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[Critiques] Pilotes : Lucifer, Blindspot et Minority Report

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Dans la nuit de Dimanche à Lundi, les pilotes pour trois séries à venir ont leaké. Leur qualité laisse penser qu’ils ont été rippés depuis un DVD de preview à chaque fois. Bref, je les ai regardés pour vous et vais à présent vous livrer mes impressions. Les pilotes en question sont pour les séries Lucifer (Fox), Blindspot (NBC) et Minority Report (Fox également). Prévues pour le 21 Septembre dans le cas des deux dernières citées et pour début 2016 dans le cas de Lucifer, ces séries vont-elles occuper nos bandes passantes ? Les spoilers seront évités au maximum dans l’article qui suit.

 

Lucifer

 

Je ne vais pas vous mettre le Lulu beau gosse, il faudra vous contenter de l’écran titre. Marre des BG ! (j/k)

 

Basé sur le comic book créé par Neil Gaiman (que je n’ai pas lu, je ne vais pas vous mentir), Lucifer conte l’histoire du personnage éponyme (joué par Tom Ellis) après qu’il a quitté l’Enfer pour s’installer à Los Angeles et y gérer un bar. Amusé et intrigué par les êtres humains, il utilise son pouvoir sur eux pour les influencer et arriver à ses fins. Quel est ce pouvoir ? Il les pousse à avouer leurs désirs les plus secrets. Oh ! Et il est immortel aussi évidemment. Bref, le pilote tourne autour de l’enquête pour résoudre le meurtre de Delilah, une chanteuse que le Prince des Enfers a lui-même propulsé sur le devant de la scène. Du coup, il se sent investi et veut trouver le responsable en aidant l’enquêtrice Chloe Dance (jouée par Laura German) qui, ça tombe bien – ou pas –, est la seule personne qui semble être immunisée contre le pouvoir de notre héros. En parallèle, on découvre Amenadiel (D.B. Woodside), un ange déterminé à faire en sorte que Lucifer retrouve la place qui lui a été attribuée par leur Père (Dieu pour ceux qui ne suivent pas), et Mazikeen (Lesley-Ann Brandt), une sorte de gérante adjointe du bar de Lucifer et démone donc. Le penchant qu’a son patron pour les humains, qui semble le rendre plus doux, moins impitoyable, l’inquiète grandement. Il se pourrait donc que dans les futurs épisodes, elle et Amenadiel joignent leurs forces pour ramener Lulu parmi les 9 cercles. Mais ce n’est qu’une supposition.

 

L’acting est bon, la réal fait le job mais le tout ne m’a pas vraiment enchanté. Entre les dialogues (et surtout les one-liners) qui tentent de vous arracher un sourire aux forceps toutes les trente secondes, le côté faussement witty vraiment cliché du personnage principal – évidemment il est charmant puisque c’est le diable donc il a un accent anglais et un sourire en coin permanent – et la tension Lucifer-Amenadiel qui ne prend pas, je ne suis pas sûr que la série s’oriente dans le bon sens. De plus, le côté procédural de ce pilote rend la trame très prévisible et ennuyeuse. Reste à voir si le reste de la série changera de format. Allez, je lui laisserai sa chance avec deux ou trois épisodes.

 

Blindspot

 

– Bon Gérard, on met quoi comme image pour représenter la série ? Il faut attirer du monde.
– Gonzesse à poil ! *filet de bave qui tombe lentement*

 

Tout commence par un duffel bag abandonné au milieu de Times Square. Des démineurs sont dépêchés sur place mais c’est en fait une jeune femme nue recouverte de tatouages (Jaimie Alexander) qui sort du sac. Elle est donc interrogée et on apprend qu’elle est complètement amnésique. Elle ne sait ni qui elle est, ni pourquoi elle était dans ce sac, ni ce que représentent ces tatouages sur son corps, tous faits d’une traite (la vache, elle supporte bien la douleur quand même !). Arrive alors l’agent Kurt Weller (Sullivan Stapleton) du FBI à qui l’on explique que Jane Doe – pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est le nom qu’on donne aux femmes dont on ignore l’identité aux USA – a son nom tatoué sur la moitié supérieure du dos et qu’il sera donc chargé de résoudre tout ce mystère. Le pilote est construit autour d’une enquête (encore une) pour déjouer les plans d’un terroriste chinois nommé Chao dont l’adresse faisait partie des inscriptions encrées sur le corps de notre mystère sur pattes.

