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[Test] Night Call

Night Call

Si Night Call vous propose d’incarner un chauffer de taxi parisien, dites-vous bien l’ambiance est bien loin d’un Jet Set Radio ! Au compteur, vous trouverez plutôt une bonne dose de film noir et une autre de slasher… À peine réveillé d’un coma dans lequel un tueur en série vous a plongé, la Police vous presse d’enquêter sur son identité…

Taxi Gamer

Édité par Raw Fury (Kingdom, Bad North…), aucun doute que cette créa’ de BlackMuffin et Monkey Moon les fait entrer dans la cour des grands. Ces petits studios français qui n’ont pour l’instant pas beaucoup fait parler d’eux balancent ici du lourd : une présence médiatique remarquée ces derniers mois, une identité visuelle aux petits oignon, une musique digne d’un double AA, et surtout une écriture des plus soignées.

Cette écriture, c’est très clairement la force de Night Call. Et pour un jeu narratif, on a bien envie de vous dire : heureusement ! Mais il faut avouer que c’est toujours avec joie que l’on met en avant ces créations hexagonales… Le sens du romanesque et l’amour de la bonne plume font partie des fiertés de notre pays adoré. Et Night Call y rend hommage. Tout comme il rend hommage à sa vie parisienne, à la fois très éloignée et tellement proche de tous les clichés que l’on s’imagine et que le jeu nous sert.

Night Call

Dans Night Call, vous incarnez donc un chauffeur de taxi de nuit (parfait pour l’ambiance) missionné par la Police. Votre métier vous permet de voir défiler toute la vie parisienne dans votre taxi, l’opportunité parfaite pour tenter d’identifier celui ou celle qui a tenté de vous tuer…

Le jeu se scinde donc en 2 phases de gameplay :

  • Chauffeur de taxi : de nuit, vous avez à disposition une carte de Paris sur laquelle les portraits de vos clients apparaissent. À vous de choisir lesquels servir. Chacun d’entre eux vous indique une destination à laquelle est attachée votre prix. Une fois le client à bord, un dialogue se déclenche. Selon vos réactions, vous débloquerez plus ou moins d’indices qui feront avancer votre enquête. À l’écran, une jauge de temps restant et d’essence apparaissent. Vous allez donc devoir gérer correctement votre temps pour récolter le plus d’indices et d’argent possible ! En effet, il vous faudra veiller à aller refaire le plein régulièrement pour ne pas tomber en panne. De même, à la fin de chaque nuit, vous aurez des frais impondérables qu’il vous faudra payer sous peine de Game Over ! Vous êtes donc là pour la parlotte, certes, mais il vous faudra aussi prêter une attention toute particulière au porte-monnaie…
  • Enquêteur : une fois votre nuit terminée, vous rentrez chez vous. Mais la journée n’est pas finie. En effet, sur les murs de votre petit appartement parisien, vous faites face à un tableau sur lequel vous avez épinglé les indices, eux-mêmes reliés aux portraits des suspects que la police vous a communiqué. Collectionner ces indices va vous permettre de déduire au fil de l’histoire derrière qui se cache le tueur recherché. Malheureusement les liens entre les indices et les suspects se font d’eux-mêmes, ce qui rend la mécanique plus simpliste qu’intéressante…

Vous avez 7 nuits devant vous pour démasquer le tueur. En effet, à la fin de ce délai, la Police viendra vous demander des comptes (pour une raison que je préfère ne pas vous spoiler). Pendant ces 7 nuits, il va donc falloir être malin et bien calculer : qui vous prenez dans votre taxi, pour quel montant, etc. Inutile de dire qu’il est indispensable de lire les dialogues attentivement pour vous permettre de bien interpréter ce qui se retrouvera sur le tableau accroché chez vous…

Bien que tout ce gameplay puisse sembler routinier, Night Call vous prépare quelques surprises : rencontres impromptues, passé sombre de votre personnage, événements cachés sur la carte… Autant de petites friandises qui viendront agrémenter vos tournées. Je n’en dis pas plus !

Paris, Paris Uber allez !

Certes, le jeu de mot dans cet intertitre est tiré par les cheveux. Sûrement plus, d’ailleurs, que les enquêtes proposées par Night Call.

