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[Kapow!] Harley Quinn Tome 1

critique harley quinn tome 1

Kapow! c’est votre chronique hebdomadaire qui vous parle des dernières sorties comics en kiosque et librairie.

Retour aujourd’hui sur le Tome 1 de Harley Quinn édité par Urban Comics regroupant les 8 premières parutions de la version New 52 de la psychopathe de DC Comics.

Harley est sans nul doute le personnage féminin de comics que j’apprécie le plus. Il faut dire que j’ai été marqué tout petit par son apparition dans la série animée Batman de 1992. Et je pense ne pas être le seul. C’est donc avec une joie à peine cachée que je me suis mis à la lecture de ce premier tome consacré à ses aventures en solo contenant les parutions Harley Quinn #0 à #8 ainsi que le Secret Origins #4. La déception fut grande.


I’m so lonely

Le Joker n’est plus là (contrairement à ce que la couverture légèrement mensongère du recueil laisse entendre), Harley doit se débrouiller seule et décide donc prendre un nouveau départ. Belle coïncidence, elle hérite d’une grande propriété à Coney Island. Problème, elle hérite aussi des locataires qui vont avec, mais aussi des frais occasionnés. L’argent ne coulant pas à flot, elle doit se trouver un travail, voire deux. Harley rendosse alors son costume de psychiatre, dans une maison de retraite cette fois-ci, et se trouve une passion pour le roller derby. Les choses vont légèrement se compliquer lorsqu’elle apprend qu’un contrat est mis sur sa tête ou lorsque Sy Borgman, espion à la retraite, viendra lui demander de l’aide afin d’éliminer 4 espions russes septuagénaires.  Voilà le programme orchestré par les scénaristes Amanda Conner et Jimmy Palmiotti. Et si vous vous dites que cela n’envoie pas vraiment du rêve, vous aurez complètement raison.

Pourtant, le récit démarre sous les plus belles augures en nous montrant Harley devant ses propres responsabilités. Un pan qui sera vite oublié et laissera place à des petites histoires toutes plus inconsistantes les unes que les autres. Il faut dire que voir Harley sauver des animaux de l’euthanasie, c’est mignon tout plein, mais pas franchement palpitant. Et dire qu’elle a fait appel à Poison Ivy pour cette dangereuse mission… Même la trame fil rouge des chasseurs de prime n’arrive pas à tenir ses promesses et se conclut bêtement. Concrètement, seule l’histoire avec Sy Borgman arrive à sortir son épingle du lot puisque les deux personnages forment un joli duo et proposent quelques scènes d’anthologie. Aussi, les dessins de Chad Harding n’aident pas à s’impliquer dans le récit, tant le monsieur semble peiner à composer avec l’univers décalé qu’on lui a confié.







The psychiastrist with a mouth

Seulement voilà, cette enchaînement de petites histoires se résolvant en une dizaine de pages est légitimé par la volonté de DC Comics de s’ouvrir à un plus grand public et donc de proposer un registre plus léger. Ainsi, Harley se retrouve avec une personnalité assez simpliste, tournée vers l’humour (souvent noir), la dérision et la non prise de tête. En clair, l’arlequin est la fofolle de service. Je ne suis pas certain que c’est ce qu’avaient Paul Dini et Bruce Timm en tête lors de sa création, mais soit. Le soucis, c’est que Conner et Palmiotti en font des tonnes et utilisent la même recette tout le temps, à savoir que les tenants des intrigues proviennent du décalage entre la situation et le côté farfelue de Harley. Pire encore, il y a une grosse impression de déjà vu. Laissez-moi vous décrire la nouvelle Harley. Harley a la blague facile. Harley tient des propos imaginaires avec Bernie, son castor empaillé. Harley a un goût excessif pour la violence. Harley aime la malbouffe. Oui, vous l’avez compris. Harley est Deadpool. Alors je ne suis pas hermétique à ce genre de personnage, bien au contraire. Mais il faut que cela soit maîtrisé, presque justifié. Là, cela ne l’est clairement pas. Les gags fonctionnent une fois sur dix, soit parce qu’ils sont téléphonés, soit parce qu’ils virent dans le lourd gras à la Bigard, mais aussi parce qu’ils sont bien trop présents.  Ce qui en résulte – et je n’aurais jamais cru l’écrire un jour – c’est que Harley Quinn est devenue une vraie tête à claque et il est absolument impossible d’avoir une once de sympathie pour elle.

 

On se rattrapera alors avec le Secret Origins inclus dans l’album nous contant une version différente de la création du personnage, par Harley elle-même. L’histoire a le mérite d’être plus inspirée, plus sérieuse, même si assez éloignée des origines que nous connaissions réellement.


En Bref

Harley Quinn Tome 1 est assez surprenant. Si l’on se prendra à rire quelques fois, ce ne sera qu’une maigre consolation face à l’océan de gags lourdingues servis et la platitude du personnage. Force est de constater que la nouvelle ligne éditoriale de DC Comics concernant Harley lui fait perdre sa consistance, sa personnalité, et à peu près tout ce qui était apprécié chez elle. Voilà ce qui arrive lorsque l’on veut ratisser trop large. 

 

 

Harley Quinn – Scénario : Amanda Conner, Jimmy Palmiotti – Dessin : Chad Hardin – Urban Comics – 233 pages – 19€

 

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1 Comment

  • Reply
    Kyra
    17 Août 2015 6:47

    Harley n’est plus :/

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