 1 an et des poussières et je dois avouer que si je devais avoir un top 5 des blogs que je dois absolument visiter chaque jour, il en ferait clairement parti !

En plus du contenu écrit de LH, leur podcast vidéo apporte une réelle valeur ajoutée à leur blog. Ils ont su créer leur propre style visuelle et même si parfois, on a l’impression que ce sont des robots qui sont en face de la caméra, ce podcast reste très intéressant. Pourquoi ? Car ils arrivent à rendre le monde du « hack » / tech plaisant à regarder et surtout, ils donnent envie de bidouiller notre propre matos. Les fans du DIY (Do it yourself) auront déjà leur propre source (La grotte du barbu entre autre…) mais rien ne vous empêche de regarder ce qu’il se fait ailleurs. C’est toujours plus enrichissant !

Voici le dernier épisode en date, j’ai bien aimé le passage du disque dur direct dans le freezer, j’espère ne jamais tester cette expérience. 😉






Et en bonus, le premier épisode qui reste quand même très cool ! Mention spéciale pour le sweat transformé en sac pour son laptop !





N’hésitez à poster vos avis sur LH et surtout à visiter leur chaine Revision 3 !

Enfin bref tout ça pour dire que je ne me lasse pas de regarder tous les Lundis un nouvel épisode de LH et puis ça me donne pas mal d’idées pour Coups Critiques… Stay tuned 😉

Lifehacker est un podcast vidéo de Revision 3 en anglais sur le Hacking, DIY, Tech… Geek stuff. Tous les lundi sur Revision3.com /Lifehacker.com

Jeux Vidéo 3

[Nintendo] Le successeur de la Wii enfin daté !

Projet café controleur sortie en 2012


[MAJ!] Du neuf ! (voir liste des rumeurs)

Après toutes les rumeurs concernant le fameux Project Café, le contrôleur présumé (voir header), les dates de sorties imaginées, etc, Nintendo a finalement lâché l’info. Project Café sortira donc en 2012, vers Avril selon Kotaku.

Project Café est un hybride de Wii et de console next-gen, proposant une architecture puissante, dépassant apparemment les deux consoles tenant la tête du marché au niveau hardware. Cela reste encore une rumeur, et peut encore être infirmé, mais Nintendo en a besoin afin de se relancer, vu la défaite de la Wii, réservée à un public plus familial (sauf rares exceptions @ Madworld), face à ses concurrents qui étaient tout de même plus axées core gaming.

Pour rappel, voilà les différentes rumeurs :

  • elle s’appellerait Stream
  • une manette  half-pad, half-écran tactile qui permettrait de streamer la console directement dessus, donc de jouer sans télé !
  • une puissance incontrôlaaaaable
    • Processeur : IBM PowerPC trois cœurs custom
    • Puce graphique : AMD (ATI) – une série R700, avec shader, plus récent que sur la Xbox 360
  • une rétro-compatibilité Wii, voire Gamecube (?)
  • un percolateur 13 bars
  • probablement de la même taille qu’une Xbox 360
  • ressemblerait à une Super Nintendo améliorée
  • des jeux au format Blu-Ray (source)
  • un passage (enfin !) au 1080p

On attend avec impatience la présentation du Project Café à l’E3 de cette année afin de pouvoir vous en dire plus, restez aware des nouveautés, et si vous avez du complément, hésitez pas à me contacter sur koroeskohr@kissmygeek.com !

Source : Kotaku et Jeuxvideo.fr

Sociologeek 8

[Sociologeek] : Mozafucking word !

Il était temps dans Sociologeek de faire le tour de toutes ses expressions qui forment notre patrimoine oral, à nous, les geekous.

Vous avez c’est sur vos gimmicks, piochant dans moultes références, mais certaines expressions peuvent être dégainées comme des colts pour trouer la peau d’un Dalton refractaire, et ces expressions sont généralement magiques.


