Jeux Vidéo Tests & Critiques 2

[Test] Anthem

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Durant l’E3 2014, BioWare teasait la sortie d’un jeu énigmatique en montrant la météo et la gestion du jour et de la nuit dans de jolis paysages. En 2017, Electronic Arts présentait dans sa conférence de presse le teaser d’Anthem, dévoilant forêts et armures robotisées en 4K, et un premier aperçu du gameplay est montré sur Xbox. En 2018, le gameplay se dévoile un peu plus dans ses facettes de coopération, et le jeu sort finalement en ce début d’année 2019. Rêve ou réalité ?

Avant d’avancer plus loin dans cette lecture, je tiens à préciser que ce test est purement subjectif. Il ne s’agit que de mon propre ressenti et affect vis-à-vis de ce jeu, et il n’est probablement pas partagé par l’ensemble des joueurs. Histoire de spoiler la suite, autant le dire tout de suite : Anthem m’a profondément ennuyé et je n’y rejouerai probablement jamais. Ceci étant dit, tentons d’expliquer pourquoi.

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Je me suis lié d’amour avec BioWare au cours de ma vie de joueur. Je suis tombé dans la séduction avec l’excellent RPG Star Wars: Knights of the Old Republic (joliment surnommés KotOR) avant de succomber à la passion avec la saga Mass Effect. Dans la catégorie des jeux de science-fiction et du space opera, Mass Effect est devenu mon mètre étalon. Alors quand BioWare annonce un jeu à l’accent futuriste, permettant de jouer des personnages revêtant des armures robotiques lourdement armées dans un univers post-apocalyptique, j’ai les yeux qui pétillent. Alors oui, entre temps BioWare a été racheté par Electronic Arts, le studio BioWare Montréal a été fermé suite à la sortie de Mass Effect Andromeda (qui pourtant est un excellent jeu au-delà de ses défauts graphiques). Mais voilà: Anthem est la nouvelle grosse licence sur laquelle a travaillé BioWare pendant ces cinq dernières années !

Luc 17.4

J’aurais aimé vous conter le scénario du jeu, placer le contexte et les enjeux. Mais pour être franc, je n’ai pas vraiment compris. Sur une planète ressemblant vaguement à la Terre, des hommes et des femmes vivent dans des cités fortifiées construites de bric et de broc, mêlant technologie et tapis de bédouin. La planète a été ravagée par l’Hymne de la Création (qui porte donc très mal son nom), un procédé techno-magique pas bien clair provenant d’une civilisation supérieure désormais disparue. L’Hymne a créé et libéré des monstres au comportement vindicatif dans les bois. Mais grâce aux freelancers (sic), ces gens ayant les skills et les moyens financiers de s’offrir et piloter une armure mecha (ce que l’on appelle ici un javelin), les peuples résistent pour leur survie. Et il semble y avoir un enjeu, un risque majeur, puisque le grand méchant Dominion (qui lui aussi porte très mal son nom) veut s’approprier le pouvoir de l’Hymne de la Création pour… avoir le pouvoir. Et le pouvoir, c’est mal.

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Ce n’est pas que le scénario du jeu soit mauvais. L’univers semble même profond et riche, interrogeant sur le rapport de l’homme à la technologie dans une société tribale post-apo (tiens, ça rappellerait pas Horizon?). Mais voilà, le scénario est très mal amené, très mal entretenu et trop superficiel. Conséquence: j’ai essayé de m’y intéresser au début, j’ai tenté de suivre les évènements pour faire genre, puis j’ai fini par laisser tomber lorsque je me suis rendu compte que la mayonnaise ne prend pas et que les évènements ne me touchent absolument pas. Il y a un grand danger, mais je ne me sens pas concerné… un comble quand il s’agit de sauver le monde.