Avec une galerie de plus de 70 personnages différents (à collectionner dans un « Passidex », wink wink), les possibilités de dialogues sont impressionnantes. Au bout de 6 heures passées devant l’écran, je n’en ai pas encore fait le tour…

Cette variété nous donne donc le droit de s’attendre à devoir mener une enquête tordue qui va mettre nos neurones à rude épreuve… Force est de constater que ça n’est malheureusement pas le cas ! 3 niveaux de difficultés sont proposés, parmi lesquels j’ai choisi le « normal ». Je m’attendais à en chier un minimum et… En fait non. Au bout de la 2ème nuit environ, à chaque fois mes soupçons prononcés pour l’un des suspects se sont trouvés avérés. Coup de chance ? Si mon bol s’était limité à la première enquête, j’aurais pu le croire ! Néanmoins, comme ça s’est répété sur la deuxième, force est de croire que je ne suis pas simplement un génie de l’enquête criminelle… (Vraiment pas.)

Un peu frustrant, donc, de trouver aussi facilement le coupable à la 2ème nuit et de devoir attendre la 7ème pour le confirmer.

Frustration elle-même fortement liée à l’impossibilité de passer les textes ou les cinématiques… Étant donné que les premières parties amènent assez facilement à un game over, je vous laisse imaginer mon agacement à devoir spam mon clic gauche pour faire passer plus rapidement les centaines de lignes de dialogue déjà lues plusieurs fois…

Night Call

Les game over justement parlons-en : il y a plusieurs façons d’y faire face. Pour ne pas vous divulgâcher toute l’expérience, je ne vous parlerai que de celui qui a mis mes nerfs à rude épreuve et qui est lié à l’équilibrage du jeu. Comme dit plus haut : à la fin de chaque nuit, les taxes tombent. Et si vous n’avez pas ramassé assez d’argent, vous tombez dans le rouge. Et là pas le choix : fin de la partie. Partant de là, rien de bien grave puisque vous pouvez recharger le jeu au début de la même nuit. Néanmoins, il m’est arrivé à 2 reprises d’être dans un cul-de-sac financier dans lequel il m’était impossible de sortir. C’est à dire que les taxes étaient de toutes façons tellement importantes par rapport à l’argent qui me restait en début de nuit qu’il m’était impossible d’y remédier, même en effectuant un maximum de courses… Une seule solution alors : recommencer l’enquête au complet (à la nuit 1)… Et c’est tout simplement décourageant quand ça vous arrive à la nuit 5 et que vous savez que vous ne pourrez passer ni les cinématiques ni les dialogues…

J’ai eu le coup sur la première et la troisième enquête : et c’est ainsi que Night Call a sonné le glas de ma patience. J’ai alors préféré m’arrêter là et vous livrer mon test.

En effet, le jeu propose 3 enquêtes, chacune offrant une durée de vie de 1 à 2 heures. Point d’orgue de ma déception : chacune des 3 enquêtes est une répétition de la première. Seul le nom du tueur et des suspects changent, mais l’histoire reste exactement la même… Ce qui m’a laissé un goût doux-amer de foutage de gueule, je ne vous le cache pas.

On additionne tout ça pour un total de 20€ : je terminerai donc en disant que la note est peut-être un peu salée… En quelques mots : Night Call fourmille de bonnes idées, mais sa mécanique d’enquête simpliste, sa répétitivité scénaristique et ses quelques petits défauts d’usabilité gâchent un peu le tableau de bord. Rien qu’une mise à jour ou deux ne puisse résoudre, on en est certains. Reste donc à espérer qu’il soit dans les plans du studio de peaufiner tout ça pour un road trip mémorable !

On a aimé :

  • L’écriture plutôt réussie
  • La musique
  • La direction artistique dans son ensemble

On a moins aimé :

  • Les mécaniques d’enquête simplistes
  • Quelques personnages vraiment cliché qui n’apportent pas grand chose à l’histoire
  • Les 3 enquêtes identiques

Craquez vos PO si :

  • Vous aimez les jeux d’enquêtes narratifs
  • Vous voulez soutenir la scène indé frenchie
  • Vous voulez découvrir un concept de jeu original

Quittez la partie si :

  • Vous n’aimez pas lire
  • Le genre du film noir ne vous séduit pas
  • La vie parisienne vous angoisse

 Night Call – Black Muffin – Monkey Moon – Raw Fury

Disponible sur PC (consoles prévues courant 2019)

A partir de 19,99 €

 CE TEST A ÉTÉ EFFECTUÉ SUR UNE VERSION FOURNIE PAR L’ÉDITEUR 

Taxi d'ennui

Night Call fourmille de bonnes idées mais sa mécanique d'enquête simpliste, sa répétitivité scénaristique et ses quelques petits défauts d'usabilité gâchent un peu le tableau de bord. Rien qu'une mise à jour ou deux ne puisse résoudre, on en est certains. Reste donc à espérer qu'il soit dans les plans du studio de peaufiner tout ça pour un road trip mémorable !

6
Note finale:
6

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