WHAT THE FUCK ! ==> Véritable institution chez le geek qui se respecte. WTF c’est un mode de vie, un état d’esprit, presque une spécialité, une signature. Mattez d’énormes fails de cosplays et vous vous surprendrez à lacher un magnifique WTF bien placé. S’accompagne généralement d’une moue à avaler les mouches, ou à sucer des Mister Freez d’une taille Lexington-ienne


WHAT THE HELL ! ==> Version polie du WTF, pour ne pas avoir à lacher un énorme « FUCK » lorsque vous êtes accompagné. A utiliser donc dans les soirées de l’ambassadeur


POWNED, POUNEUDE, OWNED, OUNED ==> De quoi affirmer sa supériorité, par la démonstration d’un fait simple, énoncé à un esprit faible.


EPIC ! ==> Peut être suivit d’un « FAIL » ou « WIN », ou utilisé tout court, démontre une certaine envie, presque un besoin de reconnaissance, d’un fait accomplit ou raté, par un pair ou par soi-même.


DTC ==> Action de remballer, par l’orifice rectal, un méchant vilain. Comparable à OWNED. Attention toutefois. Le DTC n’est pas à placer entre toutes les mains. Un DTC mal placé, peut se révéler être un EPIC FAIL, pensez au timing, aux combos possibles


RTFM ==> READ THE (ou DA) FUCKING MANUAL. Magique. Une aura d’énervement entoure cette expression, celui qui la prononce se voit propulser directement  au rang de MAITRE CONNAISSEUR DE L’UNIVERS. A utiliser pour faire comprendre à un Kikou qu’il est un Kikou. Ou à un Kevin qu’il est un Kevin. A utiliser cas de question débile de votre interlocuteur uniquement, ne vous exposez pas à un DTC violent.


FINISH HIM ==> A utiliser après un magnifique combo DTC -> OWNED pour achever définitivement votre interlocuteur. A prononcer avec une voix de gros bucheron.


FAKE ou FAIQUE ==> C’est un peu le « J’ACCUSE » de Zola à la sauce moderne. L’envie de démontrer à son interlocuteur que « Damn dude, you’re doing it wrong »


Et vous quelles sont vos expressions préférées ?

VULCAIN !

Cinéma Divers 9

[Dossier] La Vague Ninja des années 80/90 Part I

ninja

Ils sont partout et sont arrivés en masse lorsque la plupart d’entre nous étions gosses ou pas encore nés. Ils sont devenus peu à peu des personnages récurrents dans l’univers des jeux vidéos…  Non je ne parle pas des Kebabs bœufs, mais de ces personnages souvent vêtus de noir et doués pour les acrobaties et la magie : Les ninjas !

On les utilise aujourd’hui dans de nombreuses vidéos humoristiques et comme un terme du vocabulaire des mmos(se faire « Ninja » un loot). Ils sont si populaires qu’ils viennent squatter dans les livres de règles de donjons et dragons et dans la biographie de Frank Dux. Déclinés à l’infini dans de nombreux films d’actions des années 80, vendus en figurines plastiques et devenant même parfois un métier de rêve pour les gosses (qui écrivent sur la fiche pour le prof que, plus tard, ils veulent devenir Ninja) ils sont devenus des icônes à part entière.

C’est une bonne raison pour faire un dossier sur eux et sur leur apparition massive dans les années 80 et 90. On commencera par une sorte de point culture afin de les replacer dans leur contexte historique. Bien évidemment tout cela ne sera qu’un vaste résumé (mais ça fait quand même un putain d’pavé) mais celui-ci servira à déterminer le « véritable » ninja à titre de comparaison avec la figure pop dont nous parlerons plus tard.

Guerrier en position mudra entouré par de nombreux génies. Kuniyoshi (1843)

Foutoir originel

Lorsqu’on se penche sur les ninjas, on se rend vite compte qu’ils ont finalement bien caché leur histoire. On en sait peu sur leurs premiers pas et sur l’origine historique de ces personnages.  Néanmoins plusieurs hypothèses et influences ont été retenues pour expliquer l’origine et l’apparition des ninjas.

Ils furent mentionnés pour la première fois lors de la période Muromachi (1378- 1489) comme des hommes venant des régions d’Iga et de Koga capables de s’introduire dans les châteaux et de se faire passer pour des alliés aux yeux des ennemis. Néanmoins on ne sait pas précisément depuis quand ce type de mercenaires existaient puisque l’art de l’infiltration et de l’espionnage était déjà mentionné dans l’art de la guerre de Sun Tzu, importé au VI ème siècle au Japon.

