Je n’aurais jamais pensé revenir sur toutes mes louanges faites au sujet du #1 –que je ne retire toutefois pas- mais je ne peux pas me permettre de vous dire le contraire. C’est le cœur lourd que je vous l’avoue : Kick-Ass #2 m’a déçue. Et l’influence du film en est certainement responsable. En effet, en lisant ce tome 2 on se rend compte à contrecoup que le scénario du film est quand même super différent de ce qu’on a entre les mains… mais qu’il était carrément plus exultant !
A cause d’une deuxième partie de film explosive, et d’une interprétation du comics que je peux juger désormais intelligente, la « véritable » histoire papier semble beaucoup plus fade. Une liste non-exhaustive de ce qui m’a le plus déstabilisée s’impose.
Attention, spoiler !
Ce qui m’a le plus frappée, c’est que dans le comics, Big Daddy apparaît juste comme un gros looser. Jamais on ne lui voit ses instants de gloire que l’on retrouve dans le film. Ca, c’est naze, même si certains diront que c’était sûrement la volonté première de Millar (qui a pourtant participé à l’élaboration du film) ! Un premier bon point pour la version cinéma, donc.

Ensuite, sachez une chose : dans le comics, Dave ne se tape JAMAIS Katie qui en fait lui rit au nez quand il lui révèle qu’il n’est pas gay. Ca, c’était plutôt logique ! Pire, elle se tape d’autres mecs et lui envoie de ses photos pour se foutre de lui… Quand on sait ce qui se passe dans la version cinéma, j’avoue ne pas trop comprendre un tel revirement de la part de Vaughn et Millar. Du coup ; un bon point pour la version comics (Katie est une salope, on l’avait tous compris dès le début).
Enfin, Red Mist est bien plus détestable dans le film ; sur les pages du comics il a la classe et passe juste pour un fils de riche opportuniste. Mais le personnage dépeint dans le film, maladroit et grande gueule / petits bras, est nettement plus fun et profond. Un bon point de plus pour la version cinéma.
Et bon Dieu qu’est-ce que c’est court ! Ok, un comics n’est jamais bien long, mais Kick-Ass #2 nous donne l’impression de ne pas aller au bout des choses et de ne dresser que des moitiés de portraits de personnages dont la personnalité nous avait pourtant éclaté au visage dans le #1 ainsi que dans le film. Big Daddy fait une brève apparition avant de se faire bêtement exploser la pastèque (la relation père-fille passe donc presque à la trappe en comparaison de ce qu’on a vu sur la toile), on ne revoit plus les potes geeks détestables (pléonasme ?) de Dave, Red Mist surgit de nulle part et s’en va sans même qu’on en sache bien plus sur lui, hormis que c’est un gros froussard sans fierté, etc. Un dernier bon point bien mérité pour la version cinéma.
Fin du spoiler !
Ce ne sont là que quelques exemples, et je pourrais continuer comme ça longtemps. Il ne faut toutefois pas nier ce qui est : Kick-Ass #2 reste un très bon comics. Néanmoins, la fin donne une impression de demi-teinte, comme si toutes les promesses envisagées à la fin du tome #1 ne s’étaient pas réalisées, après tant d’attentes, et surtout après une version cinéma si explosive !
Pour en revenir à des considérations plus pragmatiques, comme je le disais, ce comics n’en reste pas moins bon et agréable à lire. Le dessin de John Romita Jr et la couleur de Dean V. Whitey sont toujours d’aussi belle qualité et rendent grandement service à un scénario qui semble perdre une profondeur -qu’on lui avait peut-être trop présumée- et tomber dans le gratuit au fur et à mesure des pages. Heureusement, la scène finale sanguinolente rattrape un peu le tout et on retrouve ce côté subversif qui avait fait le succès du tome précédent. En outre, on prend plaisir à re-découvrir le personnage d’Hit Girl et j’ai été frappée de voir à quel point elle ressemblait à Chloé Moretz (ou l’inverse) : si j’étais dubitative quant à la ressemblance physique, n’ayant lu que le tome 1, dans le tome 2 on a juste l’impression que Romita Jr pensait à la jeune actrice en donnant ces traits si particulier à la petite blondinette sans scrupules.

Je ne reparlerai pas de la qualité du papier et du format, strictement identiques au #1 et qui valent bien leurs 11€.
Vous l’aurez saisi : autant j’avais pris mon pied en lisant le #1, autant je me suis bien plus éclaté au cinéma qu’en lisant le #2. Vous voyez le problème, n’est-ce pas ? Pour le #1, je n’avais pas vu le film et le comics m’avait semblé génial, pour le #2 c’est exactement l’inverse. Alors je vous le redis : c’est mal, très mal de vous faire un avis sur un film sans en avoir lu le livre. Après, votre sens de la critique en est altéré et vous avez le cul entre deux chaises, exactement comme moi maintenant.
M’enfin bon ne le cachons pas, fan-girl je suis, fan-girl je resterai ! Et bon, ok, j’ai quand même hâte de voir ce que Matthew Vaughn va nous pondre comme second film, et je suis curieuse de constater ce que donneront les suites des aventures de Kick-Ass by Millar & Romita Jr. L’un dépendant de l’autre, of course !


















