Jeux Vidéo 1

Indie + Oldie = Puppy Games

Malgré son nom, Puppy Games n’a rien à voir, de près ou de loin, avec Nintendogs ou Léa Passion Vétérinaire.

Cette petite boîte créatrice de jeux indépendants au style « rétro-chic » s’inspire de nos grands classiques comme Space Invaders ou Robotron, mais va plus loin en les sublimant grâce aux nouvelles technologies et à quelques originalités de game-design.

Il est difficile d’en savoir plus sur cette micro-entreprise qui nous vient du Royaume-Uni, si ce n’est ce que nous en dit la petite autobiographie qu’en font ses créateurs sur le site :

Who are we? We’re an award-winning UK based independent games studio making the kind of games we love – games that are fast, fun and addictive with the focus on old school gameplay, but without the pain and punishment of the arcade classics!

Sur le site officiel de Puppy Games, vous trouverez leurs trois jeux commercialisés à l’heure actuelle : Droid Assault, Titan Attacks et Ultratron.

Droid Assault

Si chacun de ces jeux a son charme et son gameplay bien atypique, c’est sur Titan Attacks que je me focaliserai surtout dans cet article puisqu’il rend hommage à l’un des plus grand symboles vidéoludiques de notre temps, pris et repris à toutes les sauce(r)s : Space Invaders.

Le but de Puppy Games est simple : on reprend ce qui marche mais on ne s’en contente pas. Et il faut croire que ça cartonne si l’on s’en tient à tous les prix qu’ils ont raflés ! Ils ne s’en cachent d’ailleurs pas puisque leur slogan est « Makers of award-winning neo-retro arcade games ».

Ici vous aurez donc droit à un Space Invaders complètement revisité mais qui, à la base, garde le même principe : vous êtes aux commandes d’une machine qui doit éliminer les vagues de vaisseaux extra-terrestres descendant sur terre selon un rythme plus ou moins rapide.

Vous connaissez sûrement assez Space Invaders pour que je passe directement à ce que lui apporte Titan Attacks. Si ce n’est pas le cas, je vous invite tout simplement à vous rendre sur Wikipédia pour parfaire votre connaissance de ce classique puisque retracer son historique n’est ici pas vraiment mon  propos.

Pour en revenir à Titan Attacks, deux grosses améliorations majeures sont apportées. J’entends par là : celles qui sautent immédiatement aux yeux. La première, visuelle, remet les graphismes au goût du jour, et la seconde, au niveau du gameplay, apporte un système de customization du vaisseau.

En ce qui concerne l’aspect visuel, on retrouve avec plaisir les graphiques, symboles et formes déjà présents dans Space Invaders, ainsi que quelques nouveaux vaisseaux qui sont de gros clins d’œil au titre original, en plus de quelques ajouts originaux.

La grosse différence supplémentaire étant que le jeu se déroule au sol, et non dans l’espace. Vous ne maniez donc plus un vaisseau, mais un tank à chenilles. Cela permet aux dévs de Puppy Games d’ajouter un décor, que l’on n’avait pas sur Space Invaders. Ces fonds  subliment le pixel art volontairement « grossier » des créateurs en ajoutant un côté à la fois très rétro et, chromatiquement parlant, tout à fait dans la vague de ce qu’a pu nous offrir Geometry Wars (pour le coup je pense plutôt à Retro Evolved 2) : des couleurs chatoyantes, de jolies explosions et des effets de bloom à gogo.

Cet aspect graphique mêlant une simplicité en hommage au pixel art et aux jeux oldies m’accrochait parfois tant les yeux que j’en oubliais le principal : les envahisseurs !

Titan Attacks reprend le gameplay très simple de son modèle : vous dirigez votre engin horizontalement et vous mitraillez à l’aide d’une touche connexe dans le but de faire exploser les ennemis qui se déplacent latéralement tout en se rapprochant progressivement de vous. Si, pour être grossière et schématique, Space Invaders s’en arrêtait là ainsi qu’au système de scoring, Puppy Games va plus loin.