On peut cependant comprendre un peu mieux l’arrivée des ninjas en observant de plus près les régions d’Iga et de Koga. Celles-ci sont naturellement entourées de montagnes avec au sud la région de Kumano réputée pour ses pirates qui utilisaient des techniques de grappins pour aborder les navires (similaires à celles des ninjas donc).

Aussi, les régions montagneuses du Japon accueillaient des moines et des ascètes (Yamabushi) qui voyaient ces zones de relief comme un endroit idéal pour s’isoler et se rapprocher de la nature. Les Yamabushi recherchaient à maîtriser le Shugendo, concept ésotérique visant à développer des pouvoirs spirituels, mystiques voir magiques.  Cette pratique du Shugendo allait également de pair avec une pratique des arts martiaux quotidienne. Il est donc très probable que les Yamabushi eurent une influence  sur le développement du Ninjutsu.

Yamabushi armé d'une Naginata

Les régions d’Iga et de Koga étaient indépendantes et n’étaient pas soumises aux taxes ou au contrôle d’un daimyo ( Gouverneur de province ou seigneur). Celles-ci attiraient donc des guerriers sans maître (les fameux ronins) et des étrangers en exil (surtout Chinois et Coréens) qui apportaient avec eux des techniques de combats.

On peut ajouter à cela le fait que les ninjas étaient vu comme des eta (parias ) ou hinin (les non humains) bref comme des sous merdes liés aux métiers du cuir et du sang ou touchant de près ou de loin à la mort (bourreaux par exemple, croque mort) ou à la mendicité et autres activités . On peut aussi voir l’origine du ninja comme ayant été influencé par ces classes sociales, en particulier lorsque l’on sait que celles-ci incluaient des gens du spectacle et donc éventuellement des « magiciens » et vagabonds.

Jiraya attaquant le serpent Orochimaru, personnage de conte japonais repris par le kabuki , Jiraya est décrit comme un magicien et un ninja. Il inspira le personnage éponyme de Naruto. (Utagawa Kuniyoshi)

Qui étaient-ils, quel était leur rôle ?

Le terme ninja et la tenue noire sont tout particulièrement récents. On appelait davantage les Ninjas par le terme Shinobi ou  par celui d’hommes d’Iga et de Koga. Pour ce qui est de la combinaison noire, celle-ci n’apparaît qu’à partir de 1780 en des peintures pour illustrer des chroniques militaires et plus tardivement au XIX ème siècle pour illustrer des personnages légendaires,encenser une histoire passée voir carrément les utiliser comme personnages diaboliques pour des illustrations érotiques. Les véritables Shinobi étaient d’abord des mercenaires employés pour des sièges ou des assassinats mais aussi en des gardes du corps et des espions. Ce qui explique qu’ils furent à leur apogée lors des périodes de guerre et en particulier pendant la période Kamakura ( 1192-1333) et la période Sengoku (1400 – 1603 ).

Tentative d'assassinat sur Oda Nobunaga par Manabe Rokuro déguisé en ninja. Tayonobu publication en 1883

Malgré cette idée préconçue de tenue noire et de super espion on sait que les ninjas utilisaient en effet des outils diverses et variées : grappins, shurikens (armes de jets), sabres courts (Ninjato) , diverses griffes et fléchettes, voir même des sortes de petits clous qu’ils lançaient derrière eux et qui s’enfonçaient dans les sandales de leurs poursuivants. Mais,bien souvent, le ninja se cantonnait à investir un château à l’aide d’un déguisement pour ensuite l’incendier et s’enfuir (ce qui ne se faisait pas sans perte). Il arriva aussi que ceux-ci furent employés à détruire des digues pour inonder une province adverse ou à renforcer celles de leurs employeurs.