 

Bon alors que dire ? C’est une série d’enquête-action avec un fil rouge sous forme de conspiration criminelle internationale. Ce n’est pas la première du genre et pour l’instant elle n’apporte rien de dramatiquement nouveau donc si vous aimez ce style, jetez-y un œil, sinon passez votre chemin. Les personnages ne sont pas particulièrement bien (ni mal) écrits, les dialogues non plus même s’ils gagneraient à être moins descriptifs de choses qu’on devrait sentir à l’écran comme par exemple les démons intérieurs qui travaillent les héros ou l’inquiétude ressentie par Jane Doe. Les scènes d’action sont correctes, sans plus. Les révélations tiennent globalement la route mais celle dévoilée à la fin enterre à mon avis toute possibilité de mener à bien ce projet. Si vous voulez, c’est un peu le même problème qu’avait le pilote de Wayward Pines : trop de révélations censées être mind-blowing qui, en fait, provoquent plutôt des « Ouh lala t’es parti trop loin garçon, tu pourras jamais donner une explication qui tienne la route avec tout ça ». C’est avéré dans le cas de la série de M. Night Shyamalan, Blindspot a encore l’occasion de me faire mentir. A suivre… De loin… Si j’ai le temps.

 

Minority Report

 

L’effet douloureux que provoque le visionnage de ce pilote. Allégorie.

 

Il semblerait que ce soit le seul des trois pilotes à ne pas être une version définitive puisque la Fox a fait un reshoot pour une scène supplémentaire. Néanmoins, une scène ne suffira pas à gommer tous les problèmes qui se sont entassés dans ces trois quarts d’heure. La série Minority Report se déroule 10 ans après les événements du film du même nom. Les precogs – pour rappel ce sont les trois frères et sœur qui sont branchés à des ordis et qui prédisent les meurtres à venir – ont été relâchés puisque le programme Pre-Crime a été abandonné. L’un d’eux, Dash (Stark Sands), a décidé de s’installer en ville pour tenter d’avoir une vie normale. Toujours hanté par les visions des meurtres, il aimerait bien en empêcher ne serait-ce qu’un mais sans les informations perçues par son frère, il n’a pas assez de données pour accomplir cette tâche. Par un heureux hasard, il va donc se retrouver à faire équipe avec l’enquêtrice Lara Vega (Meagan Good) pour tenter de sauver des gens. Parallèlement, la sœur de Dash tente de le convaincre de revenir se cacher avec elle et leur frère. « Se cacher ? Mais pourquoi ? » vous demandez-vous très justement. Parce qu’ils ont été relâchés mais on ne leur a pas donné d’identité, ils n’existent pas officiellement et ils ont peur que des gens les exploitent pour leur pouvoir. Oui oui. « Mais… S’il a décidé de les relâcher (ce qui est déjà étonnant en soi), pourquoi le gouvernement ne les a pas aidés à se créer une fausse vie, un genre de programme de protection ? » Oh mais arrêtez de poser des questions embarrassantes, le script ne peut pas tout prévoir !

 

Donc vous l’avez compris, il y aurait déjà pas mal de boulot pour que l’idée de base tienne debout. Mais ce n’est pas tout puisque de « voyants spécialisés en meurtres », les precogs sont passés à « devins tout court qui savent quand se baisser pour éviter un projectile ou quand leur partenaire va recevoir une crotte de pigeon ». Soit, c’est pas encore trop grave. Ensuite, vous vous demandez probablement si les fameux mouvements des doigts gantés de Tom Cruise pour contrôler les ordinateurs sont de la partie. Après tout, c’était joli, ça faisait plaisir. Alors à ce propos… Bon déjà exit les gants mais pourquoi pas, la techno a pu évoluer en 10 ans. Mais alors c’est quoi l’intérêt de gesticuler dans tous les sens pour que ça fasse absolument n’importe quoi ? Dans « motion control », il y a « control » ! On dirait que les scénaristes se sont dit « Ils veulent des mains qui bougent et des trucs qui se passent alors on va faire ça ». Vous pouvez vous dire « ce sont des détails » mais moi j’y vois plutôt une incompréhension totale du matériau de base. Venons en aux vrais problèmes : les personnages sont totalement incohérents, les acteurs sont globalement mauvais, le rythme est pourri, les effets spéciaux pas terribles et l’intérêt de la série nul. Je pense que je ne peux pas faire plus clair. C’est un plantage complet. Le minimum quand on reprend de l’existant (surtout vieux de 13 ans), c’est d’y apporter un souffle nouveau et des moyens à la hauteur de l’ambition. Là, on n’a ni l’un ni l’autre (du moins j’espère pour l’argent parce que sinon c’est vraiment gâché). J’ai perdu 45 minutes à regarder ça (et j’ai mal au front à force d’enchainer les facepalms), je n’en perdrai pas une de plus.

 

La saison 2015/2016 ne commence donc pas sous les meilleurs auspices en ce qui concerne les nouvelles séries TV avec deux pilotes en demi-teinte et un désastreux (tout ça nous fait regretter les nouvelles séries de cet été). Espérons que les autres remonteront le niveau. D’ailleurs quelle nouvelle série attendez-vous avec impatience cette année ?

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