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[Test] Star Realms : la guerre oui, mais dans l’espace !

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« Space, the final frontier » disait la voix hors champ durant le générique de Star Trek… Aujourd’hui, on l’imagine surtout en théâtre de guerres acharnées opposant des empires protéiformes. Et ça tombe bien parce que c’est plutôt dans cette direction que se penche le jeu du jour : Star Realms de Robert Dougherty et Darwin Kastle. Alors enfilez votre plus belle combinaison spatiale (pensez aux gants mais évitez les moufles, c’est pas top pour manipuler les cartes) et embarquons tout de suite pour LA BAGARRE DE L’ESPAAAAACE !

Dans l’espace, personne ne vous entend jouer

Star Realms vous place à la tête d’une armée de l’espace et vous propose d’avoiner la face de votre adversaire. Petit problème : votre flotte est un peu nulle. Mais ne vous en faites pas, la personne en face de vous a EXACTEMENT la même flotte : 2 Vipers pour éroder les 50 points d’autorité (équivalents aux points de vie) de votre adversaire et 8 éclaireurs/scouts qui vous rapportent de l’argent pour acheter de nouveaux vaisseaux et de nouvelles bases. Autant vous le dire tout de suite, vous allez en quelque sorte participer au Blitzkrieg stellaire puisque chaque partie se boucle en moins de 20 minutes (du moins sur la version de base, c’est-à-dire à 2 joueurs). Oui, les points d’autorité vont très vite défiler. Mais on va y revenir. Pour améliorer votre flotte, donc, vous aurez toujours le choix entre les 5 vaisseaux/bases mis en vente par les factions du secteur ou un vaisseau sorti des usines neutres, le Prospecteur (qui rapporte deux points de recrutement et peut être sacrifié pour 2 points d’attaque). A chaque tour, le joueur actif joue les cartes qu’il a en main, achète et attaque selon ses capacités et ses choix puis pioche 5 nouvelles cartes qui constitueront (normalement) sa main pour le tour suivant. Rien que de très classique jusque là. Eh oui, Star Realms est un jeu de deck building. Si vous connaissez ce genre, vous vous doutez donc qu’il va falloir enchaîner les combos de cartes pour submerger l’armée adverse. Les cartes combotent évidemment à l’intérieur de leur propre faction que l’on va rapidement décrire ici :

  • La Fédération du Commerce (cartes bleues) se spécialise dans la récupération de points d’autorité et les points de recrutement.
  • L’Empire Galactique (cartes jaunes) est principalement axé sur la manipulation de cartes, c’est-à-dire qu’il vous permet de piocher des cartes supplémentaires pour faire tourner votre deck plus rapidement tout en forçant l’adversaire à, lui, jeter des cartes de sa main. Il est également plus armé que la Fédération.
  • Le Techno-Culte (cartes rouges) a une puissance de feu équivalente à l’Empire et permet d’améliorer votre deck en en banissant les cartes dont vous ne vous servez plus (typiquement les vipers et les scouts).
  • Les Blobs (cartes vertes) sont des extra-terrestres belliqueux peu subtils mais à la force de frappe dévastatrice qui se démultiplie lorsqu’ils sont joués en groupe.
Un tout petit paquet pour de grandes aventures
Un tout petit paquet pour de grandes aventures