Entrainés aux tactiques de guérilla, les ninjas n’avaient donc que peu d’utilité lorsqu’il s’agissait de s’affronter dans une bataille rangée classique. L’exemple le plus frappant est lorsqu’Oda Nobunaga (personnage influent dans la réunification du Japon pendant l’ère Sengoku) décida d’en finir avec l’indépendance de la région d’Iga (entre 1579 et 1581) , ses generaux essuyèrent deux échecs face aux stratégies de guérilla adverse. Lors de la troisième tentative, Oda Nobunaga serait intervenu lui même en dispersant ses armées sur tous les chemins d’accès possibles à la région d’Iga. Face à un trop grand nombres de soldats et ne pouvant agir en tous côtés, les ninjas d’Iga ne purent utiliser leurs tactiques de guérilla et furent vaincus. Les survivants durent s’exiler (bon nombre d’entre eux iront d’ailleurs trouver refuge auprès des Tokugawas)mais la plupart des familles de ninja furent massacrées, ce qui porta un coup féroce aux écoles de Ninjutsu de la région qui ne s’en remettront jamais complétement.

Contrairement aux personnages de la classe guerrière (les samouraïs), les ninjas, issus de régions indépendantes ou de sous castes, n’étaient pas tenus de respecter le code du guerrier, le Bushido.  Ce qui se traduit par le fait que ceux-ci n’hésitaient pas à s’enfuir, à éviter le combat direct et qu’ils étaient capables de se déguiser et de commettre des assassinats commandés. Il n’est pas non plus question de loyauté chez les ninjas, il arriva souvent en effet que ceux-ci se retournèrent contre leurs employeurs à causes de disputes. Et même si certains clans avaient leurs propres ninjas comme les Takeda, ceux-ci prenaient la précaution de retenir femmes et enfants des espions en otage par sécurité. Les ninjas employés par les Takedas participèrent également à l’extraction minière de quartz et de cristal : cela démontre qu’ils étaient capables d’utiliser leurs compétences en dehors d’une situation guerrière.

Une des premières illustrations d'un ninja vêtu de noir, réalisée par Okada Gyokuzan en 1802

Une singulière doctrine, le ninpô :

On retrouve le caractère nin dans Ninjutsu , Ninja et Ninpô, dont on doit en faire la lecture comme shinobu ou shinobi on peut traduire le terme comme l’endurance, la persévérance, la vigilance constante mais aussi l’application du tranchant du sabre à ses pensées et à son égo.  Le ninpô, c’est donc un ensemble de techniques de combat qui est tourné vers la survie et l’adaptation en toutes circonstances ce qui implique une profonde connaissance de la nature, une discipline constante, et une importante ouverture d’esprit. C’est pourquoi le Ninjutsu comprend des techniques vastes qui comprennent évidemment plusieurs styles de combat mais également de la psychologie et des tours de passe passe.

Le caractère nin peut cependant aussi se lire shinobaseru qui se traduit par furtif, secret, dans ce sens le ninjutsu est la pratique de celui qui agit en secret.

Par le sens de ces deux termes liés aux apprentissages des ninjas de nombreuses interprétations affirment qu’il s’agit donc dans le Ninpô d’apprendre à endurer mais pas seulement dans le cas des dangers concrets mais aussi dans ceux plus spirituels de la pensée. Le pratiquant se doit de lutter pour la survie mais aussi contre son égo afin de conserver un éveil sur les choses qui l’entoure.  Il n’est donc pas question d’orgueil et de faits d’armes dans le ninjutsu.

Hatsumi Masaaki Soke, héritier de l’école Togakure ryu et fondateur du Bujinkan (le ninjutsu moderne), affirme qu’il est nécessaire d’avoir l’esprit similaire à celui d’un enfant et que la pratique du Ninjutsu est fortement liée au néant et à la fluidité naturelle. De fait, il est particulièrement difficile de montrer des choses spectaculaires lorsqu’on observe des pratiques de Ninjutsu par l’intermédiaire d’un appareil photo ou d’une caméra. Hatsumi parle également de l’importance de la pratique des arts. Un état d’esprit qui rappel le personnage de Musashi Miyamoto, célèbre escrimeur Japonais qui était doué pour la peinture et qui affirma l’importance d’un état d’esprit qui se devait de compléter la simple technique.

Si l’on peut se poser la question de la part spirituelle plutôt gentillette de la pratique du Ninjutsu lorsque l’on sait leur implication dans des assassinats, on peut  néanmoins voir l’influence de l’évolution des familles d’Iga et de Koga dans un milieu en montagne avec une nature forte et inhospitalière .  La tonalité plus spirituelle et pacifique du Ninjutsu moderne démontre également que celui-ci n’est pas une pratique avec une doctrine fixe mais que celle-ci a su évoluer au cours du temps et de l’histoire du Japon.