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Le joueur incarne un freelancer, l’un des nombreux pilotes de javelin (qui semble être une sorte d’élite rare mais qui pullulent dans le jeu). Votre partie commence donc par le choix de votre armure: et comme souvent dans jeu multijoueur, cela se traduit par quatre classes complémentaires dont les noms m’échappent totalement mais qui se résument ainsi: le furtif, le mage, le tank et le guerrier. Chacun peut donc y trouver un rôle qui lui convient, selon son style de jeu et ses préférences. Surtout qu’il est possible, au cours du jeu et des level up, d’acquérir d’autres armures et ainsi modifier son choix initial. Chacune de ces armures peut ensuite être customisée, à la fois esthétiquement et techniquement en ajoutant des armes, pièces et autres modules permettant de varier les attaques et défenses.

Solo en multi

Le joueur incarne son javelin dans un monde ouvert, en compagnie d’autres javelins joués par d’autres joueurs. Par équipes de quatre, les freelancers vont devoir remplir des objectifs en tuant des méchants, sans toujours savoir exactement pourquoi. Récupérer une relique, sauver un groupe de pélerins, tout est motif à arroser les monstres de roquettes et de napalm avec votre javelin préféré. Soyons honnêtes, cela est jouissif : jouer l’équivalent d’Iron Man dans la jungle en allumant de tout son arsenal le moindre ennemi donne un sentiment de puissance incontestable. Mais les ennemis sont nombreux et résistants: malgré votre équipement lourd, il faudra parfois du temps pour venir à bout des hordes de sacs à PV qui se dressent sur votre route.

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Ces missions en monde ouvert constituent le coeur du jeu en multijoueur. A la manière d’un Destiny ou The Division, les joueurs s’associent pour remplir les objectifs. En théorie en tout cas… Car lorsque vous jouez avec des inconnus après un rapide matchmaking, c’est chacun pour sa gueule et à celui qui tirera le plus fort. Il est donc coutumier de démarrer une mission, et de sprinter pour rattraper les autres joueurs qui rushent les objectifs sans se soucier de votre confort. J’ai rarement eu la sensation d’être aussi seul dans un jeu multijoueur. Et ce syndrôme désagréable du rush est amplifié par le fait que le jeu vous oblige à rejoindre vos équipiers lorsque certains évènements ont lieu. Si vous êtes en retard, vous aurez droit à un chargement, vous sortant de la partie pour vous faire réapparaître à l’endroit où vous devriez être pour suivre ce qu’il se passe. Bref, rien de mieux pour rompre l’immersion.

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Alors j’ai essayé de jouer en solo purement et simplement, en oubliant le matchmaking en début de mission. J’ai alors pu tout réaliser par moi-même, mais le jeu perd de son intérêt premier. Mon javelin étant spécialisé, je ne peux pas être aussi efficace qu’avec 4 joueurs (même si ceux-ci ne sont pas forcément équipés de javelins différents). Les sacs à PV sont toujours aussi long à descendre, et personne ne vous épaule. Alors on se réconforte en ramassant du loot sur les ennemis tués, et l’on comprend que le mécanisme central du jeu est bien là: looter pour exister. Les équipements, armes, skins, tout se ramasse ou s’achète. Les équipements s’échangent d’ailleurs dans la partie solo du jeu, la cité de Fort Tarsis que vous pourrez parcourir en vue subjective. C’est dans cette ville que vous rencontrez les PNJ vous donnant vos missions, que vous pourrez suivre des dialogues bien trop longs pour en apprendre plus sur l’univers, ou que vous pourrez suivre vos statistiques de jeu. Avant de retourner dans votre armure pour entamer une mission.

Windows 95

Anthem est au jeu vidéo ce que Windows 95 est à l’informatique : c’était très bien à l’époque, mais le système a fait son temps. Il est lourd, inesthétique et son interface est très peu confortable pour l’utilisateur. De la même façon, Anthem saoûle par son interface trop lourde et dépassée. De la Forge, espace de customisation de votre javelin, à Fort Tarsis, cité où résident les PNJ, au monde ouvert où ont lieu les missions en passant par le hub inutile où les javelins des joueurs peuvent se retrouver, le jeu fournit trop d’espaces dissociés. Surtout que les transitions entre chacun de ces espaces nécessitent de longs temps de chargement. Si comme moi vous n’êtes pas très familier avec les jeux multi à la Destiny, vous finirez par aller aux missions directement, en utilisant le strict minimum.

