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[Test] Smash Up

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« A votre avis, c’est qui le plus fort, l’hippopotame ou l’éléphant ? Non parce que l’hippopotame c’est quand même très très fort. » Ce n’est pas encore aujourd’hui que nous aurons la réponse à l’épineuse question de Simon Jérémi. Par contre, Smash Up nous donne la possibilité de tester la force de groupes aussi improbables que des dinosaures alliés à des robots ou des ninjas accompagnés de sorciers et ça, ce n’est pas rien. Surtout quand notre âme de geek (ou d’enfant) est toujours bien présente. C’est l’éditeur Iello qui nous amène en France ce jeu de Paul Peterson, un jeu de cartes, de combos et de majorité pour 2 à 4 joueurs (en théorie) dans des parties d’environ 45 minutes. Allez, on se jette dans la mêlée !

Super Smash Up Bros

L’idée de base de Smash Up est assez simple : choisir deux factions parmi toutes celles disponibles (8 factions sont présentes dans la boîte de base et de nombreuses extensions existent) pour former une armée improbable qui affrontera celles des autres joueurs pour contrôler des bases et ainsi engranger des points de victoire. Chacune des bases a une force (comparable, en gros, à des points de vie) ainsi que trois valeurs de points de victoire. Lorsque la base tombe, l’armée la plus forte remporte la première valeur de points de victoire, la seconde remporte la deuxième valeur et la troisième prend le reste. Les bases ont également des spécificités, souvent sous la forme de pouvoirs déclenchés lorsqu’elles tombent (mais aussi des règles spéciales pour les attaquer par exemple). Evidemment, chaque faction a ses qualités et ses défauts – en rapport avec son thème – mais c’est en jouant (et rejouant) que vous les appréhenderez vraiment. Dans la boîte de base, vous trouverez les factions suivantes :

  • Les aliens : spécialisés dans l’enlèvement (remplacement des bases et cartes adverses)
  • Les dinosaures : équipés de lasers, ils ont pour eux la force brute !
  • Les ninjas : furtifs et mortels, ils n’ont pas leur pareil pour assassiner une carte adverse ou surgir de nulle part
  • Le petit peuple : forts de leur magie, ils excellent dans la protection et les sorts handicapants en tous genres
  • Les pirates : outre leurs canons, la grande force des pirates vient de leur extrême mobilité qui leur permet de se déplacer de base en base
  • Les robots : ils passent leur temps à se booster les uns les autres
  • Les sorciers : leur truc, c’est de faire tourner les cartes ! La pioche va bouger et les actions s’enchaîner
  • Les zombies : increvables, ils reviennent sans cesse de votre défausse pour envahir à nouveau le plateau de jeu
Notre test a été effectué avec le contenu de ces 3 boîtes de jeu
Notre test a été effectué avec le contenu de ces 3 boîtes de jeu

Smash Up vous propose donc de combiner ces pouvoirs pour créer une armée redoutable. Certaines combinaisons sont plus difficiles à jouer que d’autres, évidemment, mais tout ça dépend de votre style également. Attention, s’il s’agit bien de tirer avantage des pouvoirs des cartes en faisant les combos les plus efficaces possibles, il ne s’agit pas de deck building. Votre deck est composé dès le début de la partie de l’intégralité des cartes des deux factions choisies et vous garderez les mêmes jusqu’à la fin de la partie (dès qu’un joueur atteint les 15 points de victoire). Pour partir à l’assaut des bases, il faudra atteindre ou dépasser la force de ladite base. Mais toutes les cartes comptent, y compris celles de vos adversaires. Par exemple, si une base est de force 21, que l’armée dinosaures-zombies a une force de 12, les ninjas-robots une force de 5 et les aliens-petit peuple une force de 4, la base tombe. La première armée étant majoritaire, elle engrange le premier montant de points de victoire, et caetera.

Hulk and the agents of S.M.A.S.H. U.P.

Après avoir constitué votre première main, chaque tour se déroule de façon assez classique : vous pouvez jouer une carte créature et/ou une carte action puis vous piochez deux cartes à ajouter à votre main pour les tours suivants. Les cartes actions peuvent être jouées sur l’une de vos créatures pour le booster, sur un ennemi pour l’affaiblir ou, parfois, sur une base pour des effets très particuliers. Les cartes créatures, elles, ont une force et parfois (souvent) un pouvoir associé. Voilà, vous connaissez toutes les règles. Maintenant, tout se joue sur les textes inscrits sur les cartes. Il s’agira de les jouer au moment le plus opportun pour maximiser leur effet et surpasser vos adversaires. On ne va pas se mentir, une grosse partie de la victoire se joue dès le choix des factions. Ainsi, vous aurez beaucoup plus de mal à vous imposer avec un deck ninjas/sorciers qu’avec un dinosaures/zombies par exemple. Toutefois, si tous les joueurs ont à peu près la même connaissance du jeu, l’équilibre se fait assez naturellement et même une armée perdante sur le papier peut remporter la victoire si son propriétaire la joue subtilement.