Les ninjas furent en effet présents encore fortement durant la période Edo, du fait de leurs liens privilégié avec Ieyasu Tokugawa (notamment du fait de son lien avec Hattori Hanzo, survivant d’une grande famille de la région d’Iga  et de l’aide que celui-ci lui apporta lorsque Ieyasu Tokugawa du fuir les armées de Mitsuhide Akechi suite à l’assassinat d’Oda Nobunaga), ils devinrent alors des gardes du corps du Shogun les Oniwaban ou des agents du gouvernement employés pour surveiller les seigneurs éloignés. Du fait de la peine de mort pour les duels ou à l’interdiction de dégainer un sabre dans l’enceinte du château d’Edo, les ninjas ont su adapter leurs techniques vers le désarmement d’un adversaire et le combat à main nue afin d’éviter de causer la mort.

Pour conclure :

Si les ninjas étaient bel et bien des experts dans les domaines de l’infiltration et de l’espionnage, ils n’avaient pas les pouvoirs surhumains et l’aspect diabolique qu’on leur prête.  La tenue noire et le port de la cagoule demeurent également sujet à caution, même s’ils portaient des tenues et une armure particulière ils l’enlevaient bien rapidement pour se déguiser et se confondre avec les gardes ennemis. C’est donc l’image romancée et poétique du ninja qui fut transmise dans la culture pop, ce qui donne un caractère humoristique fort au Ninja des jeux vidéos et des bons vieux films de baston lorsqu’on connaît un peu plus leur histoire. Cela n’a cependant pas empêché la présence de jeux et de films intéressants, et malgré les erreurs de ceux-ci la vague des années 80 et 90 a permis de reconstruire l’image des ninjas et d’en savoir plus sur eux par l’intervention des historiens et des héritiers des écoles classiques d’arts martiaux.

Attendez vous donc à voir déferler dans le prochain épisode de ce dossier des affiches bidons, des extraits de films bourrés de scènes de violence gratuite et d’exploits improbables et enfin des jeux vidéos qui ont bercé l’enfance de certains !

Sources :

Ninpô ninjutsu, l’ombre de la lumière, Kacem Zoughari, Guy trédaniel éditeur.

L’essence du ninjutsu, les neuf traditions, Masaaki Hatsumi, Budo éditions

Histoire du Japon, Danielle Elisseeff, éditions du Rocher

Wikipedia(ben ouais !)

Vintage Ninja



Kapow! Lectures

[Kapow!] Goldfish

Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler d’une sortie mensuelle, faut dire qu’on a pas grand chose à se mettre sous la dent, mais d’un véritable coup de cœur : Goldfish de Brian Michael Bendis.

Je crois qu’on ne doit plus présenter le bonhomme, son boulot chez Marvel avec Alias, Daredevil, ou les crossover House of  M et Secret Invasion sont de véritables must-have. Mais il était un temps où Bendis n’était qu’un simple auteur indépendant et c’est à cette époque qu’il a pondu Goldfish, un véritable polar dans la veine des Sin City de Miller.

Goldfish était un petit arnaqueur et un joueur hors pair qui a du quitter Cleveland pour échapper à Lauren, sen ex-femme qui est devenue la reine du crime. Il est maintenant de retour, prêt à se venger et par la même occasion récupérer son fils.

Si on aime le boulot de Bendis, c’est majoritairement pour le traitement de ses personnages et leurs dialogues. Goldfish n’y échappe pas , les personnages sont on ne peut plus humain et charismatiques. Bendis nous plonge avec une étonnante facilité dans ce polar psychologique qui aura une fin lourde de conséquences. Tous les codes du genre sont respectés et donnent une ambiance cinématographique avec des dialogues aux petits oignons. Et quand il n’y en pas, ce sont des grandes cases silencieuses mais très dynamiques qui prennent le pas et qui semblent être tirées d’un bon vieux polar des familles.

Comme je vous disais, ça sent bon le Sin City, et cette impression est renforcé par des dessins en noir et blanc faits par Bendis lui-même. On se demande même pourquoi l’auteur n’a pas continué à illustrer tant les planches sont étonnantes de réalisme. Le travail sur les ombres y est par exemple extraordinaire.