Titan Attacks

En plus du système de points à accumuler, chaque vaisseau détruit rapporte de l’argent. Contrairement à Space Invaders où toutes les vagues d’ennemis étaient identiques, chaque vague est ici différente, et entre chacune d’elles vous avez la possibilité d’améliorer votre machine grâce à l’argent que vous aurez accumulé. Vous pourrez ainsi par exemple vous ajouter des points de bouclier (qui sont l’équivalent des points de vie), de la force de feu, de la vitesse, des annexes qui vous permettront de tirer des lasers supplémentaires, etc. Ce léger aspect stratégique de customization du vaisseau se répercute visuellement en jeu, ce qui ajoute un petit plaisir supplémentaire : vos tirs sont d’une couleur ou d’un bruit différent, votre vaisseau grossit, etc.

Autre nouveauté : il arrive qu’en explosant un vaisseau, un extra-terrestre parvienne à s’éjecter en parachute. Si vous l’interceptez avant qu’il ne tombe au sol, vous gagnez des points ou des bonus supplémentaires. Mais si, par inadvertance, vous tirez sur le parachute, l’extra-terrestre se répand en une bouillie verte qui ne vous rapportera rien d’autre que la satisfaction d’avoir mis fin à la misérable vie de ces engeances spatiales. De même, s’il tombe malencontreusement au sol sans que vous soyez dans les parages, vous perdrez de l’argent ! Vous pouvez également dégotter des bonus en tirant sur certains vaisseaux de plus grosse taille. Ceux-ci peuvent vous donner un supplément d’attaque ou de défense pour la durée du level. De même, plus vous dégommerez de vaisseaux à la chaîne, plus vos points s’accumuleront, jusqu’à provoquer des multiplicateurs allant jusqu’à doubler vos gains ! On comprend donc vite que sur Titan Attacks, marteler son clavier pour tirer n’est pas la meilleure des idées si l’on prend en compte que, pour s’en sortir, il est conseillé d’amasser le plus d’argent et de bonus possibles.

La musique quant à elle reprend les tonalités midi de nos oldies préférés, tout en y ajoutant un côté électro plus moderne et qui se marie parfaitement avec l’ambiance et le rythme du jeu, sans réduire pour autant votre cerveau ou vos oreilles en bouillie. En cela, Puppy Games ne nous offre rien d’original, mais on le remercie de ne pas s’être totalement planté en nous proposant des rythmes technos effrénés.

Je laisse à votre surprise les autres subtilités de ce jeu dont le mélange des sons, des couleurs et de la musique avoisine une certaine forme de poésie.

Ultratron

Attendez-vous à des innovations semblables pour les deux autres jeux tout en ayant le plaisir de voir la surprise rester la même. En somme, Puppy Games a su revisiter ces trois classiques avec grande clâsse. Un véritable hommage comme on aimerait en voir plus souvent.

Chacun de ces jeux dispose d’une démo gratuite. Si vous étiez séduits, sachez que moyennant la somme de 14,74€ vous pourrez vous fournir une version dématérialisée du jeu. Comptez 7,89€ de plus pour une version CD et 2,89€ supplémentaire de T.V.A. Il s’agit là du seul bémol à mes yeux, d’autant qu’on pourra regretter qu’un « pack » pour les trois jeux ne soit pas proposé. Si certains pourront être un peu rebutés par le prix proposé, gardons à l’esprit que la promotion d’une boîte pleine d’idées n’a pas de prix, surtout quand elle parvient à rendre honneur aux oldies qui nous ont tant bercés !

Je clôture cet article en remerciant Sept de m’avoir fait découvrir Puppy Games et d’avoir été là à temps pour me sauver de mes abominables trous de mémoire.

Divers 34

La Paris (Geek) Girl Party

Ce mardi 2 février se tenait à Paris, au Café Carmen, la « Paris Geek Girl Party 2 » organisée par Sandrine Camus de Gamongirls.

Initialement appelée « Geek Girl Dinner », cette initiative au titre plutôt alléchant nous vient tout droit de Londres. Et là on se dit toutes : « Pour une fois que les filles Geekes sont invitées à se regrouper au même endroit pour se rencontrer, on s’attend au meilleur ! » Toutefois, de ce que j’en ai vu et lu, c’est plutôt le pire auquel les invitées ont eu droit. Bien que je n’y sois pas allée, j’ai voulu vous écrire cet article après avoir eu la chance de pouvoir jeter un œil au petit reportage de Bakchich que j’ai pu dégotter grâce à Moossye, après avoir réagi au retweet de Mangavore (vous me suivez toujours ?).

