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[Test] La Terre du Milieu – l’Ombre de la Guerre: Adopte un Orque

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Zigouiller de l’Orque, arpenter le Mordor, huiler son armure elfique et détacher ses cheveux longs; oui, vous êtes bien de retour dans l’univers du Seigneur des Anneaux. L’Ombre de la Guerre s’annonce épique, puisant dans les idées géniales de son prédécesseur pour nous resservir le couvert de la guerre contre Sauron et ses nombreux capitaines et chefs de guerre. L’occasion de renfiler les bottes de Talion le Rôdeur et de chauffer la voix caverneuse de Celembrimbor pour trancher des têtes dans la bonne humeur.

Situé entre les évènements du Hobbit et du Seigneur des anneaux, l’Ombre de la Guerre reprend l’histoire là où l’Ombre du Mordor l’avait laissé. Talion, Rôdeur ayant perdu sa famille lors d’une attaque d’orque, est maudit et condamné à errer entre la vie et la mort. Dans son errance, il est aidé par un spectre elfique du nom de Celebrimbor. Ensemble, ils arpentent les terres du Mordor en quête d’une vengeance, traquant les orques de la Main Noire responsables. L’Ombre de la Guerre débute lors de la forge d’un nouvel anneau de pouvoir par Celebrimbor, dans le but de détruire Sauron. C’est en possession de cet anneau de pouvoir que Talion va pouvoir dominer les orques et construire une armée afin de conquérir le Mordor.

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Némésis

Telle est la promesse: devenir un véritable Chef de Guerre et gérer des armées afin de prendre possession de forteresses lourdement gardées. Les développeurs de Monolith ont pour cela misé sur l’atout majeur de l’Ombre du Mordor: son système de Némésis. Chaque orque rencontré sur le champ de bataille possède sa propre personnalité; si l’un d’entre eux parvient à tuer le joueur ou à survivre à sa rencontre, il devient l’un des leaders de l’armée de Sauron. Il augmente ainsi sa puissance et devient un boss à part entière qu’il faudra vaincre pour affaiblir l’armée de Sauron. Chacun des capitaines ou chefs de guerre possède ses propres atouts et faiblesses que le joueur doit ensuite exploiter pour parvenir à remporter la victoire.

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Et ce système de Némésis a été bien plus approfondi dans l’Ombre de la Guerre. Chacune des cinq régions du Mordor possède sa forteresse occupée par un chef suprême que vous devrez destituer, ayant sous ses ordres chefs de guerre et capitaines. Chaque capitaine possède sa personnalité, mais également ses bonnes ou mauvaises relations avec les autres capitaines. Il n’est pas rare ainsi de voir un capitaine tenter d’en tuer un autre afin de prendre sa place. Toute la hiérarchie militaire orque est extrêmement dynamique, ce qui enrichi énormément la façon dont le joueur évolue dans cet univers, les rencontres avec les différents capitaines étant très fréquentes. Et chaque rencontre est une petite perle: le leader orque se présente, interrompant la mêlée pour un monologue parfois un peu long, mais créant ainsi une ambiance unique. Voir arriver sur le champ de bataille Ushak Le Décapiteur ou bien Târz Le Rimeur (s’exprimant uniquement en rimes) ne donne clairement pas la même émotion, et cela rend justement le système Némésis très puissant.

La fabrique d’histoires

Mais ce système prend vraiment son sens lorsque les orques dominés par Talion entrent en jeu. Dès qu’il est possible de dominer un orque avec l’anneau, celui-ci devient votre serviteur, infiltré dans les rangs ennemis. Il pourra alors espionner ou tuer les autres capitaines, et trahir son chef de guerre. Les capitaines orques convertis peuvent également devenir vos gardes du corps, intervenant sur le champ de bataille à votre demande pour vous aider. Vous pourrez également envoyer vos larbins s’endurcir dans la fosse, où vous assisterez au combat en tant que spectateur, espérant que vos protégés parviennent a terrasser leurs adversaires pour monter en niveau… Ou bien pour recruter le tueur de votre dernier garde du corps!

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Mais les relations entre les orques vont bien au-delà de ces fonctions; durant ma partie, j’ai été amené à rencontrer un chef Olog-haï, croisement entre un troll et un orque. Celui-ci m’a demandé un effort considérable pour être vaincu, puis dominé, afin d’en faire un garde du corps légendaire. Ce n’est que quelques heures plus tard que j’ai découvert son lien de sang avec un autre leader orque que je venais de décapiter… Fou de rage, mon garde du corps gigantesque a décidé de me trahir, de me réduire en purée à l’aide de sa massue avant de briser en deux mon épée arrachée sur mon cadavre. Une humiliation qu’il ne manque pas de me rappeler chaque fois que je le rencontre ensuite sur le champ de bataille. Et ce n’est ici qu’un petit exemple des nombreuses histoires que l’Ombre de la Guerre vous permettra de vivre avec les différents orques.