Un vrai polar à l’ancienne, des personnages charismatiques, des dessins sublimes, il n’en faut pas plus pour vous laisser tenter. Alors foncez, surtout qu’il ne coûte plus qu’une misère (5e sur Amazon).

Interviews 4

[ITW] John Noble

Vous le connaissez sûrement pour son rôle de Walter Bishop dans Fringe, ou encore de l’intendant Denethor dans Le Seigneur des Anneaux, je veux bien entendu parler du génial John Noble ! Dimanche dernier, j’ai eu le privilège de pouvoir l’interviewer lors de la Sci-Fi Convention, ce fut un des plus beaux moments de ma courte vie et je vous le fais partager aujourd’hui. Enjoy !

KissMyGeek : Qu’est ce qui vous a intéressé dans Fringe ? Pourquoi avoir voulu rejoindre le casting ?

John Noble :  Ce que je savais de Fringe, c’est que J.J. Abrams qui produit la série a une grande réputation et que le rôle de Walter Bishop semblait avoir été fait pour moi. Avant même que je le sache, ma fille m’a contacté et m’a dit « Papa, ce rôle est fait pour toi ! ».  Donc j’ai appelé mon manager qui m’a dit « Non non non, tu es bien trop jeune pour ce rôle, ils ne voudront pas de toi !» mais après ils m’ont rappelé pour le faire. Donc ce rôle était fait pour moi, voilà la raison.

KMG : Walter est quelqu’un d’assez d’instable, est-ce que ça a été difficile pour vous de jouer quelqu’un comme lui ? Est-ce que c’était un challenge ?

JN : Oui bien sûr que c’était un challenge, parce que j’ai du faire deux sortes de recherches. La première concernait l’histoire de ces scientifiques des années 80 qui faisaient des choses extraordinaires ou durant la Guerre Froide par exemple, parce que Walter en faisait partie. Et je devais potasser toutes ces théories scientifiques contemporaines. Je devais aussi m’informer sur les séquelles que laissent certaines drogues et les répercussions sociales de l’enfermement, de l’isolement. Donc j’ai du faire énormément de recherches sur ce qui peut se passer dans la tête de quelqu’un  qui a besoin de drogue, de  quelqu’un qui a subit une électrothérapie et jusqu’à quel point cela peut vous enfoncer.

KMG : En quoi Walternate diffère du Walter que nous connaissons ? Pensez-vous que sa cause est justifiée ?

JN : Oui, totalement. En 1985, ces deux hommes étaient très semblables, puis Walter a volé le fils de Walternate. Celui qui a volé le fils doit payer pour sa faute. Et il a payé pour ça, sa femme s’est suicidée et il est devenu fou. L’autre doit chercher à se venger  donc il prend un autre chemin. Ce sont deux hommes très intelligents, très puissants. Donc je comprends Walternate, je comprends pourquoi il est devenu ce qu’il est. Je serais comme lui si quelqu’un volait mon fils.

KMG : Trouvez-vous que Fringe reflète les problèmes de notre société, en particulier les mauvais effets de la science ?

JN : Je crois que la science n’est ni mauvaise ni bonne,  la science est magnifique,  c’est une recherche d’une part de vérité. La science est parfaite et pure. Mais comment vous l’utilisez bien entendu… La fusion  nucléaire est une chose extraordinaire, mais si vous l’utilisez mal, vous pouvez fabriquer des bombes. Donc c’est notre usage de la science qui peut être mauvais. Non la science est pure, il n’y a pas de moralité, c’est juste magnifique d’être suivi, d’être examiné, parce que c’est nous et nous sommes une part du cosmos, chaque cellule de notre corps est une part de ce cosmos. J’aime la science.

KMG : Pouvez-vous nous parler de la saison trois, devons-nous nous attendre à un gros cliffhanger ?

JN : Oh oui, un énorme cliffhanger ! Vous savez à la fin de la saison 2 nous avons introduit l’univers parallèle et il y a une sorte de conflit entre les deux mondes. Durant la saison trois, nous passons beaucoup de temps dans cet univers alternatif, pour approfondir les personnages et comprendre leur vie. Ils pensent incorrectement qu’un seul des univers doit survivre. Ce n’est pas vrai, la science vous dirait qu’il y aurait une balance, mais pas une destruction obligatoire. Mais ils l’ont oublié. Et donc ils se préparent à une guerre. Toutes les guerres sont ridicules, sérieusement. A la fin de la saison trois, nous voyons tout cela monter en puissance, jusqu’à la limite d’un armageddon, et là arrive le cliffhanger. C’est ce qui va se passer.

