Cinéma Dans Ton Cinéma 4

[DTC] Sorties au cinéma



Cette semaine je mets à l’honneur Dragons, le dernier né des studios Dreamworks en matière d’animation.



On ne pourra pas reprocher à "Dragons" de ne pas avoir un titre ou une affiche explicites !

Dragons (Chris Sanders, Dean Deblois)

Dragons est le dernier film d’animation en 3D des studios Dreamworks, comme je vous le disais dans l’intro. Les deux hommes qui ont mis ce projet sur pied ne sont pas n’importe qui puisqu’ils ont déjà travaillé ensemble sur Mulan et Lilo & Stitch,  récompensé par un Oscar.

Il faudra donc s’attendre à un long-métrage plein d’humour et au style graphique bien particulier (on se rappelle les émules qu’avait fait Mulan à sa sortie). Toutefois pour le scénario, s’il faut louanger quelqu’un, tournez-vous vers l’auteure du livre, Cressida Cowell, dont Dragons est une interprétation. Vous l’avez compris, il ne faudra pas compter sur un scénario original (dans tous les sens du terme) pour cette fois.

Le pitch retrace l’histoire d’Harold, un jeune Viking dont la tribu a pour coutume de combattre les dragons. Toutefois, comme on s’y attend un peu, les dragons ne sont pas si mauvais qu’on voudrait le laisser croire. Et c’est ainsi que le train-train quotidien de notre adolescent du Grand Nord est bouleversé quand il rencontre un dragon l’amenant, avec son peuple, à voir le monde d’une façon totalement différente.

Cela rappellera peut-être à certains Cœur de Dragon, un film où l’amitié entre les hommes et les dragons était aussi développée. Ou plus récemment, et pour rester dans le domaine du film d’animation, Chasseurs de dragons a lui aussi exploité le thème.

Comme chaque grosse production d’animation, Dragons a droit à son lot de célébrités pour les doublages. Au niveau de la VO vous pourrez donc compter sur les présences de Gerard Butler (300), Jonah Hill et Christopher Mintz-Plasse (tous les deux dans Supergrave), ou encore America Ferrara (Ugly Betty). Par contre pour les voix françaises cette fois-ci on ne retrouvera ni Elie Semoun ni Jean Dujardin. Les doubleurs sont tous de « vrais » professionnels ce qui, à mes yeux, est un gage de qualité supplémentaire. Mais du coup, forcément, vous n’en connaissez pas le nom (bon pour les trois au fond qui agitent la main d’un air mécontent, ce seront Donald Reignoux, Jean Kramer et Emmanuel Jacomy) !

Dragons ne sera certainement pas une aussi grosse claque que Là-Haut, et ne sera pas non plus doté d’une histoire complètement dingue d’originalité, mais je ne doute pas qu’il s’agira d’une production de très belle qualité aux animations à couper le souffle, et à l’humour intelligent. Ça peut notamment déjà s’apprécier avec les différents mini-jeux mis à disposition sur le net (tout pour devenir un bon dresseur de dragons) et qui font un bon teasing pour la super-production (ici, là et là) . Bref, en ce qui me concerne, je ne louperai pas ça ! D’autant qu’il sera diffusé en 3D et que, pour une fois, c’est un film d’animation conçu pour ça.



Site officiel


A voir également :

Bhein pas grand chose les amis ! Mais y’a encore plein de trucs chouettes au cinéma (Alice au Pays des Merveilles, Shutter Island, Les Chèvres du Pentagone, etc.). Alors foncez voir ça si vous ne l’avez pas encore fait, et à la semaine prochaine !


Lectures 6

Kick-Ass, le comics qui botte des culs !



Vous allez me dire : « Hey, c’était pas Oujiz qui devait écrire cet article ? » Mais il est tellement galant (et surbooké par ses autres articles) qu’il me laisse l’honneur de vous parler du comics Kick-Ass, sur le point d’être adapté au cinéma (sortie le 21 avril 2010).


Kick-Ass n’est pas un « vieux » comics puisqu’il est sorti en 2009. C’est avec grand plaisir que j’ai donc découvert cette série faite de mains de maîtres : Mark Millar (pour le scénar) et John Romita Jr (pour le dessin).

Autant vous dire que ces mecs-là ne sont pas n’importe qui puisque Millar a travaillé en tant que scénariste pour les plus grands (DC Comics, Marvel, etc.) et sur quelques unes des plus belles productions (Ultimate X-Men, Wanted, Superman RS, etc.). Quant à John Romita Jr, son talent a tout simplement redonné souffle à la série Iron Man, il a apporté un tournant graphique à Spider-Man et a fini par travailler lui aussi sur les X-Men (Uncanny). C’est sur Wolverine qu’il commence à travailler avec Mark Millar en 2004. Depuis, ils ne se sont plus quittés !

C’est donc ensemble qu’ils ont décidé de mettre sur pied Kick-Ass, un comics à la fois sombre de réalité, drôle et violent. Pour ce dernier aspect, il a souvent été comparé au Punisher, un comics dont le héros est typique des productions des années 80′ ; torturé et brutal. Car, oui, c’est là que se situent les plus grandes originalités du titre qui nous intéresse.

Kick-Ass se situe dans le monde réel (le nôtre). Ses héros sont pour la plupart des adolescents (voire des enfants). Et il est terriblement violent. Ce sont ces trois éléments qui donnent tout son piquant au scénario et qui le différencient des autres comics qui peuvent sembler, pour certains, un peu trop politiquement correct et aseptisés. Ainsi, les héros du dernier-né de Millar-Romita Jr n’ont pas de super-pouvoirs et font couler beaucoup de sang malgré leur jeune âge.