Oui, des dinosaures zombies affrontent des ours en peluche aliens et des aventuriers pirates. Je ne vois pas ce que vous avez du mal à suivre...
Oui, des dinosaures zombies affrontent des ours en peluche aliens et des aventuriers pirates. Je ne vois pas ce que vous avez du mal à suivre…

Les extensions de Smash Up sont elles aussi intéressantes. Non seulement elles ne déséquilibrent pas le jeu et sont tout aussi barrées que les factions de base mais elles permettent même, techniquement, d’envisager l’augmentation du nombre de joueurs. En effet, rien ne vous empêche en théorie de jouer à 8 si vous avez 16 factions. Cela dit, ça suppose que vous aimiez le chaos… Si Smash Up fonctionne très bien à 2 et à 3, le chaos se fait beaucoup sentir à 4 joueurs (et plus, évidemment) et les parties peuvent commencer à sembler un peu longues. Cela ne posera pas de problème si vous jouez en déconnant avec vos amis, en prenant l’apéro par exemple. Si vous ne faites « que » jouer à Smash Up par contre, on vous recommande surtout les parties à 2 ou 3 joueurs. Alternativement, si vous voulez quand même jouer à 4 parce que le chaos ne vous gêne pas mais que la longueur de jeu vous inquiète, n’hésitez pas à légèrement modifier les règles (en baissant l’objectif à 11 points de victoire par exemple).

Ne Smashons pas nos mots

Puisqu’on parle des extensions, il faut souligner que le jeu a été pensé dès le départ pour les intégrer. Il suffit de regarder la boîte de base dont les cartes ne remplissent que la moitié des emplacements, laissant le reste à 2 extensions de votre choix. Un bon point pour limiter le nombre de boîtes à emmener pour faire des parties endiablées chez vos amis. En outre, le principe même de Smash Up est propice à la multiplication des extensions puisque toutes les combinaisons imaginables sont virtuellement possibles. Ainsi, vous pouvez piocher tranquillement dans les films de série B ou les mythes Lovecraftiens pour renouveler sans cesse l’expérience de jeu. La seule limite est l’imagination des auteurs pour créer des cartes intéressantes à jouer. Dans notre cas, nous pensions avoir vu un peu toutes les possibilités dans la boîte de départ mais les extensions nous ont amené de nouvelles façons de jouer, ce qui allonge encore la durée de vie de Smash Up, déjà pas des plus petites à la base (c’est l’avantage des jeux où les decks de cartes tournent beaucoup). En ce qui nous concerne, nous avons pu essayer les extensions Ressemblances Fortuites (comportant des factions ressemblant à s’y méprendre à des jedis, des Transformers, des personnages de Game of Thrones et des voyageurs temporels) et Conflit de Génération (là c’est la fête aux ours en peluche, aux grands-mères, aux aventuriers et aux rockstars) et elles nous ont apporté une bonne dose de fun supplémentaire.

"J'adore les boîtes bien rangées" - Gizmo, tout le temps
« J’adore les boîtes bien rangées » – Gizmo, tout le temps

Fun, c’est d’ailleurs le maître mot de Smash Up… Mais pas que ! Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a deux façons de jouer à Smash Up : soit on veut se défouler et alors là autant prendre n’importe quelles factions, jouer au petit bonheur la chance en s’amusant des sales coups qui tombent sur les autres et être nombreux ; soit on joue un peu plus subtilement en choisissant ses factions soigneusement, en optimisant et en timant ses coups et là, le jeu est meilleur à 2 ou 3. Dans le cas du jeu plus « sérieux » (avec de gros guillemets parce qu’on parle quand même de jeu), quelques parties seront requises avant de connaître correctement les factions et d’imaginer les meilleures combos. Dans ces premières parties, le jeu pourrait vous sembler déséquilibré mais n’ayez crainte : vous manquez seulement de vue d’ensemble, ça viendra. Il n’en reste pas moins un jeu basé sur les retournements de situation et l’opportunisme alors n’en attendez évidemment pas une stratégie fine, ce n’est simplement pas le but.

TL;DR

Smash Up porte bien son sous-titre « Le jeu de baston qui claque ». D’apparence chaotique et rigolard (les geeks et les grands enfants s’en donneront à cœur joie avec les factions farfelues du jeu), il peut s’avérer légèrement plus fin que ça si l’on prend le temps de faire quelques parties pour connaître l’ensemble des factions et ainsi réfléchir aux façons de les utiliser au mieux. Bénéficiant de règles ultra simples, Smash Up est également un jeu facile à sortir et accessible aux néophytes qui mettra à coup sûr de l’ambiance à votre tablée. Faites juste attention à ne pas jouer avec des gens trop susceptibles, certains retournements de situation risqueraient de les mettre de travers.

On aime :

  • les idées de faction farfelues
  • le dynamisme du jeu
  • la variété des styles de jeu
  • beaucoup d’extensions disponibles pour les fans
  • l’adéquation entre les factions et leurs pouvoirs

On aime moins :

  • la première impression (de joyeux bordel incontrôlable) est un peu trompeuse

Craquez vos PO si :

  • Vous vous êtes toujours demandé qui gagnerait entre un dinosaure ninja à laser et un sorcier extra-terrestre
  • Vous aimez les jeux de confrontation directe

Quittez la partie si :

  • Vous cherchez de la stratégie pure
  • L’idée même de perdre le contrôle sur la situation vous angoisse au plus haut point

"Niveau mashup bizarre de créatures, je me pose là, non ? Alors elle est où ma carte ?"
« Niveau mashup bizarre de créatures, je me pose là, non ? Alors elle est où ma carte ? »

Smash Up – Iello – 25€ pour le jeu de base puis extensions à partir de 15€

2 à 4 joueurs – 45 minutes – A partir de 12 ans

Ce test a été effectué sur une version fournie par l’éditeur

Jeu, set et Smash !

Smash Up est un jeu très dynamique qui semble chaotique au début et révèle sa (relative) subtilité au fil des parties. Une bonne connaissance des pouvoirs existants permettra aux joueurs expérimentés de contrôler un peu ce qui se passe sur la table et de donner de la cohérence à l'ensemble. Pour nous, ça a été une très bonne surprise !

7.5
Note globale:
7.5

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