KMG : Quelle a été votre réaction en apprenant que Fringe avait été déplacé en deuxième partie de soirée le vendredi ?

JN : C’est une très bonne initiative. Le jeudi n’était pas une bonne plage horaire pour nous, nous étions au milieu de la « télévision populaire » comme Grey’s Anatomy, CSI…  Ce n’est pas le genre de séries avec lesquelles nous pouvions cohabiter. Nous avions des bonnes audiences, mais nous n’aurions jamais du nous trouver là. Donc oui, le vendredi soir est très bien pour nous, c’est une plage où X-Files a eu ses très bons résultats et c’est la plage où nous en aurons. [Ndlr : la série continue néanmoins à avoir de très faibles résultats]

KMG : Un de mes épisodes est Brown Betty de part son atmosphère très film noir et ses moments de comédie musicale. Est-ce que cela a été compliqué pour vous de chanter devant la caméra ?

JN : Non, pas du tout ! [rire] Ecoutez, tous les jours dans Fringe on nous demande de faire des choses incroyables du genre « oh mon dieu, je dois chanter, je dois danser » ! Vous n’avez pas à penser à tout ça, vous devez juste le faire et c’est une chose extraordinaire à propos de la télévision. Par exemple, on peut me dire « Ecoute John, nous avons besoin que tu chantes dans l’épisode de demain, pourrais-tu choisir entre ces deux chansons ? » et je suis là « Oh ? Okay» [rire] Tout est vraiment très rapide.  Ou alors ils m’ont dit « oh, tu dois inventer une danse pour demain », c’était dans la saison 1. Comme je n’avais aucune idée j’ai appelé ma fille et lui ai dit « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire ? ! » alors je lui ai passé un morceau de musique et elle m’a dit « oh fais ça fais ça ! » et je l’ai fait le lendemain ! C’est vraiment fou, vraiment rapide.

KMG : Je sais que vous interprétez un personnage dans le jeu à venir L.A. Noire, pouvez-vous nous parler de cette expérience ?

JN : Bien sûr, je pense que L.A Noire innove énormément d’un point de vue technologique. Je ne sais pas si vous avez vu les premières images  mais la possibilité de montrer les expressions sur les visages est quelque chose que l’on n’a jamais vu auparavant. Et cela créé un énorme intérêt dans le monde entier, c’est le premier jeu vidéo qui a été invité dans un festival cinématographique par exemple. Et c’est vraiment énorme parce que cela introduit le jeu vidéo dans le monde du cinéma et de la télévision. Vous savez les gens disent que la télé réalité enlève tout, peut être oui, mais ce jeu, c’est un drame [Ndlr : le genre hein…] mais c’est aussi de la réalité en un sens puisque ce sont vos choix qui influenceront l’histoire. C’est très intéressant.

KMG : Dernière question, pourquoi les gens doivent regarder Fringe ?

JN : Fringe est la meilleure série que j’ai jamais vu. Je crois que les gens doivent d’abord regarder les saisons précédentes en DVD avant de se lancer parce qu’ils seraient complètement perdus en prenant en cours de route. Ensuite ils pourront rattraper la diffusion en cours et comprendre ce qui se passe. Pour moi, Fringe est vraiment la meilleure série à la télévision.

Et voilà ! Oui, je sais, on en voudrait encore, mais mon temps était limité. Je vous conseille donc de suivre cette excellente série qu’est Fringe et vous dit à plus tard pour d’autres nouvelles croustillantes !

English Version :

KMG : What interested you in Fringe and why did you want to join the cast ?

JN : What I knew about Fringe what that J.J Abrams who producing has a very strong reputation and that the role of Walter Bishop seem like it was made for me. Even before I knew about it, my daughter contacted me and said “Dad, this role has been made for you !” and so I called my manager who said “No no no, you’re ay too young for this role they don’t want to see you !”. But then later they called me to do it. So that’s the reason.

