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[Test] Steep

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Après l’avoir bien poncé pendant des semaines, on vous donne notre avis sur Steep, le jeu de glisse estampillé Ubisoft. Alors, le SSX de cette génération ou plus encore ?

Annoncé lors de l’E3 2016, Steep était attendu par bon nombre d’amateurs de glisse, en manque de sensations depuis le passage aux oubliettes de la série SSX après sa tentative de retour manquée en 2012. Vendu comme un jeu de ski/snow/wingsuit/parapente/raclette (non, pas raclette, hélas) en mode ouvert online, le jeu d’Ubisoft Annecy affichait des grandes ambitions. Les a-t-il tenu ? Majoritairement, oui.

C’est qui Steep ?

Steep vous propulse dans un monde ouvert situé dans les montagnes Alpines où vous aurez l’occasion de découvrir plusieurs massifs, avec comme point d’orgue le fameux Mont Blanc. Mais pour cela, il va falloir bûcher un peu et se prendre des bonnes grosses pelles parce que Steep adopte une structure progressive. On ne parlera pas de réel scénario parce que faut pas pousser mémé dans le ravin, mais disons qu’à l’instar de bien des jeux de sport, il va falloir vous faire un nom pour atteindre les sommets, littéralement, et qu’une sorte de manager vous accompagnera tout le long de votre ascension.

Et pour cela, il va falloir gagner les différents challenges qui se déverrouilleront de plusieurs manières. Tout d’abord, vous pouvez explorer la carte et repérer des drop zones soit en tombant miraculeusement dessus, soit par le biais de votre paire de jumelles, ou alors progresser dans le jeu et en vous faisant un nom. Quoi qu’il arrive, il faut utiliser ces deux manières pour débloquer les challenges.

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Des challenges, il y en a un paquet d’ailleurs, 111 au total et il faut avouer qu’ils sont assez variés et évitent la redite avec brio. Pour les challenges à ski/snowboard, vous trouverez des courses, des épreuves de freeride où il faudra cumuler le plus de point de style, des épreuves de freestyle en snowpark ou en pleine nature ou encore les improbables séances de crash test. Ouaip, il faudra atteindre la ligne d’arrivée en s’étant pris la meilleure gamelle possible. Pour le wingsuit, vous trouverez des courses, des challenges visant à prendre le plus de risques et des contre-la-montre diaboliques. Enfin, les épreuves de parapente consistent à faire des courses contre un opposant ou à rallier le sommet d’un mont le plus rapidement possible.

Steep kangourou

A dire vrai, il y a de quoi faire. Aucune des épreuves ne se ressemble réellement et la difficulté est progressive. Parce que oui, il ne faut pas se fier aux premières épreuves qui sont d’une facilité déconcertante. Steep finit par être un jeu où il faut Try Hard pour s’en sortir. Certains challenges nécessiteront des dizaines d’essais pour mémoriser le parcours parfait, impliquant sueur, nervosité et jetée de manette. Je pense notamment à certains contre-la-montre en wingsuit qui nécessitent des trajectoires au millimètre près, ou encore ces courses à ski au beau milieu d’une forêt de sapin (quelle bonne idée).

Sauf que j’ai comme un soucis avec ce genre de procédé. J’entends bien la volonté des développeurs de rendre hommage aux sports extrêmes en se rapprochant le plus possible des sensations et des défis que les meilleurs se lancent. Mais ça ne fonctionne pas dans un jeu vidéo. Ça ne fonctionne pas parce qu’on n’est pas assez près de l’action et dès lors, anticiper les trajectoires est un vrai calvaire. Il y a bien une vue à la première personne, mais à part faire ressortir votre déjeuner elle ne fera rien d’autre.

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Du coup, dès qu’un challenge difficile finit par passer, on est plus en train de se dire que c’est sur un coup de bol, plutôt que par une maîtrise totale de la trajectoire. Au lieu d’une certaine satisfaction, c’est le soulagement d’en avoir terminé avec ce défi de malheur qui fait surface. Le côté fun paraît alors bien loin. Pour autant, cela ne concerne qu’une vingtaine de challenges sur la centaine qui compose le jeu et du reste, le plaisir de jeu est tout de même présent sur une grande majorité de l’aventure.

Un ski d’fond fond fond

Et s’il est présent, c’est certes parce que certains challenges valent vraiment leur pesant de cacahuètes, mais surtout par l’immense liberté d’action qui vous est laissé. Envie de faire une descente tranquillou ? Pas compliqué, un tour sur la map, vous choisissez une drop zone et un hélico vous dépose. Si tenté bien entendu que vous ayez déverrouillé le lieu, sinon, il vous en coûtera un ticket. Et à vous la descente. Vous allez où vous voulez, vous faites ce que vous voulez, la nature est à vous et la nature est belle. Les paysages sont magnifiques et les effets visuels variant selon la météo (que vous pouvez choisir dans le menu) chatouillent bien la rétine par moment, ce qui rend les rides encore plus grisants. Bon, ok les textures sont parfois dégueux, mais ça n’enlève pas grand chose au panorama.