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Le gameplay est intuitif et réactif. Les enchaînements d’attaques dévastatrices se font aisément et participent au sentiment de puissance que l’on ressent en manipulant un javelin, que ce soit au sol ou dans les airs. On se surprend alors à apprécier le moindre déplacement sur la carte, en volant à travers les failles de la montagne ou entre les arbres de la jungle avec facilité. Mais le jeu vous ramène très vite à la réalité : il est là pour vous emmerder. En volant, votre armure chauffe… au bout de quelques dizaines de secondes, vos moteurs s’arrêtent si vous ne faites rien pour les refroidir, et vous chutez lamentablement. Même ces moments simples et jouissifs de déplacement sont pourris par le jeu lui-même. Non, décidément, rien n’est fait pour me faire passer un bon moment sur ce jeu.

Le mot de la fin

Anthem est passé à côté de son potentiel. Piloter des armures à la puissance de feu colossale dans un monde post-apo est un sujet qui ne devrait pas être un problème pour de nombreux joueurs. Mais Anthem, bien qu’étant totalement dans son sujet, est un jeu qui ne marquera ni les esprits, ni l’Histoire. Fade et sans nouveautés, il n’apporte rien de neuf au pays de Destiny. Certains y trouveront d’ailleurs des choses intéressantes, des graphismes léchés, un gameplay puissant et un jeu à partager entre amis (mais chacun chez soi). Toutefois, beaucoup y verront surtout un jeu à essayer, puis à ranger dans un placard ou à finir dans les étals des jeux d’occasions de son magasin de quartier. Finalement, c’est peut-être ça le but d’Anthem : nous rappeler que le jeu vidéo n’est pas nécessairement bon parce qu’il est beau, et que l’enrobage ne fait pas la qualité. 

On a aimé :

  • Se prendre pour Iron Man et tirer à tout va
  • Voler dans la jungle avec son javelin
  • Le gameplay intuitif et les graphismes réussis

On a moins aimé :

  • Le scénario recalé au dernier plan
  • La répétition de certaines missions
  • Les chargements, encore et encore

Craquez vos PO si :

  • Vous avez toujours voulu un jeu Iron-Man qui n’est jamais sorti
  • Vous êtes un fan de Destiny
  • Vous aimez le multi coopératif à 4

Quittez la partie si :

  • Vous détestez les salles d’attente
  • Vous pensiez enfin retrouver le Commandant Shepard
  • Vous aimez les belles histoires bien racontées


Anthem – BioWare – Electronic Arts 

Disponible sur PS4/Xbox One/ PC

A partir de 34,99 €

Ce test a été effectué sur une version fournie par l’éditeur. 

Piou Piou

Anthem est un Destiny-like: un jeu multi coopératif en ligne, jusqu'à 4 joueurs. Vous y incarnez un freelancer, doté d'une armure mecha surpuissante utile pour dérouiller tous les monstres qui pullulent dans la jungle de votre monde dévasté. Bon, pour le scénario on s'arrêtera là, le plus marrant c'est de tirer... Ou pas. On s'ennuie vite, non?

4
Note Globale:
4

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2 Comments

  • Reply
    Netrunner
    20 Mai 2019 10:27

    C’est exactement le même genre d’avis que j’ai écrit de mon côté… dommage voler comme Iron Man était kiffant 🙁

    • Reply
      NoTy
      23 Mai 2019 12:51

      Je suis bien d’accord ! Je n’avais pas lu le test de GamerStuff avant, mais je constate que je ne suis pas le seul à avoir vécu ce jeu comme un calvaire… Dommage, c’est le mot.

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