KMG : Walter is quite unstable, what was the most difficult part playing someone like him ? Was it a challenge ?

JN : Yes of course it’s a challenge because I needed to do two bodies of research. One body of research into the history of the scientists of the 80’s who were doing extraordinary things, or during the Cold War and anything. And he was part of that Walter. I needed to read up extensively, as I do anyway, on contemporary  theories. And I needed to research the after effects of certain drugs, and the social after effects of carceration, isolation. So I did a quite a lot research into what main reasons will exist for someone who had use to that need drugs, someone who had been subjected to electric shock therapy. That was my researchs.

KMG : How does Walternate differ from Walter ? Do you think his purpose his fair ?

JN : Yes, totally, I think so. You know, in 1985, these two men were very similar. One steals the child, one has the son stolen. The one who steals the son must pay for his sin and he pays for his sin, his wife commit suicide and he goes mad. The other one must seek revenge so he’s driven in another way. They’re both very smart men, very powerful. So I understand Walternate, I understand why he is like he is. I will be like that if someone stole my son.

KMG : Do you think Fringe reflect the problems of our society, especially with the bad effects of science ?

JN : I think science isn’t bad or good. No science is beautiful, science is an investigation into find a bit of truth. Science is perfect, it’s pure. But how we use it of course… Nuclear fusion is a beautiful thing, but if you use it incorrectly you could make bombs. Because, science is pure, there is no morality in science. It is just beautiful to be followed, to be examined. Because it is us and we are in, and we are a part of the cosmos, every cells in your body is a part of this extraordinary cosmos. So I love science.

KMG : Can you talk about the season three and where the show is heading at the end, can we expect a huge cliffhanger ?

JN : Oh yeah, huge cliffhanger ! Because at the end of season two, we introduced the alternative universe and they is a sort of a conflict. In the season three, we spent a lot of time in the alternative universe, meeting the characters and understanding there lives. And then eventually, they believe incorrectly that only one could survive. That’s not correct in science, science would tell you that they will be a balance, not a destruction. But they forget this and they go to war. All war is ridiculous, seriously. At the end of season three, we see this come together into almost an Armageddon, and then we cliffhangered.

KMG : What was your reaction to the show being moved to the friday night ?

JN : Good move, it’s a really good move. thursday was not a good night for us, it was in a middle of popular tv : Grey’s Anatomy, CSI… These are not the show that we acquit with. We did very well but we shouldn’t have been there. So Friday night is a great night for us, it’s a night The X-Files made great and it is the night we will made great.

KMG : One of my favorite episode is Brown Betty because it mixes a noir atmosphere et musical moments. So do you like to sing ? Was it a challenge for you to sing in front of the camera ?

JN : No ! No no no ! [laugh] Look, everyday one Fringe we get presented to things like “oh my god, I have to sing, I have to dance, whatever !” You don’t think too much about It, you just do them and it’s an extraordinary thing about television.  Or they said to me “Oh John, we need you to a song in this episode starting tomorrow, could you chose between these two ?” and I said “oh, okay !”.  [laugh] I mean it’s really fast. Or for example they said to me “Oh you have to invent a dance for tomorrow !”, this is in season one. So I called my daughter and I said “What do I do ?!” and I played a piece of music and she said “Do this dad, do this !”. And so, this is crazy, very fast.

KMG : I know that you play a character in the upcoming videogame L.A Noire, can you told about this experience ?

JN :  I think L.A Noire is groundbreaking the technology. I don’t know if you see the shorts, but the ability to show expression on the faces never been seeing before. It’s created an enormous interest around the world, it’s the first ever game to be invited to a film festival. This is really big. It’s really big because it introduces games into the world of film and  television . I think it’s very much a part of the future. You know because people say reality television is taking away, well maybe, but what this is, it’s drama ! That’s reality in a sense that your choices will affect the story. Very interesting.

KMG : Last question, why people must watch Fringe ?

JN : Fringe is the best produced show I ever saw. I think it helps if people watch the previous seasons in DVD’s because it’s quite difficult to step in now. So I really recommend to people who haven’t watch it before to get the DVD’s and watch more; and then they’ll catch up and they will understand. In my opinion, Fringe is the best show on television.