En effet, le visionnage de cette vidéo m’a laissée coite de stupéfaction… Après avoir vu ces images je ne me demandais plus qu’une chose : mais pour qui nous prend-on ?

Quand je dis « nous », je n’entends pas forcément « les Geekes », mais nous, les femmes ! Avant d’entrer dans les détails, je vous laisse vous délecter de ce petit bijou d’absurdité anthologique mis en boîte par Anthony Lesme et Clea Caulcutt (que je remercie) :

La Paris Geek Girl Party selon Bakchich

Les principaux détracteurs de ce que je vais dire clameront que ce petit reportage est très objectif. Certes. Ils pourront également plaider le fait que je n’aie pas été à l’évènement et que je critique sans savoir. Certes. Mais il est difficile de remettre en cause les images, les multiples articles négatifs (et les approbations des internautes à la suite de ceux-ci) au sujet de cet évènement. Tout autant que le rire jaune que je vous imagine avoir lâché sans retenue après votre saut sur Bakchich. Et c’est tout cela qui m’a confirmé que je pouvais me lancer sur le sujet sans avoir trop peur d’être conspuée. Je suis moi-même très peu féministe et allergiques aux litanies éreintantes du « Girl Power », tout comme j’avais pensé pouvoir m’abstenir quelques mois avant d’aborder un sujet tel que celui-ci sur KMG. Mais là, comme on dit, « Faut pas pousser mémé dans les orties » !

Je conçois que le côté « Party » de l’évènement en lui-même n’est pas une mauvaise chose : il a sûrement permis à plusieurs amies de se retrouver entre deux mises en pli sur un tapis de gymnastique, ou bien à quelques filles super « in » de s’échanger leur dernière appli Iphone « N’oublie pas ta pilule » et de repartir avec un sac de goodies tellement chi… tellement « geek », pardon !

Dans la catégorie "Chais pas c'que c'est, mais strop chic !"

Derrière cette imposture au final plutôt banale si on la compare à d’autres, se cache, à mes yeux, un véritable problème de société qui se traduit ici à travers l’attribution de l’adjectif « Geek », prétexte hypocrite mais tellement opportun pour attirer les flashs. Comme le dit si bien Lio, « Le Geek, c’est chic ! ». Au final, on ne peut pas nier que c’est surtout cet aspect « mode » -presque people- qui a poussé la majorité des invitées à venir s’agglutiner au Café Carmen (au passage, on notera à quel point cet endroit est le comble du Geek), plutôt que le caractère supposément « Geek » en lui-même. Sinon, pourquoi certaines des invitées ne connaitraient-elles même pas l’existence de ce terme ? Ou, pire ?, confesseraient non sans une pointe de honte que, oui, effectivement, elles sont bien Geekes. « Mais alors juste un peu, hein ! ». Ouais, parce qu’il faut pas abuser quand même.

Mais trêve de propos envenimés. Si je m’emporte, ce n’est pas contre Sandrine Camus ni sa soirée tellement trendy, mais plutôt parce qu’il s’agit d’un exemple parmi tant d’autres d’un phénomène qui se multiplie de plus en plus en ce moment : non seulement c’est super mode d’être Geek (nous en avons déjà parlé), mais c’est le comble du hype d’être une FILLE Geeke !

Oui, parce qu’être Geek, c’est un attribut surtout reconnu comme étant masculin. Il est donc vu comme une revanche envers le « mâle » et la société capitaliste phallocrate de pouvoir toucher d’autres instruments électriques qu’un fer à repasser ou une machine à laver. Peu à peu, et c’est en plein boom, il a été admis, puis mis en avant, que les femmes aussi pouvaient se servir d’un ordinateur voire… être Geeke !