L’omniprésence de ce sang entre en contradiction avec les comics les plus traditionnels et se justifie par le fait que le cadre se situe dans le monde réel. Ceci est un autre avantage de Kick-Ass (en plus de sa jeunesse) puisque ça lui permet de faire fourmiller les références propres à notre génération. Ainsi, pour ne donner qu’un exemple, le héros de la série est un fan de Joss Whedon. Tout comme Mark Millar, en fait. Il faut savoir que ce dernier adore multiplier les références populaires dans ces comics, ce qui permet à ses lecteurs de mieux s’identifier, tout en s’exprimant sur ses goûts personnels à travers ses héros.

Mettre des enfants au sein de scènes de violence sanguinolente dont ils sont les acteurs (et souvent les vainqueurs) est un pari risqué et provocateur qui plaira aux fans de comics de la première heure. Pour les sensibles, il faudra repasser. On sait que Millar est reconnu pour ses prises de risques qui lui ont créé autant de fans que de détracteurs mais… voir le sang couler des mains de la petites fillette de 10 ans qu’est Hit Girl, la voir transpercer à coup de katanas les dealeurs du quartier… Je crois que ça n’a jamais été aussi jouissif !



Hit Girl


Malgré sa grande classe et son atypisme, Hit Girl n’est pas l’héroïne principale du comics. Il s’agit de Kick-Ass (d’où le titre éponyme) dont le vrai nom dans la vie est Dave Lizewski. Malgré ce qu’on pourrait en croire, Dave n’a rien d’un Peter Parker solitaire et associal rejeté par toute la classe. Et surtout : il n’est pas piqué par une araignée radioactive, n’est pas soumis à des expériences pour changer son squelette en adamantium, n’a pas été bercé trop près d’un réacteur nucléaire… Non. Dave a tout d’un adolescent « normal ». Il n’est ni beau ni moche, il a quelques copains fans de comics, et rêve de sortir avec une fille de sa classe qui l’ignore royalement. Sa vie familiale est tout de même marquée par un drame (puisqu’il en faut toujours un) ; la mort de sa mère suite à  rupture d’anévrisme. Son père continue toutefois de l’éduque sans lui inculquer les arts martiaux ou l’emmener dans un orphelinat d’enfants aux pouvoirs surnaturels. Non, je vous le répète : dans Kick-Ass, pas de super pouvoirs ni de destinée surréaliste !



Kick-Ass


Si Dave décide de revêtir une combinaison de plongée pour aller combattre les délinquants de son quartier, c’est parce qu’à force de lire des comics avec ses potes il a fini par se demander : mais… pourquoi personne n’essaye-t-il d’aider les gens, comme les super-héros ? Pourquoi personne n’y a pensé avant moi ? Comme s’il n’avait rien à faire, le jeune adolescent se livre corps et âme -surtout corps- à sa cause, essuyant des défaites humiliantes avant dé véritablement se faire connaître.

A grand renfort de raclées et d’hospitalisation, Dave décide donc de tracer son bout de chemin jusqu’à constater qu’en fait, si, quelqu’un y avait pensé avant lui. C’est ainsi qu’il rencontre Hit Girl et Big Daddy.

Mais on n’en saura pas plus parce que le tome 1 de Kick-Ass est plutôt « court » scénaristiquement parlant. Il plante les personnages en mettant au premier plan Kick-Ass et en nous faisant découvrir les deux autres protagonistes dans une scène jouissive de violence et d’hémoglobine qui nous font vainement tourner et retourner la dernière page entre nos mains… Quoi ? C’est déjà fini ?!

Graphiquement, la patte de Romita Jr est un véritable délice et on sent qu’il a pris plaisir à donner vie à Kick-Ass. Les couleurs sont bien dosées (ni trop sombres, ni trop flashy), le découpage est efficace (quoi que pas très original) et le trait est assuré sans être trop sombre ou trop clean. Les ombrages sont bien dosés et la colo, quoi que numérique, a laissé sa place à des coups de stylets proches de coups de pinceau qui donne un petit côté « gouache » loin d’être déplaisant. Le tout est donc très frais sans être niais et le trait du cultissime dessinateur offre à l’ensemble un juste milieu agréable qui sauve Kick-Ass d’une ambiance vieillotte ou caricaturale.

On n’a alors plus qu’une hâte : avoir le tome 2 entre les mains et espérer que Nicolas Cage ne dénaturera pas le rôle de Big Daddy. Mais pour cela il faudra attendre respectivement juin et avril 2010.

Vous n’avez donc pas à hésiter : foncez sur Kick-Ass, c’est un comics qui promet de devenir une véritable référence dans les années à venir. Un vrai petit plaisir dont on ne se sent même pas coupable.


Le grain de pixel d’Oujiz :

J’aime l’énergie dégagée par Mark Millar. Kick Ass est un OVNI parmi tous les comics que j’ai lu jusqu’alors. Quand le virtuel rencontre la réalité, Kick Ass est le genre de comics qui ne vous laisse pas indemne. Rare sont les comics qui ont poussé la réflexion après leur lecture, Kick Ass m’a clairement retourné le cerveau au point de commencer des esquisses de mon futur costume de super héros… Mais pourquoi personne n’y avait pensé avant moi ? haha

La révolution des Nerds qu’ils disaient, elle commence à peine !

KICK ASS UN MUST HAVE !



Kick-Ass est publié aux éditions Panini au prix de 11€ environ.