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[Critique] Fate/Stay Night [Heaven’s Feel]

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C’est la rentrée. Nombre d’élèves/étudiants sont submergés de livres qu’ils n’ont même pas envie d’ouvrir. Nous, pendant ce temps-là, nous lisons des mangas. Oui ben voilà, dépêchez-vous de finir l’école et vous pourrez faire comme nous ! Sinon, vous pouvez aussi vous en procurer pour vous auto-récompenser après avoir fini vos devoirs. Bref, si une envie de bande dessinée japonaise vous envahit ces temps-ci, on a peut-être une solution pour vous et elle se trouve du côté de l’éditeur Ototo. Ce dernier vient de sortir le premier tome du seinen Fate/Stay Night [Heaven’s Feel] de Taskohna et Type-Moon et on vous dit tout de suite ce qu’on en a pensé dans notre review !

Heavens, fill us in

Si vous vous intéressez un tant soit peu au monde du manga, des animes ou même des visual novels, il y a fort à parier que le nom Fate vous dise quelque chose. En France, c’est surtout l’anime Fate/Stay Night, premier du nom, qui a fait connaître la licence. Dans cet anime, on suit Saber qui sert le magicien qui l’a invoquée pour la Guerre du Saint Graal (Ça, c’est pour ceux qui veulent se rafraîchir rapidement la mémoire. Si ça ne vous dit rien, pas d’inquiétude, on va y venir). Eh bien il s’agissait en fait de l’une des trois « routes » disponibles dans le jeu éponyme sorti en 2004 au Japon. Il existe deux autres routes, dont Heaven’s Feel, celle adaptée dans le manga qui nous intéresse aujourd’hui.

Fate/Stay Night [Heaven’s Feel] nous propose de suivre Shirô Emiya, un lycéen ayant une connaissance très succincte de la magie qu’il utilise pour réparer et renforcer des objets du quotidien (des chauffages, des radios, et caetera). Seul survivant d’un incendie lorsqu’il était enfant, il a été recueilli par Kiritsugu Emiya – dont il a pris le nom -, lui-même magicien, qui lui a transmis les maigres connaissances qu’il a aujourd’hui. Mais 4 ans après la mort de son père adoptif, Shiro se retrouve malgré lui au cœur d’un événement dont il ne sait rien et qui va menacer la tranquille ville de Fuyuki ainsi que sa vie paisible avec sa professeur d’anglais Taiga Fujimura et son amie Sakura Matô.

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Mage-istral

S’agissant d’un premier tome, le cœur de l’action n’est évidemment pas encore lancé. Il faut bien mettre en place les éléments. On doit d’ailleurs reconnaître que le mangaka réussit à passer un nombre d’informations important en assez peu de pages. Bien entendu, les nouveaux venus dans la saga ne repéreront pas certains éléments qui seront, par contre, lourds de sens pour les initiés. Mais c’est aussi ça qui est réussi : ce premier tome est accessible aux néophytes et leur propose pas mal de points mystérieux qui leur feront se poser foultitude de questions sans toutefois être ennuyeux pour ceux qui connaissent déjà l’univers (et une partie de la trame).

On pense par exemple à la soif de justice, centrale dans la psychologie de Shirô, qui est efficacement dépeinte et expliquée en quelques passages là où l’original appuyait lourdement dessus. De même, des scènes de vie quotidienne permettent de mettre en lumière la relation privilégiée entre Sakura et Shirô tandis qu’un simple regard projette toute la peur et le désespoir de cette première sur le lecteur. En un seul tome, on est également rapidement introduit à bon nombre de personnages importants pour la suite, parfois sans même que leur nom soit écrit et beaucoup de petits détails permettent d’installer une ambiance un peu inquiétante, voire sombre par moments. Le dernier chapitre du tome – le chapitre zéro – excelle d’ailleurs dans l’installation de ce malaise.

La relation entre Sakura et Shirô a commencé avant même que celui-ci en soit conscient
La relation entre Sakura et Shirô a commencé avant même que celui-ci en soit conscient

Tragédie nippone

Alors tout ça, c’est très bien pour le lecteur qui découvre l’univers mais en quoi le manga est-il réussi pour un(e) initié(e) ? Tout tient justement dans cette partie de malaise. En effet, Fate/Stay Night [Heaven’s Feel] adapte la route la plus sombre et la plus triste de Fate puisqu’elle met sous les projecteurs le destin tragique de Sakura Matô. Or, si l’on ne va évidemment pas trop en dévoiler ici pour ne pas spoiler la suite, Taskohna réussit à rendre palpable la détresse de ce personnage et ce fameux chapitre zéro (dont on taira les événements) donne un aperçu particulièrement sordide du calvaire qu’elle subit tout en esquissant brièvement la relation que Sakura va tisser avec un personnage… Disons, paradoxalement haut en couleurs (Jean Blaguin, humoriste !).

Côté visuel, le design de la saga est évidemment respecté, ce qui limite le nombre de surprises mais le trait précis du dessinateur permet, comme on l’a dit plus haut, de passer efficacement des émotions et des non-dits en seulement une case ou deux. L’objet livre, quant à lui, est une édition classique en noir et blanc avec une première page en couleur accompagnée d’un petit bonus : un tapis de souris à l’effigie de Saber et de Sakura. On notera au passage l’appel à Nicolas Pujol pour la traduction, déjà à l’oeuvre sur Fate/Apocrypha et qui assure donc une continuité des plus appréciables, notamment par l’utilisation d’un vocable constant et bien sûr une bonne connaissance de l’univers.

La relation entre Rider et Sakura sera centrale à cet arc
La relation entre Rider et Sakura sera centrale à cet arc

TL;DR

Avec ce tome introductif, Taskohna et Type-Moon promettent une adaptation sans concession de l’arc Heaven’s Feel du jeu Fate, souvent vu comme le plus abouti et, en tous les cas, clairement le plus sombre et le plus triste des trois. Le destin tragique de Sakura Matô commence déjà à s’y dessiner alors que les événements principaux ne sont pas encore totalement lancés, Shirô n’étant encore qu’un pion pas même conscient de ce qui se trame. La tension monte rapidement et, à la fin de la lecture du tome 1 de Fate/Stay Night [Heaven’s Feel], une seule question nous vient en tête : à quand la suite ? Malheureusement, je n’ai pas encore de réponse à vous apporter mais vous ne serez pas seuls dans cette attente !

Cette critique a été faite à partir d’un exemplaire fourni par l’éditeur

♫ Magic everywheeere ! ♪

Adaptation du destin tragique de Sakura Matô, Fate/Stay Night [Heaven's Feel] s'annonce comme l'adaptation la plus sombre et tragique de la licence Fate. L'efficacité du dessin et la rapidité de mise en place des éléments laissent présager le meilleur pour cette nouvelle série, encore en cours au Japon.

8
Note globale :
8

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