Toutefois, j’ai l’impression que ce phénomène plutôt marginal il y a encore peu s’est retourné contre nous. A mon sens, l’effet Geekette-Rose-Bonbon-Joueuse-de-Wii-Fit est la conséquence logique d’une époque où le boom de la part féminine du Geek rencontre l’explosion du casual gaming. La présence répandue des consoles dans toutes les chaumières est un phénomène récent qui va également de pair avec l’entrée des femmes dans la vie active, l’égalité des sexes et autres joyeusetés féministes qui sont, au final, des pans de notre société qui évoluent depuis peu de temps ! Pensez simplement à la génération de vos parents, ou des parents de vos parents, et vous saisirez très certainement ce que j’essaye de vous dire.

La Geekette aime le rose, c'est bien connu

Il est encore difficile pour certains d’admettre que le Geek est asexué. J’entends par-là qu’un ou une Geek(e) est, à mes yeux, une personne fascinée par un certain pan de la société actuelle a laquelle il concède un mode de vie (les technologies, les jeux vidéo, les jeux de rôle, le cosplay, etc.).

Je ne ferai pas ici une analyse sociologique que je n’aurais certainement pas les compétences ni l’impudence d’aborder dans son ensemble. Vous qui nous lisez être très certainement mieux placé(e)s que personne pour constater cette évolution précise de la société, de la place qu’y trouve la femme, et de l’ingérence croissante de la technologie dans notre quotidien.

Ce qu’il est difficile d’admettre aujourd’hui, ce n’est pas que la femme puisse être une Geeke. Ce qui dérange, c’est qu’elle puisse être comme « le » Geek et qu’elle ne s’en distingue pas forcément comme un homme et une femme peuvent se distinguer par leur façon de s’habiller, les films qu’ils regardent, la musique qu’ils écoutent, leurs loisirs, et tout cet ensemble de codes que la société nous a imposé pour bien nous différencier. Et de toutes façons, Mesdemoiselles, si vous rompez les convenances en passant votre temps à jouer à des jeux violents et à porter des jeans, alors c’est que vous n’êtes qu’un garçon manqué et que vous ne serez jamais bonne à marier !

On ne peut pas non plus dire que les nombreuses conventions de jeu vidéo dont les promotions se font à coup de bimbos cosplayées en Lara Croft aident beaucoup. On note toutefois une évolution, et notamment dans le modèle de l’héroïne du jeu vidéo. Ici je cite Lara Croft, j’aurais également pu parler d’Ivy, des playmates de Dead or Alive ou des bombasses de Need For Speed. Mais on ne peut pas nier que malgré ces figures récurrentes, cela fait des années que le jeu vidéo met en avant des femmes dans ce qu’elles ont de plus moderne et dont nous pouvons parler sans rougir. C’est une tendance plus que jamais grandissante. Si jadis les « vrais » modèles d’héroïnes à la fois fortes, féminines mais pas trop, et intelligentes, étaient pour nous Tifa, Linoa, Claire Redfield, Jill Valentine, Meryl, Jade ou Samus, aujourd’hui on peut en citer une pléiade supplémentaire : Faith, Ruby, Morrigan, Chloe Frazer et Elena Fisher, ou encore Lightning.

Là j'avoue, je suis à court de commentaire

La femme s’est faite sa place seule parmi les Geekes, à force de patience et de concessions. Je suis toutefois la première à penser, Messieurs, que malgré les stéréotypes redondants qui vous ont  été assénés tout ce temps (non, je ne critiquerai ni le tour de poitrine d’Ivy, ni le short moulant de Lara, et encore moins les talons de Bayonetta), vous nous concédez une place avec plaisir.

Nous côtoyons assez de Geeks chaque jour pour savoir qu’entre nous, hommes ou femmes, la frontière du sexe finit par s’effacer. Jamais complètement, certes. Mais aujourd’hui, être une Geeke entourée de Geeks n’est plus un poids. Au contraire, c’est un faire-valoir.

Alors non Mesdames, être Geeke ne se résume à avoir un Iphone rose, à consulter ses mails plus d’une fois par jour, et -comble de la geekerie- à jouer à Cooking Mama sur sa DSi Hello Kitty.

Les filles elles aussi jouent aux FPS, possèdent une XBOX, une PS3, voire les deux à la fois, connaissent l’oeuvre de Roméro par coeur et s’extasient devant les clins d’oeil qui lui sont faits dans Left 4 Dead !