Que ce soit à ski, en snow, en wingsuit ou en parapente, le choix vous est donné, vous explorez comme vous le sentez. Pourtant, même si les deux sports de glisses apportent leur lot de sensation, c’est un peu moins le cas dans les airs. Marrant dans ces premiers instants, le saut en wingsuit s’avère assez rébarbatif puisque… bah il suffit juste de voler quoi. Alors oui, vous pourrez vous amuser à vous lancer des défis tels que « azy je passe entre les deux poteaux là » ou encore « y’a un trou dans la roche ça passe », mais croyez-moi, après avoir fait les 4 ou 5 challenges dédiés à ce genre de truc l’envie vous passera. Comme attendu, le parapente est mou du popotin et parfaitement inintéressant.

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Fais des traces dans ton Steep

J’ai lu ça et là que Steep serait le SSX de cette gen. Il n’y a rien de plus faux. Là où le titre d’EA permettait d’effectuer des tricks impensables sur des sauts de 300 mètres, Steep reste plus terre à terre, tout en se permettant quelques folies bien entendu. Parce que, bien sûr que vous allez pouvoir faire une quadruple backflip en sautant d’une falaise, mais rien ne dit que vous allez le plaquer. D’ailleurs, le jeu embarque un système de fatigue qui grimpe plus vous vous prenez des G dans la tronche. Plus votre avatar peine, plus il a des chances de tomber.

De fait, le gameplay n’est pas réellement arcade. Mais il n’est pas vraiment simu non plus. Pour faire simple, vous maîtrisez la direction avec le stick gauche, la position des planches avec le stick droit, et appuyer sur R2/RT permet de prendre une impulsion qui vous enverra en l’air quand vous lâchez la gâchette. Pour effectuer des trucs, là encore c’est très simple, il suffit d’enclencher une direction avant le saut pour effectuer des spins ou des flips, et d’utiliser les gâchettes gauche et droite (correspondant aux mains) pour faire un grab. Simple oui, et assez permissif, mais qui nécessite de la maîtrise si vous voulez caler le saut parfait.

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Et c’est là à mon sens la grande réussite de Steep. N’importe qui pourra jouer convenablement au bout de 20 minutes mais la réelle maîtrise arrivera quelques heures après. Un jour débutant jouera par exemple exclusivement avec le stick gauche pour diriger son avatar , alors que le joueur averti utilisera le stick droit pour faire des virages plus serrés, maîtriser ses atterrissages ou faire des freinage d’urgence. L’accessibilité du gameplay cache de fait une profondeur insoupçonnée au premier abord que beaucoup ont dû manquer. 

La fête du Steep

Et beaucoup, c’est le nombre de joueur que vous pourrez rencontrer dans le jeu (quelle transition n’est-ce pas ?). Puisque oui, Steep est un jeu online. Vous croisez quelqu’un, une petite pression sur une touche et vous pouvez l’inviter à faire quelques rides ensemble. Online et communautaire d’ailleurs, puisque le jeu permet de partager ses meilleurs temps, de créer des challenges, de participer à ceux de la communauté et surtout d’envoyer ses meilleurs descentes et figures sur les serveurs. Chacune de vos épreuves est dispo en replay et Steep dispose d’un éditeur de vidéo assez complet qui, si vous le voulez, vous permettra de vous la péter façon vidéo GoPro sur YouTube.

Et pour se la péter, quoi de mieux que d’avoir des fringues qui claquent. Chacune de vos victoires vous permettront d’aller dépenser dans le store vos maigres deniers amassés. Bonnet, casque, gant, chaussures, ski, snow, chacun des éléments de votre avatar dispose de plusieurs skins, du plus simple au plus loufoque.

En Bref

Au final, Steep est l’anti-SSX. Bien sûr, on reste dans le fun, mais Ubisoft a su dépasser le simple cadre de l’arcade pour proposer un gameplay certes accessible, mais qui cache une certaine profondeur rendant les rides hyper grisant après quelques heures de jeu. Complet en terme de challenge, de découverte et remplissant le cahier des charges du bon open world communautaire, Steep pêche tout de même par quelques challenges bien trop compliqués n’amenant aucun plaisir. Malgré cela et après une cinquantaine d’heures dessus, j’en veux encore.

On a aimé :

  • un gameplay accessible…
  • …mais avec une certaine profondeur pour les plus aguerris
  • de nombreux challenges variés
  • c’est beau putain
  • l’aspect communautaire bien pensé

On a moins aimé :

  • des challenges bien trop corsés
  • non mais genre vraiment trop
  • le parapente pas palpitant

Craquez vos PO si :

  • Vous êtes en manque de jeu de glisse sur console.
  • Vous ne partez pas au ski cette année

Quittez la partie si :

  • Le genre ne vous intéresse pas
  • Vous cherchez de la simulation pure et dure

Steep – Ubisoft Annecy

PS4 / Xbox One / PC
50€
Le jeu a été testé sur une version offerte par l’éditeur

 

Très bon

Malgré son apparente accessibilité et côté arcade, Steep cache son jeu avec un gameplay plus profond qu'il n'en a l'air et qui s'apprivoise au fil des heures. Dôté d'un grand nombre de challenges, donc un certain nombre outrancièrement difficile, et respectant le cahier des charges de l'open world communautaire, le jeu d'Ubisoft pourrait bien accompagner vos soirées au coin du feu, vin chaud à la main.

8
Note finale:
8

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