Tout ça, c’est bien gentil, mais à part les points d’autorité, on dirait que le jeu est presque trop classique. Justement, les points d’autorité sont un indice. Star Realms est un peu la rencontre entre le jeu de deck building et le TCG à la Magic (normal quand on sait que les auteurs ont justement travaillé sur cette licence mythique). Les mécaniques du deck building ne sont pas ici utilisées pour alimenter une course aux points de victoire comme dans Legendary par exemple mais bel et bien pour attaquer l’ennemi et anéantir ses points de vie (ou plutôt, ici, ses points d’autorité). Comme dans un Magic ou un Hearthstone, donc. Et qui dit affrontement direct dit nervosité. Tout est alors pensé pour que les parties soient rapides et les combos légion. Les actions étant simples (acheter ou frapper, en gros), les tours sont très rapides et on n’a pas le temps de réfléchir à ce qu’on va faire que c’est à nouveau notre tour. Toujours dans l’intérêt du dynamisme, les combos sont extrêmement puissants et il n’est pas rare qu’un joueur inflige plus de 20 points de dégâts en un seul tour. Si de telles prouesses sont possibles avec 5 cartes, c’est aussi parce que le jeu introduit le concept de bases, comparables aux enchantements dans Magic : des cartes qui restent en jeu tant que l’adversaire ne les détruit pas et qui ajoutent donc un ou des bonus permanents (et comptant dans les combos puisqu’elles relèvent toutes d’une faction). Certaines de ces bases (les outposts) servent même de bouclier au joueur en ce qu’il faut d’abord les détruire avant de pouvoir attaquer leur propriétaire. On notera également que, fait rare dans le genre, l’ordre de jeu des cartes est assez peu important (à part pour la défausse) puisque les effets de combo s’activent même de façon rétroactive.

♪ Un peu plus près des étoiles ♫

Vous l’aurez compris, Star Realms est un jeu très dynamique qui favorise les coups fulgurants portés par les combos… Mais pas que ! Le jeu bénéficie d’une autre fonctionnalité, assez rare dans les jeux de deck building puisqu’il s’agit de la poubelle. En résumé, certaines cartes ont un pouvoir supplémentaire qui ne peut être déclenché qu’en décidant de les supprimer définitivement. Elles ne repartent donc pas dans votre défausse (au contraire des bases lorsqu’elles sont détruites par exemple) mais sont bien retirées définitivement de la partie. Cela vous donne évidemment un avantage temporaire (comme des points d’attaque supplémentaires) mais permet aussi (voire surtout ?) d’épurer votre deck pour le rendre plus efficace et maximiser les probabilités que plusieurs cartes d’une autre couleur sortent en même temps dans votre main pour faire de jolis combos. Je vous avoue que, sur le papier, cette mécanique me paraissait abusée au point que je craignais qu’elle ne gâche le jeu en le facilitant beaucoup trop (en permettant d’acheter n’importe quoi et de voir plus tard). Mais, en pratique, c’est une action qu’on n’a pas sur toutes les cartes (loin de là) et qui permet finalement d’améliorer le jeu. En effet, Star Realms est pensé pour être joué rapidement et, au contraire des autres jeux de deck building, il faut donc des coups surpuissants et des moyens simples d’écarter des cartes qu’on pourrait presque voir comme « mortes » ou, a minima, qui gênent notre deck.

Les cartes de blobs sont très puissantes en terme d'attaque et, en plus, ces deux-là combotent pour piocher deux cartes
Les cartes de blobs sont très puissantes en terme d’attaque et, en plus, ces deux-là combotent pour piocher deux cartes

Au final, s’il faut décrire le jeu en une phrase, ce sera celle-ci : Star Realms est le jeu de deck building le plus dynamique que je connaisse, idéal pour des parties rapides et incroyablement addictif qui a, en plus, l’avantage de tenir dans une toute petite boîte facile à emporter. En outre, ses mécaniques de jeu relativement simples en font l’un des meilleurs candidats pour être LE jeu d’entrée dans le monde du deck building pour n’importe quel joueur. Et ce n’est pas son faible prix qui nous contredira. Le (petit) revers de la médaille, c’est que les cartes ne sont pas très résistantes. Des protège-cartes seront sans doute nécessaires aux plus brutaux et/ou maniaques. De même, on regrettera des illustrations assez génériques à l’exception de la faction des blobs. Mais à côté de ça, les cartes sont très facilement lisibles, la disposition des informations est bien pensée et, encore une fois, le jeu tourne parfaitement bien. C’est quand même ça le principal !