Les filles elles aussi savent changer une barrette de RAM, utiliser Linux et rire devant The Big Bang Theory, non pas pour impressionner leur copain, mais bel et bien parce qu’elles saisissent le sens des blagues qui y sont faites !

Les filles elles aussi savent lire autre chose que du Marc Lévy ou du Dan Brown, et se penchent avec passion sur du Tolkien ou du Asimov.

Si vous ne me croyez pas, ou si cet article vous a titillé l’égo, je vous conseille vivement d’aller lire les avis de Moossye et d’Aratta qui elles, contrairement à moi, ont eu la « chance » de se rendre à cette « Paris Geek Girl Party » (par contre n’allez surtout pas lire ça) !

Enfin, j’aimerais terminer cet article avec le slogan des 9irl5 : « On peut poutrer du zombie tout en restant féminine ! »

Sans rancunes, Mesdames !

Divers

La semaine de KissMyGeek sur Twitter !




Cette semaine qu’est-ce qu’il s’est passé de beau sur Twitter ? Voici un résumé des news diffusées par KMG sur le petit oiseau bleu !

Here we go !

Interviews 5

[ITW] Patrick Beja a.k.a. notpatrick


Pour cette fin de semaine, nous avons le plaisir de vous présenter notre première interview à laquelle s’est aimablement prêté Patrick Beja, le créateur d’Azeroth.Fr,le rendez-vous Tech, Appload et bien d’autres podcasts. Nous tenons tout d’abord à le remercier d’avoir joué le jeu et d’avoir répondu à toutes nos questions avec tant de réactivité ! Voici notre échange…


Kiss My Geek : Avant de commencer, peux-tu te présenter ?

Patrick Beja : Bonjour, je m’appelle Patrick Beja et je produis des émissions sur internet, principalement audio. Des podcasts quoi ! Je suis aussi assez présent sur la toile en général, et vous m’avez peut-être croisé sur Twitter, sous le nom de @notpatrick (@patrick était pris, et @notpatrick est plutôt facile à retenir!).


KMG : Maintenant que les présentations sont faites, rentrons dans le vif du sujet ! Qu’est-ce qu’un geek pour toi ?

P. B. : Hmmm pour être parfaitement honnête je n’adore pas ce terme… Il est un peu péjoratif à mon sens, et j’essaye de l’utiliser aussi peu que possible. La raison pour laquelle je n’aime pas le terme est que tout le monde est un peu « geek » aujourd’hui, à des degrés divers… Selon la définition traditionnelle, un geek est un fan de technologie, d’ordinateurs, de jeux vidéo, ou même de mangas ou de films en images de synthèse par exemple.
Mais qui n’est pas un peu de tout ça aujourd’hui ? Peut-être pas nos parents, et peut-être pas votre cousin Gérard qui ne s’intéresse qu’à sa collection de libellules sauvages, mais parmi les 15-35 ans il y a peu de gens qui ne correspondent pas à au moins deux ou trois de ces critères. Et il y a beaucoup de gens plus âgés que l’on pourrait classer dans cette catégorie aussi.
La raison pour laquelle je n’aime pas le terme, c’est qu’elle donne l’image d’un groupe « en marge » : on s’en sert comme terme marketing qui ne veut pas dire grand chose pour parler de ces « gens étranges » qui ne vivent pas comme « nous »…
Mais je comprends aussi qu’il faut qualifier cette culture émergente, et c’est pourquoi j’utilise moi aussi le terme de temps en temps, quand je ne peux pas l’éviter. Sinon je dis simplement « les gens ». 🙂


KMG : En es-tu un ?

P. B. : Oui! Et je n’ai pas commencé à aimer ces choses quand le terme est devenu à la mode…


KMG : Que penses-tu de l’évolution de cette culture ?