L’Ombre de l’Ombre du Mordor

Je pourrais passer des heures à raconter les rebondissements des relations avec les orques que propose ce système Némésis. Il est réellement le point fort du jeu. Car en dehors de cet atout, l’Ombre de la Guerre est très semblable à l’Ombre du Mordor. Pour une suite directe, cela ne pose pas de problème pourrait-on dire. Sauf que le syndrome Assassin’s Creed semble flotter au-dessus de la licence… On en retrouve d’ailleurs tous les éléments: des tours à escalader afin de permettre de repérer les objectifs de la région, des combats basées sur les contres en QTE, de grandes espaces vides que l’on parcourt en courant d’un bout à l’autre et une fâcheuse tendance à la collectionnite aiguë pour prolonger la durée de vie. Des éléments de jeu qui sont certes bien réalisés, mais dont l’utilisation excessive dans le jeu vidéo ces dernières années a ôté toute saveur en 2017. Je ne parlerai d’ailleurs pas du système de micro-transactions permettant d’acheter des caisses de matériel, parceque… non.

Le scénario de l’Ombre de la Guerre n’aide pas à relever le niveau. Bien qu’ancré dans les grands moments de l’histoire de Tolkien, l’histoire est rapidement confuse, décousue et portée par des personnages secondaires aussi charismatiques que des poules dans une basse-cour. En dehors des personnages emblématiques de l’univers, les rencontres de Talion et Celebrimbor ne parviennent pas a créer un réel attachement ou quelconque intérêt pour leur cause. Arachnée, Gollum, Sauron ou encore les terribles Nazguls sauvent la mise en devenant les piliers sur lequel repose tout l’intérêt du scénario. Et soyons honnête, graphiquement le jeu ne fait pas de miracle. Il ressemble à s’y méprendre à son ancêtre, ce qui vous laissera la fâcheuse sensation de jouer à un jeu daté de 2014…

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En complément de l’action intensive des combats, le jeu lorgne également sur le roleplay quant il s’agit de personnaliser Talion. Armes, armures, bottes, arc, tout l’inventaire du bon petit aventurier est présent. Talion est également livré avec un arbre de compétences assez conséquent qui permettra, au fil des level up, d’enrichir le héros en capacités et techniques de massacre plus variées les unes que les autres. Les amateurs de sport équestre retrouveront d’ailleurs la capacité de Talion à chevaucher la faune (et la flore): caragor, graug, ainsi que les tout nouveaux drake (sorte de dragons utilisés par les Nazguls) sont « chevauchables », permettant de varier les plaisirs de la boucherie montée ou simplement utilisés comme d’excellents moyens de transports.

Le mot de la fin

Que l’on soit un adepte du genre ou non, L’Ombre de la Guerre a le mérite de donner un puissant souffle de vie à un univers peu représenté (de façon qualitative) dans le jeu vidéo. Pouvoir prendre part aux évènements et rencontrer quelques personnages clés du Seigneur des Anneaux suffisent à faire naître un sentiment de joie chez nombre d’entre nous. Et lorsque le tout est soutenu par un système d’ennemis et d’alliés aux personnalités aussi multiples que fantasques, interagissant entre eux et avec/contre le joueur pour créer des histoires uniques à chaque partie, il est difficile de ne pas se laisser séduire. Finalement, c’est peut-être cela le but de l’Ombre de la Guerre: donner aux joueurs l’occasion de flirter avec le don de Tolkien, celui de raconter des histoires, de créer des légendes à partir de ses expériences. L’Ombre de la Guerre est un recueil de récits dont vous êtes le héros.

On a aimé :

  • Le système Némésis (encore)
  • Dérouiller de l’orque
  • L’univers de Tolkien joliment mis en avant

On a moins aimé :

  • Le scénario qui ne transcende pas
  • Les objets et artefacts à collecter… vu et revu…

Craquez vos PO si :

  • Vous vivez dans un trou de Hobbit
  • Vous rêvez de vivre des aventures
  • Une bande de nains s’est installée chez vous

Quittez la partie si :

  • Vous détestez Tolkien et ce qui s’en rapproche
  • Vous n’en pouvez plus des jeux d’action/exploration/RPG
  • Vous n’approuvez pas la vision artistique de Peter Jackson

La Terre du Milieu: L’Ombre de la Guerre – Monolith Production – Warner Bros. Interactive Entertainment

49,99 €

Price Minister

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Le test a été effectué sur une version offerte par l’éditeur.

Shadow of War

Mythomordor

Des têtes coupées, des flèches qui volent et des orques par dizaines, l'Ombre de la Guerre fait honneur à l'univers de Tolkien. Malgré quelques défauts et un scénario plus qu'oubliable, on gardera du jeu son génialissime système Némésis qui vous ferra vivre de nombreuses histoires et revirements de situations. Inscrivez-le sur votre liste de Noël!

7
Note Globale:
7

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