Variantes et recommandations de KMG

La boîte de base contient tout ce qu’il faut pour jouer à deux. Mais vous remarquerez qu’elle contient une règle pour jouer à plus. Il suffit d’avoir deux boîtes pour pouvoir jouer à 3 ou 4, trois boîtes pour monter jusqu’à 6, et cætera. C’est une possibilité qu’on ne vous recommande pas forcément. En effet, en gros, le principe de cette version est de taper sur votre voisin de droite pendant que celui de gauche vous pilonne sans que vous ne puissiez répondre. Ça n’a pas beaucoup de sens dans le thème du jeu et l’intérêt ludique est minime, sans compter qu’on allonge mécaniquement la durée des parties. Quitte à jouer à plusieurs, on préférera organiser des parties tournantes puisque la rapidité du jeu s’y prête bien. Des extensions existent également sous forme de boosters. Elles ajoutent pour certaines des héros, pour d’autres des événements, et cætera.

L'application Star Realms propose plusieurs modes de jeux. Manque que le scorer pour la partie physique :P
L’application Star Realms propose plusieurs modes de jeux. Manque que le scorer pour la partie physique 😛

Il est à noter qu’une version numérique du jeu a été créée et est disponible aussi bien sur PC (via Steam) que sur smartphones et tablettes. Bien que seule la version anglaise existe (du moins sur le Play Store d’Android), elle permettra aux joueurs hésitants de se faire une bonne idée du jeu avant achat grâce à un mode contre l’IA, 6 missions de campagne et un mode pass & play (plusieurs joueurs en local se passent l’appareil pour jouer à leur tour), tous disponibles dans la version gratuite de Star Realms. Les personnes qui tomberont amoureuses du jeu (que ce soit physique ou numérique) pourront quant à eux mettre la main à la poche et débloquer le jeu complet sur tous les supports pour 4,99€. Et puisqu’on parle d’applications de smartphones, on vous recommande également de télécharger une application qui gère les scores pour accompagner vos parties physiques. Nous utilisons la très simple SR Score mais il en existe d’autres. En effet, de base, le jeu propose de gérer ses points d’autorité avec des cartes, ce qui peut devenir un peu embêtant à gérer au fil du temps. D’ailleurs, ç’aurait pu être un ajout simple et intéressant à la version numérique officielle : un petit mode scorer. Si les responsables nous lisent, n’hésitez pas à prendre l’idée !

TL;DR

Star Realms est un jeu de deck building en apparence assez classique mais qui apporte au genre l’affrontement direct à la Magic et surtout la rapidité et la nervosité de son système. On peut le sortir n’importe où, n’importe quand, pour des petites parties de 20 minutes ou (souvent) moins et le seul risque réside dans une envie trop forte de faire une revanche… Puis une belle… « Oh et puis zut, allez on en refait une ! » Ce format simple et rapide fait aussi de Star Realms un jeu idéal pour découvrir le deck building. En clair, il serait dommage de passer à côté de ce jeu (surtout vu le prix). On le conseille cependant plus dans sa version d’origine, c’est-à-dire à deux joueurs. Je vous laisse, je retourne commander ma flotte pour anéantir mon adversaire !

Un dalek contre Darth Vader. Qui va gagner ?
Un dalek contre Darth Vader. Qui va gagner ?

On aime :

  • le dynamisme
  • la faible durée des parties
  • le côté addictif
  • l’affrontement direct
  • la simplicité de prise en main
  • que tout tienne dans une si petite boîte (très pratique !)
  • le prix

On aime moins :

  • la version à plus de 2 joueurs
  • les illustrations un peu trop génériques (sauf pour les blobs)

Craquez vos PO si :

  • Vous aimez le deck building et cherchez un candidat à emmener partout avec vous
  • Vous voulez découvrir le deck building

Quittez la partie si :

  • Votre truc, ce sont les parties de 4h

Cet ange pleureur est perplexe en voyant sa main de départ. Il va falloir qu'il se bouge pour construire son armée !
Cet ange pleureur est perplexe en voyant sa main de départ. Il va falloir qu’il se bouge pour construire son armée !

Star Realms – Iello – 15€

2 joueurs (ou plus avec des boîtes supplémentaires) – 20 minutes max

Ce test a été effectué avec une version fournie par l’éditeur

Star Realms est un jeu de deck building rapide et nerveux qui conviendra autant aux fans du genre - grâce à la possibilité d'enchaîner des parties en affrontement direct - qu'aux néophytes désireux de le découvrir. Son packaging taille XS (tout comme son prix) en fait en plus un parfait compagnon de voyage !

8
Note globale:
8

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