P. B. : J’en suis plutôt fier, parce que d’une certaine manière c’est celle de ma génération et j’ai participé à son avènement (comme tous ceux qui ont fait la queue devant la librairie Tonkam dans les années 90 pour acheter des manga en Japonais sans savoir lire la langue). Je suis sans doute un peu plus âgé que la plupart des geeks, puisque j’ai 36 ans, et j’étais donc présent aux débuts de l’informatique, du net, et de la culture que beaucoup prennent aujourd’hui comme un acquis. Nous n’étions pas très populaires à l’époque, il faut le dire, mais nous nous en foutions… Nous avions trouvé quelque chose de différent, de nouveau et d’original, bien loin des jouets en bois poussiéreux de notre enfance. Et tous ensemble nous avons amené tout ça au grand public, à force d’achats de consoles de jeu importées hors de prix et d’évangélisation de l’email et de web alors que les autres utilisaient encore le minitel.
Alors quand je vois que toutes ces choses font maintenant partie du quotidien de notre société, je repense à cette époque où on nous regardait comme des bêtes étrange et je me dis (avec fierté, donc), qu’on a quand même parcouru un bien long chemin pour arriver où nous sommes. 🙂


KMG : A quoi  joues-tu en ce moment ?

P. B. : A beaucoup de choses!  World of Warcraft bien sûr, mais aussi Modern Warfare 2, Uncharted 2, je viens de faire Flower, et je zieute de très près Dragon Age et Mass Effect 2… Entre autres.


KMG : Qu’est-ce que tu lis ?

P. B. : Je viens de finir On Writing de Stephen King (intéressant) et la New York Trilogy de Paul Auster (j’ai détesté).
Tout ça sur Audible, en audiobook bien sûr !


KMG : Qu’est-ce que tu regardes ?

P. B. : En séries télé ou en film? Allez on va faire les deux, je vais me limiter à trois par catégorie.
Séries: Damages (excellent!), Lost (la saison 6 vient de débuter, je lui donne sa chance), et Dr. House, que j’aime toujours autant même si ça n’est plus au niveau des premières saisons.
Ciné: ces derniers mois, je dirai que les films qui m’ont marqué sont Avatar (bien sûr), 500 Days of Summer (500 jours ensemble en français, meilleur film de 2009 selon moi). Et un que je n’ai pas encore vu mais dont j’attends beaucoup : le Sherlock Holmes de Guy Ritchie.
Et bien sûr tous les podcasts de NoWatch.TV et NoWatch.FM, de Revision3 et de TWiT… Mais ça va sans dire.


KMG : Quels sont tes projets persos à court / moyen / long terme ?

P. B. : Développer les choses avec les petits gars de NoWatch. Nous avons des projets très ambitieux, et nous comptons vraiment devenir un acteur important du monde de la production audiovisuelle web sérialisée (pour ne pas dire « podcast ») en France.


KMG : Comme tu es le premier interviewé, voici un petit jeu : chaque geek de Kiss My Geek possède un super pouvoir de geek. Par exemple Oujiz peut se mettre AFK toutes les 2 secondes, que ce soit IRL ou IG ! Et toi, quel est ton pouvoir ? 🙂

P. B. : Euh… le super-multitache. J’ai les yeux sur 12 parties du web en même temps, pour suivre tout ce qui se passe en temps réel.


KMG : Quel est ton meilleur souvenir de geek ?

P. B. : Difficile d’en choisir un seul, mais… Allez, au hasard :

Avoir acheté une version Super NES de Street Fighter 2 importée du Japon à 1000 francs à l’époque (c’était une somme monumentale pour un seul jeu, sans doute proche de 300 euros aujourd’hui), et en avoir fait le jeu le plus rentable de toute mon histoire, en passant des nuits entières à y jouer avec mes amis pendant des mois et des mois. Nous nous retrouvions tous les soirs vers 8 ou 9h, et nous jouions à ce jeu jusqu’à 2 ou 3h du mat. C’était épique 🙂



KMG : Merci énormément pour cette petite entrevue hautement geekesque, tu as le mot de la fin !
P. B. : Accrochez-vous, nous n’en sommes qu’au début de l’aventure !

Voilà, c’est la fin de l’interview ! Nous espérons qu’elle vous aura plu et qu’elle vous aura permis d’en savoir plus sur Patrick Beja, voire d’avoir pu apprendre de qui il s’agissait ! Vous pouvez le retrouver sur le rendez vous tech principalement (http://frenchspin.com) et sur son Twitter (http://twitter.com/notpatrick).